Sondages régionaux du Cevipof : quelques éléments d’analyse

Le Cevipof et Ipsos-Sopra Steria ont publié une série de sondages régionaux, destinées aux antennes locales de France 3, pour le premier tour de l’élection présidentielle.

Ces sondages ne concernent ni la Corse, ni les DOM-TOM. Ils ont été réalisés entre le 7 et le 12 février, sur un panel total de 15 874 personnes. Celles ci sont inscrites sur les listes électorales, et constituent un échantillon représentatif de la population de chacune des douze régions testées. La méthode utilisée est celle dite « des quotas », qui permet, en lui donnant une structure similaire à celle de la population de base, de garantir la représentativité d’un échantillon statistique. Les critères utilisés par ces sondages sont nombreux : sexe, âge, profession de la personne de référence du foyer département, et catégorie d’agglomération.

Voici quelques éléments d’analyse, région par région

Auvergne – Rhône-Alpes

En 2012, Nicolas Sarkozy était arrivé légèrement en tête, avec 27,4% des voix, devançant François Hollande (26,48%) et Marine Le Pen (18,13%). Cette avance était notamment engrangée en Rhône-Alpes (28,35% contre 25,45% à Hollande), tandis que le candidat socialiste était largement en tête en Auvergne (30,77% contre 23,47%). Arrivaient ensuite Jean-Luc Mélenchon (11,50%) dans une région qui compte encore quelques fiefs communistes, en banlieues lyonnaise et grenobloise, et dans les deux départements du nord de l’Auvergne, suivi par François Bayrou (9,96%), avec notamment de bons scores dans la conservatrice Savoie, mais également en Auvergne, région ayant donné deux présidents de la République à la France, Georges Pompidou et Valéry Giscard d’Estaing.

Eva Joly remportait 2,67%, NDA 1,96%, et le total Poutou + Arthaud atteignait 1,64%.

Le sondage Cevipof donne Marine Le Pen à 26%, suivie par Emmanuel Macron à 23% et François Fillon à 20%, Benoît Hamon à 14%, Jean-Luc Mélenchon à 11%, NDA à 3% et Yannick Jadot à 2%. Le total Poutou-Arthaud est donné à 1%.

En appliquant ces chiffres à la participation de 2012, on obtient :

Le Pen : 1 101 561 (+333 461 soit + 43,41%)

Macron : 974 458 (+552 608 soit +131%) (1)

Fillon : 847 354 (-313 648 soit +27,02%)

Hamon : 593 148 (-528 682 soit -47,13%)

NDA : 127 103 (+44 122 soit +53,17%)

Jadot : 84 735 (-28 422 soit -25,12%)

NPA+LO : 42 368 (-27 141 soit +39,05%)

(1) : les scores de Emmanuel Macron sont comparés à ceux de François Bayrou.

Ces scores ne sont guère surprenant, le Front National ayant toujours obtenu de bons scores en Rhône-Alpes. Et, comme lors des dernières régionales, l’Auvergne, beaucoup plus faiblement peuplée, ne suffira pas à faire pencher la balance en faveur de la gauche. La droite est devancée par Macron, et le total des trois candidats de gauche est de 27%.

Bourgogne – Franche-Comté

Grâce à une petite avance en Bourgogne, François Hollande était arrivé en tête sur la grande région, obtenant 27,12%, devant Nicolas Sarkozy à 26,65%. Marine Le Pen obtenait 20,74%, Jean-Luc Mélenchon 10,66%, François Bayrou 8,73% (en obtenant…8,73% en Bourgogne et en Franche-Comté !). Avec 2,01%, NDA devançait d’une courte tête Eva Joly à 1,96%.

Le sondage du Cevipof donne 29% à Marine Le Pen, Fillon et Macron à égalité avec 20,5% chacun, Hamon à 14, Mélenchon à 12, NDA à 2, Jadot et le total Arthaud-Poutou à 1% chacun.

Transposés à la participation de 2012, cela nous donne :

Le Pen : 465 721 (+132 601 soit +39,81%)

Fillon : 329 216 (-98 692 soit -23,06%)

Macron : 329 216 (+188 994 soit +134,78%)

Hamon : 224 831 (+210 633 soit -48,37%)

Mélenchon : 192 712 (+21 581 soit +12,61%)

NDA : 32 119 (-203 soit -0,63%)

Jadot : 16 059 (-15 387 soit -48,93%)

NPA-LO : 16 059 (-14 146 soit -46,83%)

Pas de surprise dans une région où le FN était en embuscade en décembre 2015. Le FN obtient de très bons scores en Haute-Saône, et dans l’Yonne. La droite résiste bien, mais est égalée par Macron. Le total des trois candidats de gauche est de 27%.

