Sites éternels, immersion dans un monde disparu

Cette exposition qui se terminait lundi dernier et se tenait au Grand Palais, retrace l’Histoire de quatre grands sites emblématiques du Moyen Orient, détruits par la violence des conflits dans cette région .

Ces sites, porteurs d’histoire et témoins des civilisations qui ont forgé ces pays, se trouvent notamment en Syrie et en Irak. Cette exposition offre ainsi la possibilité de redécouvrir ces lieux pour éviter qu’ils tombent dans l’oubli. Khorsabad, Palmyre, la grande mosquée de Damas, et le Krak des chevaliers, sont des sites emblématiques de l’humanité et font partis du patrimoine mondial de l’UNESCO, qu’il est impératif de préserver.

L’exposition commence dans la pénombre…Le spectateur s’habituant à l’obscurité est confronté dès son arrivée à l’image de la la destruction en mars 2001 des Statues de Buddha à Bâmyiân, en Afghanistan. Ces statues monumentales, au nombre de trois se dressaient dans la falaise de la vallée de Bâmiyân jusqu’à que les talibans les fassent exploser au début du siècle.

Le spectateur après s’être arrêté un moment, reprend sa route et se rend dans la pièce centrale et principale. Grande et allongée, des images des différents sites sont projetées le long de ses murs, et plongent le spectateur dans une ambiance chaude et ensoleillée de ces paysages merveilleux. Se dressent alors successivement, ces lieux oubliés et outragés qui révèlent toute la splendeur de la grandeur et de la puissance humaine. Ces images, tournées avec des drones par la compagnie Iconem, permettent d’approcher ces lieux au plus près, dans leur beauté et leur intégralité originelles grâce aux reconstitutions faites à partir des ruines.

Près des bancs installés pour le confort et l’observation minutieuse des spectateurs, des colonnes explicatives ponctuent le parcours ainsi que certains objets pris sur les lieux, exposés sous des vitrines de verre. C’est ainsi qu’on retrouve notamment des morceaux de mosaïques ou bien de murs sur lesquels l’homme a écrit.

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Dans les sites présentés, on retrouve :

Palmyre ou l’oasis de Tadmor, détruit il y a près de deux ans par l’Etat Islamique (DAECH). Ce lieu a été également théâtre d’ignobles exactions. A partir du I er siècle, ce territoire devient une province romaine, de l’empire de Tiberius. Palmyre devient rapidement un lieu florissant où de nombreux commerçants se retrouvent pour échanger des perles du Golfe Persique, de l’indigo du Yémen ou encore des épices venants d’Inde. En l’an 34 est construit un grand temple dédié au Dieu Bel (dieu babylonien). La nécropole de Palmyre était également une des plus belles pièces du lieu.
Khorsabad, la cité de Dur-Sharrukin ou encore la Forteresse de Sargon est une cité édifiée entre 721 et 705 avant JC par l’empereur assyrien Sargon II. Situé dans le Nord de l’Irak, cette cité, dont on trouve une maquette dans la dernière salle de l’exposition, a longtemps été le symbole de la puissance de l’empire assyrien. Découverte en 1842 par le vice consul de France à Mossoul, Paul Emile Botta, a été détruite en 2015, et est régulièrement pillée par des voleurs qui revendent sur le marché noir des pièces uniques provenants des vestiges de la cité.
La grande Mosquée de Damas, située dans la capitale syrienne, a été abîmée par la guerre civile qui fait rage depuis 2011. La première a été construite par Umayyad caliph al-Walid I entre 705 et 715 après JC. C’est à la fois un lieu de prière mais aussi un symbole de la puissance de la dynastie des Umayyad. On y trouve également la tombe de Saint Jean Baptiste qui faisait du lieu un endroit multiculturel. Cet édifice, empreint de l’art byzantin a suscité une grande admiration chez les commerçants et les voyageurs du Moyen Age …
Krak des chevaliers, ou forteresse des chevaliers. Ce site, à l’ouest de la Syrie et au sud de Lattaquié et Hama a été le siège des forces rebelles syriennes en 2014, et par conséquent un lieu d’affrontement avec le régime. Celui-ci a par ailleurs bombardé plusieurs fois le site afin d’en reprendre le contrôle. Cela a donc ouvert la porte à de nombreux pilleurs qui laissent le lieux vide et sinistre, une “forteresse fantôme”. Il s’agit à l’origine d’une base militaire, quartiers de différentes armées au cours de l’histoire, il fut aussi marqué par la croisade de 1099, tout en restant un des château fort les mieux conservés de la région. C’est ainsi qu’il symbolisa également le pouvoir des francs dans la région pendant les guerres de religions. Le château encore visible aujourd’hui a été édifié par les “Chevaliers Hospitaliers” qui y vivèrent de 1142 à 1271. Finalement le château fut repris par les Mamelouks et transformé en résidence royale.

Après avoir lu leur histoire et avoir été immergé dans ces spectacles grandioses que sont les quatre lieux, on ne peut que ressentir à la fois un profonde admiration et un émerveillement mais aussi une profonde amertume, de voir partir en fumée ces sites témoins de notre histoire à tous. Cette exposition avait l’immense avantage d’offrir au spectateur une vue splendide de ces monuments classés patrimoine mondial de l’UNESCO, tout en nous faisant prendre conscience que si rien n’était fait, une partie du de ces sites continuerait à disparaître aussi longtemps que les populations, oppressées par le régime d’Al Assad seront massacrées.

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