Notre Combat

Réfléchir la nuit. Réfléchir dans le noir. Réfléchir allongée dans son lit ou bien en marchant dans la rue, les idées bercées par le son de mes écouteurs. Lorsque je me promène dans mes songes mes questionnements sont multiples. Mais, ils se cristallisent de plus en plus sur l’engagement, la prise en main, l’implication. Ils reviennent encore et encore sur une image d’une jeune passive ou fatiguée, sur une jeunesse qui à peine entrée dans l’âge adulte ne souhaite que retourner en enfance pour regoûter ne serait-ce qu’un instant la saveur de l’insouciance.

Attentat, crise, immigration, chômage, pollution, guerre, faim, épidémie, catastrophe, terrorisme. Autant de mots, autant de situations et de réalités qui nous guettent. Ces termes, leur dureté, la responsabilité et la peur qu’ils inspirent sont partout. Ils nous suivent et nous narguent en tuant et ravageant toujours plus. Si ce tableau vous semble négatif c’est pourtant celui qui semble s’étendre sous mes yeux, une toile que je rêve de déchirer ou de retoucher. Je rêve de restaurer ce chef d’oeuvre maltraité de notre réalité mais l’ampleur de la tâche me ramène à ma condition de dessinatrice de bonhommes bâtons.

Le monde qui nous entoure semble plus que jamais hors de notre atteinte. Syndrome d’une impuissance qui semble toucher de plus en plus de gens, notre appartenance à la “jeunesse” renforce ce sentiment. C’est pourquoi, la nuit je rêve ou je marche en fantasmant un monde meilleur, retournant dans ma tête les scénarii d’une fin heureuse. Mais, la force des rouages de cette grande machine semble nous entraîner toujours plus loin et écrase nos tentatives de révolte qui ne dépassent souvent pas le stade de la pensée.

En effet, les problématiques sont nombreuses mais la mécanique politique ne semble pourtant retenir qu’un seul thème : l’économie ou plutôt le chômage. La croissance est une quête du graal qui obnubile nos dirigeants, les détournent de l’environnement, la solidarité, l’éducation, la culture et les rend sourd à nos protestations. L’austérité permanente et l’état de lutte constant dans lequel nous sommes placés -lutte pour un emploi, lutte pour une alimentation saine, lutte  contre les autres- nous plonge dans la peur. Et la peur fait son chemin dans les esprits et dans les coeurs écartant les humains les uns des autres, exacerbant leur méfiance et leur égoïsme. Et moi au milieu de ce constat, je ne peux faire que l’aveu de mon impuissance mais aussi de ma fatigue à 18 ans seulement.

Pourtant, aujourd’hui, je refuse de courber le dos, je refuse de me dire que je suis trop jeune pour changer les choses, que je n’ai pas les connaissances pour défendre mes opinions et par dessus tout, je refuse de croire que cette fin qui s’esquisse est la seule que nous pouvons atteindre. Une inspiration marxiste pourrait me pousser à appeler les jeunes de tous les pays à s’unir ou à s’indigner comme le conseillait Stéphane Hessel mais c’est au rêve que je vous appelle. Rêvons pour nous échapper quelques secondes de cette réalité mais aussi pour trouver la force de la faire changer.

Parce que même si le rêve est beau et doux il ne suffira pas à changer le monde dans lequel nous vivons. Par conséquent, il nous faut nous engager, prendre le problème à bras le corps et sans pouvoir défaire d’un coup les injustices, les démonter pièce par pièce pour mieux reconstruire. Faire du bénévolat, s’intéresser à la politique, écrire dans un journal, faire des vidéo ou juste ouvrir les yeux sur le monde qui nous entoure c’est déjà s’engager. C’est expérimenter l’erreur mais aussi la satisfaction d’être cette goutte d’eau qui ruisselle dans une rivière et qui, avec le concours des autres deviendra fleuve puis océan.

Il n’y a pas de petites actions, tout est bon à prendre mais il faut nous libérer de ces idées qui nous martèlent notre incompétence, notre manque d’expérience et notre impuissance. Il ne faut plus céder à la passivité et tenter par tous les moyens de nous ressaisir du futur pour tenter de construire un monde où l’humain passera avant les chiffres du CAC40, où un des hommes qui fuient la guerre recevront l’asile et dans lequel le genre, l’ethnie, la religion ne seront plus des motifs de discriminations.

C’est à nous, “la jeunesse” de changer le futur alors autant ne pas attendre demain pour le faire, commençons dès maintenant, fermons les yeux, rêvons et trouvons la force de nous battre.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s