Bretagne

En Bretagne, François Hollande était arrivé en tête, avec 31,74%, un de ses meilleurs scores régionaux. Le président sortant Sarkozy obtenait 25,66%, suivi par une Marine Le Pen exceptionnellement basse, mais dont le score était fidèle au comportement électoral breton, avec 13,24%, François Bayrou (11,36%) et Jean-Luc Mélenchon (11,01%).

Joly obtenait 2,95%, NDA 1,80% et le total Poutou-Arthaud était de 2,13%.

Le sondage Cevipof donne Emmanuel Macron largement en tête, avec 27,5%, suivi de Benoît Hamon à 21%, de François Fillon à 20,5%, de Marine Le Pen à 16%, et Jean-Luc Mélenchon à 9%. Jadot, NDA et le total Poutou-Arthaud obtiennent 2% chacun.

Reprenons ces chiffres et appliquons les à la participation de 2012. Cela donne :

Macron : 544 443 (+319 541 soit +142,08%)

Hamon : 415 757 (-212 684 soit -33,84%)

Fillon : 405 858 (-102 214 soit -20,12%)

Le Pen : 316 767 (+54 672 soit +20,86%)

Mélenchon : 178 181 (-39 748 soit -18,24%)

Jadot : 39 596 (-18 000 soit – 32,19%)

NDA : 39 596 (+4 009 soit +11,26%)

NPA-LO : 39 596 (-2 636 soit -6,24%)

C’est le nouveau fief du PS, et Hamon y a cartonné lors des primaires socialistes. Et pourtant, c’est Emmanuel Macron qui semble avoir la cote en Bretagne. La région administrative, amputée d’un de ses départements historiques, est la seule à placer Benoît Hamon parmi les deux premiers candidats. Le FN y est plus bas que partout ailleurs, comme l’est d’ailleurs Mélenchon.

Le total des trois candidats de gauche est de 32%.

Centre – Val-de-Loire

Premier tour serré entre Sarkozy (27,90%) et Hollande (26,64%) en 2012. Marine Le Pen obtenait 19,37%, Mélenchon 10,51% et Bayrou 9,49%. NDA, avec 2,12%, dépassait Joly et ses 1,82%, tandis que le total Poutou-Arthaud atteignait 1,90%.

Le sondage du Cevipof donne une large avance à Marine Le Pen, créditée de 27%. Macron se place en deuxième position avec 22,5%, suivi par Fillon (18%), Hamon (14%) et Mélenchon (12%). NDA obtient 3%, Jadot 2,5%, et le total Poutou-Arthaud obtient 1%.

Ce qui nous donne :

Le Pen : 390 414 (+110 318 soit +39,39%)

Macron : 325 345 (+188 173 soit +137,18%)

Fillon : 260 276 (-143 184 soit -35,49%)

Hamon : 202 437 (-182 732 soit -47,44%)
Mélenchon : 173 517 (+21 546 soit +14,18%)

NDA : 43 379 (+12 770 soit +41,72%)

Jadot : 36 149 (+9 835 soit +37,38%)

NPA-LO : 14 460 (-12 976 soit -47,30%)

La percée du FN dans la région Centre se confirme, tandis que LR et le PS plongent. Mélenchon obtient un score intéressant, dans une région où les fiefs communistes disparaissent d’élection en élection. Le total des trois candidats de gauche est de 28,5%.

Grand Est

(Alsace – Lorraine – Champagne-Ardenne)

En 2012, Nicolas Sarkozy était largement en tête dans le Grand Est, grâce à une avance conséquente en Alsace, ainsi qu’une plus modeste en Champagne-Ardenne. Il obtenait 28,60%, soit cinq points devant François Hollande et Marine Le Pen, dans un mouchoir de poche, à respectivement 23,27% et 23,21%. Bayrou obtenait 9,85% avec une pointe à 11,71% en Alsace, tandis que Mélenchon stagnait à 8,89%, tout en obtenant 10,25% en Lorraine.

