Aurons-nous la force ?

Quatre enfants courent aux pieds d’une statue décorée pour l’occasion. La scène pourrait ressembler à celle des films magiques que la télé s’amuse à rediffuser sans relâche chaque année. Il manquerait simplement un peu de neige pour qu’elle devienne féerique. L’image de ces enfants reste ancrée dans ma tête sans que je puisse dire pourquoi. Aujourd’hui encore elle revient vers mon esprit dans un moment de rêverie. Vous savez ces petits moments où vous vous posez juste pour réfléchir un peu et où vos pensées se diffusent de plus en plus loin sans, qu’à la fin, vous puissiez retracer le chemin parcouru. Ces moments sont de plus en plus rares pour moi, mais j’en ressens pourtant la nécessité.

Alors aujourd’hui je vais bien si ce n’est qu’il me manque quelque chose, un petit truc qui fait que je ne me sens pas non plus totalement heureuse.

Attendez, ça y est, je l’ai attrapé au vol, il passait juste devant moi sur la page de Combat. C’était d’abord sous forme de texte, celui de Charlotte, encore un chef d’oeuvre d’une beauté incontestable. Mais après mes larmes, j’ai compris que moi aussi, ce qu’il me manquait, c’était écrire. Ecrire ma vie, mes pensées, juste raconter un peu n’importe quoi parce que ça fait toujours du bien. Alors je m’y suis remise, d’abord doucement en frôlant les mots un par un, choisissant précieusement et puis les choses se sont mises à s’accélérer. Comme une sorte de poids qui se libérait dans ma poitrine.

Je ne savais pas tellement par quoi commencer, où aller, que dire, que défendre cette fois-ci. Et puis j’ai trouvé : les enfants, la neige manquante. Cette image qui ne cesse de traverser mon esprit avec ces bambins qui courent en riant, enivrés par la vie, par la magie de Noël et moi, par leurs sourires. Il en faut parfois peu pour nous remonter le moral : eux, ces enfants, la génération de demain, celle qui va nous suivre. Mais où ? Où va-t-elle nous suivre ? Où allons-nous ? Pouvons-nous dès maintenant nous positionner en héros de notre monde ? Comme les sauveurs de la future génération ? Peut-être que nous devrions partir plus en retrait finalement, avec moins d’affirmations, plus de questions sur leur avenir à eux. Cette neige qui manque dans cette petite scène de quartier, la retrouvera-t-on un jour ? Est-ce que nous allons pouvoir revenir en arrière ? Pas sur nos actions mais sur leurs conséquences. Car c’est quoi le futur ? Quelle image vous vient en tête ?

361733-blackangel.jpg

J’hésite moi même, entre la peur et l’espoir. Serons-nous assez forts pour supporter toute la pression que nous avons sur les épaules ? C’est vrai, on nous demande tellement aujourd’hui. C’est à nous de réparer vos erreurs passées, c’est à nous de nous battre pour vous mais aussi contre vous. On dirait que vous attendez d’avoir tout bien bousillé avant de nous dire « tenez, allez-y, nettoyez ce qu’il reste ». Mais nous ne pouvons pas agir si vous même vous ne changez pas. Notre volonté est forte, notre espoir est grand mais votre conviction d’être dans un monde pourri semble l’être aussi. Pourquoi nous confrontons constamment notre espoir et votre conviction alors qu’en fin de compte nous souhaitons tous trouver une solution ? Pourquoi les choses sont si dures alors qu’elles pourraient être tellement plus simples ? C’est ça qui me fait peur, toutes ces questions auxquelles nous n’avons pas de réponses. Toutes ces questions qui doivent être résolues par nous les jeunes. C’est dur, dur de trouver chaque matin le courage nécessaire pour se lever, aller se battre pour chacun de nos actes, réfléchir sans cesse. Je le répète : serons-nous assez forts ? Nous sommes une génération que vous épuisez par un combat inutile et facilement évitable mais nous sommes aussi la génération à qui vous demandez le plus. Devons-nous économiser nos forces et vous laisser pourrir ce qu’il reste à pourrir ou continuer à nous battre pour sauver encore le peu qu’il reste ?

Beaucoup trop de questions sans réponses malheureusement. Je passe mon temps à appeler les gens à se battre, je passe mon temps à me battre moi-même et je passe mon temps à rêver de victoires. Trouverons – nous la force ? Garderons-nous l’endurance ? Nous sommes de plus en plus à prendre conscience, mais encore une fois des combats internes, même entre nous, nous épuisent. Toujours se revendiquer de quelqu’un, de quelque chose, c’est bien, c’est beau mais au fond, qu’est ce que nous voulons tous ? La paix, un monde meilleur, plus de force, de l’espoir, du changement, non ? Si nous nous rassemblons, ça donne quoi ? Avoir le pouvoir, diriger c’est beau mais il faut des idées, des projets derrière. Alors quoi ? On y va ? On se lance dans la course, on oublie les divergence et enfin on s’y adonne tous ensemble ? Vieux, jeunes, de gauche, de droite, rêveurs, réalistes, défaitistes et utopistes, vous ne vous êtes jamais demandés ce que ça donnerait ? Moi j’y rêve, avec cette image des enfants qui courent et qui sont heureux, je rêve de cette harmonie dans le pays et le monde entier. Redevenons un brin innocent et croyons-y, plus de force c’est toujours plus de pouvoir. Plus de rêves c’est toujours plus d’espoir.

Et c’est cet espoir qui m’anime chaque jour, cet espoir, qu’à un moment, la nature humaine surpassera les divergences futiles, les opinions différentes et les avis contradictoires. Car je crois en la bonté de la nature humaine, je crois en notre capacité à tous. Et je suis persuadée que nous en sommes capables. Regardez comme l’Homme est fort : il peut oublier tous les problèmes du monde pendant une ou deux soirées, le temps de fêter Noël. C’est incroyable, incroyable quand on y pense : arriver à être heureux dans un monde pareil, incroyable de pouvoir poursuivre sa vie alors que d’autres la finissent sous les bombes non loin de là. Ça a finalement quelque chose d’enivrant cette réflexion. Nous avons donc la capacité à être heureux, à tirer du bonheur de petites futilités. C’est ça qui me fait croire que nous pourrons nous en sortir, que nous supporterons le poids sur nos épaules.

L’arbre de Noël est arrivé, prenons- nous par la main et on n’a qu’à jouer à celui qui a le rêve le plus fou. C’est moi qui commence :

Je veux changer le monde.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s