Marine Le Pen est créditée de 33%, elle devance ainsi Emmanuel Macron (23,5%), François Fillon (17%, dans une hyper région qui comprend d’importants fiefs de droite), Jean-Luc Mélenchon (11%) et Benoît Hamon (10%, visiblement, son mandat d’euro-député de la circonscription correspondant à la nouvelle région n’a pas laissé un souvenir impérissable). NDA obtient 2,5%, devançant Jadot et le total Poutou-Arthaud à 1,5 chacun.

En terme de voix, et d’évolution par rapport à 2012, cela nous donne :

Le Pen : 995 541 (+295 265 soit +42,16%)

Macron : 708 946 (+411 860 soit +138,63%)

Fillon : 512 854 (-350 064 soit -40,57%)

Mélenchon : 331 847 (+63 727 soit +23,77%)

Hamon : 301 679 (-400 414 soit -57,03%)

NDA : 75 420 (+15 940 soit +26,80%)

Jadot : 45 252 (+14 819 soit -24,67%)

NPA-LO : 45 252 (-13 148 soit -22,51%)

Dans cette région où le candidat du PS a eu le courage de désobéir au diktat de Cambadélis en décembre dernier, rien ne semble pouvoir arrêter la dynamique FN. Rassemblant la globalement conservatrice Champagne, l’ancien fief de gauche des Ardennes, la Lorraine, très partagée, et la région la plus à droite de France, à savoir l’Alsace, cette région « Grand Est » délaisse LR et le PS, au profit du FN et de Macron. C’est une des rares régions où Mélenchon dépasse Hamon. Le total des trois candidats de gauche atteint péniblement 22,5%.

Hauts-de-France

(Nord – Pas-de-Calais – Picardie)

En 2012, François Hollande avait obtenu 27,90%, devant Nicolas Sarkozy à 24,09% et Marine Le Pen à 23,85%. Jean-Luc Mélenchon, candidat aux législatives à Hénin-Beaumont, obtenait 11,62%, devant François Bayrou à 7,13% . NDA (1,71%), Joly (1,47%), Poutou et Arthaud (1,98% réunis) fermaient le bal.

Le sondage Cevipof donne un tout autre résultat. Marine Le Pen fait un bond impressionnant, preuve de la réussite de son implantation dans la région. Elle est ainsi créditée de 35%. Elle devance Emmanuel Macron (22%), François Fillon (14,5%), et Benoït Hamon et Jean-Luc Mélenchon, à égalité à 12%.

NDA est crédité de 2%, Yannick Jadot de 1%, et le total Poutou-Arthaud de 1,5%.

En couplant ces chiffres à la participation de 2012, on obtient :

Le Pen : 1 149 151 (+365 995 soit +46,73%)

Macron : 722 323 (+488 337 soit +208,7%)

Fillon : 476 077 (-314 965 soit -39,82%)

Hamon : 393 995 (-522 151 soit -56,99%)

Mélenchon : 393 995 (+12 354 soit +3,24%)

NDA : 65 666 (+9 373 soit +16,55%)

Jadot : 32 833 (-15 542 soit -32,13%)

NPA-LO : 49 249 (-15 846 soit -24,34%)

Marine Le Pen, qui a fait du Pas de Calais son laboratoire, semble confirmée dans son choix. Elle arrive largement en tête dans l’ex région la plus à gauche de France, élargie à la Picardie, dont le comportement électoral passé est plus divers, mais tend à converger avec sa voisine septentrionale. Dans ces terres socialistes et communistes, c’est pourtant Emmanuel Macron qui arrive deuxième. Fillon s’écroule, dans la continuité de l’effondrement de la droite depuis les années 90 – les régionales de 2015 constituant une exception.

Le total des trois candidats de gauche atteint 25%. Adieu, fief de gauche !

Île-de-France

Les deux finalistes de 2012 avaient obtenu de meilleurs scores en Ile-de-France qu’au niveau national. Hollande était ainsi à 31,75%, devant Sarkozy à 29,02%. Le Pen n’obtenait que 12,28%, talonnée par Mélenchon à 11,84%. Bayrou était à 9,21%, tandis que Joly était à 2,70, NDA à 1,73% malgré son implantation en Essonne, et le duo Poutou-Arthaud totalisait 1,21%.

Pour le Cevipof, c’est Emmanuel Macron qui arrive en tête, avec 24,5%. Il devance Le Pen et Fillon, à égalité à 19%, laissant Hamon à 16% et Mélenchon à 14,5%. De son côté, NDA ferait une percée, à 4%, Jadot stagnant à 2% et le total Poutou-Arthaud obtenant 1%.

En terme de voix, cela donne :

Macron : 1 308 418 (+816 348 soit +165,90%)

Le Pen : 1 014 691 (+358 765 soit 54,70%)

Fillon : 1 014 691 (-535 309 soit -34,54%)

Hamon : 854 477 (-840 895 soit -49,60%)
Mélenchon : 774 370 (+142 162 soit +22,49%)

NDA : 213 619 (+121 166 soit +131,06%)

Jadot : 106 810 (-37 536 soit -26,00%)

NPA-LO : 53 405 (-11 289 soit -17,45%)

Dans la région capitale, peuplée de plus de 11 millions d’âmes, Macron fait le plein de voix. Le FN fait une percée, et vient égaler un candidat de droite historiquement bas. La banlieue rouge a quasiment disparu lors des municipales de 2014, mais Mélenchon obtient tout de même 14,5% et vient menacer Hamon. Le total des trois candidats de gauche est de 32,5%.

Normandie

Les deux Normandie ont une histoire politique tout à fait opposée, la Basse, rurale, votant à droite (« Caen est à droite depuis Guillaume le Conquérant », disait Louis Mexandeau), tandis que la Haute, plus urbaine, votant à gauche. En 2012, Hollande et Sarkozy étaient dans un mouchoir de poche, avec respectivement 27,71% et 27,02%. Marine Le Pen pointait à 18,75%, Mélenchon à 11,22% et Bayrou à 9,20%.

Les cartes semblent totalement rebattues pour 2017, si l’on en croit le Cevipof. Il crédite Marine Le Pen de 26%, Emmanuel Macron de 22%, François Fillon de 19%, Benoît Hamon de 14%, devançant Jean-Luc Mélenchon à 13,5%. NDA obtiendrait 3,5%, Jadot et le total Poutou-Arthaud ne dépassant pas les 1% chacun.

Traduites en terme de voix, ces estimations donnent :

Le Pen : 496 910 (+138 580 soit +38,67%)

Macron : 420 462 (+244 712 soit +139,24%)

Fillon : 363 126 (-153 285 soit -29,68%)

Hamon : 267 567 (-262 050 soit -49,48%)
Mélenchon : 258 011 (+43 616 soit 20,34%)

NDA : 66 892 (+28 037 soit +72,16%)

Jadot : 19 112 (-15 067 soit -44,08%)
NPA-LO : 19 112 (-19 669 soit -50,72%)

Percée de Marine Le Pen, qui confirme les percées récentes du FN dans les zones rurales, les zones urbaines s’étant laissées tenter dès les années 80. Malgré une victoire sur le fil aux régionales, la droite est laminée, laissant Macron s’envoler à la deuxième place. Hamon et Mélenchon sont dans un mouchoir de poche, de quoi laisser penser à une généralisation du cas havrais à l’ensemble de la région (mais finalement, c’est toujours la droite qui gagne). Le total des trois candidats de gauche est de 28,5%.

Nouvelle-Aquitaine

(Aquitaine – Limousin – Poitou-Charentes)

Dans cette grande région réunissant trois fiefs plus ou moins récents de gauche, François Hollande obtenait 32,01% des voix en 2012. Nicolas Sarkozy obtenait 24,27%, Marine Le Pen 15,76%, suivie par Jean-Luc Mélenchon (11,77%) et François Bayrou (9,94%). Joly obtenait 2,18%, devant les 1,79% de NDA, tandis que Arthaud et Poutou totalisaient 2,04%.

Signe de la défiance que connaît la gauche, qui a pourtant remporté la Nouvelle-Aquitaine en décembre 2015, c’est Marine Le Pen qui arrive en tête, ex aequo avec Emmanuel Macron, crédités de 22%. En troisième position, avec 19,5%, on retrouve François Fillon. Hamon n’obtient que 16,5%, tandis que Mélenchon est à 13,5%. Avec 3%, Jadot obtient un de ses meilleurs scores, il devance NDA à 2%. Le total Poutou-Arthaud obtient 1,5%.

Le Pen : 752 208 (+213 206 soit +39,56%)
Macron : 752 208 (+412 230 soit +121,25%)

Fillon : 666 730 (-163 218 soit -19,67%)

Hamon : 564 156 (-530 294 soit -48,45%)

Mélenchon : 461 582 (+59 056 soit +14,67%)

Jadot : 102 574 (+28 038 soit +37,62%)

NDA : 68 383 (+7 315 soit +11,98%)

NPA-LO : 51 587 (-18 450 soit -26,46%)

C’est peut-être une des principales surprises de ce sondage régional, Marine Le Pen est en tête dans cette « nouvelle » Aquitaine. Mais elle arrive ex aequo avec Emmanuel Macron, dans une région où le PS était encore hégémonique il y a peu de temps. Fillon ne fait pas le plein, dans le fief de Juppé. Le total des trois candidats de gauche est de 33%, signe de la bonne tenue de la gauche dans cette région élargie.

Occitanie – Catalogne

(Languedoc-Roussillon – Midi-Pyrénées)

Dans cette grande région, qui réunit un fief de gauche (Midi-Pyrénées) et un nouveau bastion du FN (Languedoc-Roussillon), François Hollande obtenait 29,27% en 2012. Le Président sortant était à 23,80%, tandis que Marine Le Pen frôlait les 20%, avec 19,63%.

Jean-Luc Mélenchon obtenait un excellent score, avec 13,20%, tandis que François Bayrou se contentait de 8,25%. Enfin, Eva Joly, NDA et le duo Poutou-Arthaud constituaient le podium de fin, avec respectivement 2,44%, 1,54% et 1,64%.

A en croire le Cevipof, grand changement en perspective pour avril prochain. Marine Le Pen est créditée de 28%, devant Macron à 22%, Fillon et Hamon à 15,5% chacun, Mélenchon à 13% et NDA à 3,5%. Jadot culmine à 1%, et le total Poutou-Arthaud obtient 1,5%.

En terme de voix, ce sondage donne :

Le Pen : 919 764 (+274 799 soit +42,61%)

Macron : 722 671 (+451 655 soit +166,65%)

Fillon : 509 155 (-272 536 soit -34,86%)
Hamon : 509 155 (-452 422 soit -47,05%)

Mélenchon : 427 033 (-6 419 soit -1,48%)

NDA : 114 970 (+64 407 soit +127,38%)

Jadot : 32 849 (-47 369 soit -59,05%)

NPA-LO : 49 273 (-4 440 soit -8,27%)

Dans cette région, LR s’est effondrée lors du dernier scrutin régional. De plus, l’ex Languedoc-Roussillon aurait vraisemblablement pu être remporté par le FN, s’il n’avait pas été fusionné avec son fief socialiste de voisin, Midi-Pyrénées. Cette tendance se confirme, accompagnée d’une percée de Macron. C’est néanmoins une des rares régions où Fillon et Hamon font jeu égal.

Le total des trois candidats de gauche est de 30,5%.

Pays-de-la-Loire

Grand fief de droite, mais abritant un important fief de gauche, en l’occurrence Nantes et sa région qui votent comme le reste de la Bretagne, les Pays de la Loire plaçaient Sarkozy et Hollande dans un mouchoir de poche, en 2012, avec respectivement 28,63% et 28,40%.

Ouest oblige, Marine Le Pen, avec 14,39% était en dessous de son score national, tandis que François Bayrou obtenait 11,65%. Jean-Luc Mélenchon obtenait 10,14%, tandis qu’Eva Joly se contentait de 2,46%. NDA, à 2,08%, ne récupérait pas le potentiel électoral de Philippe de Villiers, tandis que le duo Poutou-Arthaud atteignait tout juste 2%.

Si Marine Le Pen semble ne pas percer dans cette région, ce n’est pas le cas d’Emmanuel Macron, qui arrive en tête, avec 25%. Il devance François Fillon, longtemps élu dans la Sarthe, crédité de 23%. Marine Le Pen termine ce podium, à 21%.

Loin derrière, Hamon pointe à 15,5, tandis qu’avec 9%, Mélenchon obtient un de ses plus mauvais scores régionaux. NDA obtient 3%, Jadot 2,5%, le duo Poutou-Arthaud se contentant des 1% restants.

En terme de voix, on obtient :

Macron : 536 313 (+286 342 soit +114,55%)

Fillon : 493 408 (-120 787 soit -19,67%)

Le Pen : 450 503 (+141 697 soit +45,89%)

Hamon : 332 514 (-276 675 soit -45,42%)

Mélenchon : 193 073 (-24 418 soit -11,23%)

NDA : 64 358 (+19 638 soit + 43,91%)

Jadot : 53 631 (+815 soit +1,54%)

NPA-LO : 21 453 (-21 519 soit -50,08%)

Emmanuel Macron, soutenu par un député européen UDI, un député et un Sénateur PS, fait une percée importante en Pays de la Loire. François Fillon tient bon et décroche la deuxième place, signe d’une double implantation, personnelle à Sablé-sur-Sarthe, et de la droite, qui tient solidement quatre des cinq départements de la région. La gauche est en mauvaise posture, et le total de ses trois candidats est de 27%.

Provence – Alpes – Côte-d’Azur

Nicolas Sarkozy avait largement siphonné le FN dans son fief historique de PACA en 2007, et y était également parvenu cinq ans plus tard. Cela lui permettait d’arriver très largement en tête, avec 31,06%, dans une région abritant le département le plus à droite de Métropole, les Alpes-Maritimes. La deuxième place était décrochée par Marine Le Pen, qui avec 23,87% devançait François Hollande (22,05%) de près de 50 000 voix.

Marine Le Pen est désormais créditée de 36%. Elle devance Emmanuel Macron, qui obtient 19,5%, et pique la deuxième place à François Fillon, qui stagne à 18%.

Hamon et Mélenchon sont loin derrière, avec 11 et 10,5%. Les miettes sont partagées entre NDA (3%), Jadot (1%) et le duo Poutou-Arthaud (1%).

Soit, en terme de voix :

Le Pen : 980 874 (+330 538 soit +50,83%)

Macron : 531 307 (+349 129 soit +191,64%)

Fillon : 490 437 (-355 930 soit -42,05%)

Hamon : 299 711 (-301 031 soit -50,11%)

Mélenchon : 286 088 (-20 000 soit -6,53%)

NDA : 81 739 (+40 296 soit +97,23%)

Jadot : 27 246 (-31 763 soit -53,83%)

NPA-LO : 27 246 (-5 354 soit -16,42%)

La région PACA semble offrir son meilleur score à Marine Le Pen, comme elle le faisait par le passé avec son père. C’est d’ailleurs dans cette région que le FN dispose du plus grand nombre de parlementaires, avec une députée et deux sénateurs. Marine Le Pen pourrait engranger 50% de voix supplémentaires par rapport à 2012, année où elle était arrivée en deuxième position, devant le futur président Hollande. Dans cette région qui fut un fief majeur de la gauche française, que ce soit dans les Bouches-du-Rhône ou dans le Var, la gauche est proche de la disparition. Ses trois candidats, cumulés, n’obtiennent que 22,5%. Gaston Deferre, Guy Hermier et Edouard Soldani se retournent dans leurs tombes.

Ces chiffres régionaux nous permettent de faire un petit récapitulatif national. Les chiffres des inscrits, des votants et des exprimés sont ceux du premier tour de 2012. Le nombre des inscriptions sur les listes électorales ayant été exceptionnellement bon en 2016, le nombre d’électrices et d’électeurs inscrites et inscrits sera sans doute plus important en avril et mai prochain.

Le premier tour, basé sur les sondages régionaux du Cevipof publiés le 16 février, devrait ressembler à ça :

Inscrits : 43 048 243

Votants : 35 040 323 (81,40%)

Exprimés : 34 394 125 (98,16%)

Le Pen : 9 034 103 voix, 26,27%

Macron : 7 876 110 voix, 22,90%

Fillon : 6 369 183 voix, 18,52%

Hamon : 4 959 426 voix, 14,42%

Mélenchon : 4 136 454, 12,03%

NDA : 993 243, 2,89%

Jadot : 596 847, 1,74%

Poutou-Arthaud : 428 760, 1,25%.

Par rapport à 2012, le PS perd ainsi 48,77% de son électorat de 2012, LR en perd 31,46%. Du côté des gagnants, le FN gagne 43,76% par rapport à 2012, Mélenchon 6,49%, et NDA 58,57%, soit la plus forte hausse pour un candidat déjà présent cinq ans plus tôt.

Si l’on compare le potentiel de Macron à l’électorat de Bayrou en 2012, on obtient une hausse de 148,76%.

Le total des trois candidats de gauche est de 28,19%, soit un peu moins que le score du seul François Hollande en 2012, qui obtenait 28,63%. Le cumul des candidats de gauche était alors de 42,04%… Signe qu’une partie importante de l’électorat de Hollande en 2012, candidat plus social-démocrate que socialiste, est désormais acquis à Emmanuel Macron plutôt qu’à Benoît Hamon ?

©  JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

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