Les maisons d’éditions ou l’enfer des jeunes écrivains

Petite, j’ai longtemps pensé que le plus dur quand on est écrivain, c’est d’écrire un livre. Une fois qu’une histoire est bien ficelée, terminée, corrigée, travaillée et retravaillée, il n’y a plus qu’à s’asseoir dans son canapé en attendant d’être célèbre. Ça, c’était avant que moi même, mes quatorze ans en poche, une valise pleine de rêves et un livre achevé sous le bras, je découvre l’enfer des maisons d’éditions.

Pourtant on m’a prévenue : trouver une maison d’édition n’est pas évident. Mais voilà, j’ai consacré deux ans de ma vie à ce livre, certes ce n’est pas du Baudelaire, mais tout de même, il ne mérite sûrement pas de passer le reste de ses jours enfermé dans un placard. De toute façon dans cet article, je ne vais pas remettre en cause les décisions prises par les maisons d’éditions qui ont sans doute de bonnes raisons de refuser mon manuscrit, mais plutôt de la difficulté de trouver une maison d’édition « fiable ».

Il faut tout de même avouer que lorsque j’ai naïvement tapé : « maison d’édition » sur internet, je n’y connaissais rien. Je savais seulement qu’on devait envoyer son livre, attendre un certain délai et voir si la réponse était oui ou non. Je savais pertinemment que je n’avais aucune chance face aux grosses maisons d’éditions comme Gallimard, Albin-Michel, Acte-Sud ou autres qui sont très sélectifs et prennent rarement de nouveaux auteurs ( qui plus est, d’auteurs mineurs ). Alors j’ai été ravie de voir le nombre de maisons d’éditions défilant sur l’écran de mon ordinateur qui promulguaient les jeunes auteurs, avaient l’air sérieuses, et qui, il faut le dire, vendaient du rêve.
C’était magique : en un clic mon manuscrit était envoyé ( pas besoin de passer par la case : « je gâche 3000 ml d’encres » ). Le délai était très court, tellement court que je me demande s’ils prennent vraiment la peine de les lires.

Deux semaines plus tard, ils sont revenus vers moi avec un mail très élogieux en m’annonçant que j’étais « l’heureuse élue » et que mon « chef d’oeuvre » allait être édité. Autant vous dire que c’était le bonheur absolu, après avoir appelé toute ma famille, mes amies et avoir sautillé partout comme une hystérique, j’ai découvert qu’il fallait en fait payer 2000 euros. Mon cerveau a commencé à buguer, il n’y avait pourtant marqué nul part qu’il fallait payer. De plus, ils se revendiquaient clairement comme une maison d’édition et non comme un compte d’auteur. Je les ai donc appelés, et c’est très calmement que la femme au bout du fil m’a expliqué que toutes les maisons d’éditions faisaient ça, et que c’était soit disant une cotisation « normale » pour les frais d’impressions d’un livre. Ils ont même ajouté que ce n’était pas cher comparé à d’autres. Étant donné que je suis un peu longue à la détente il m’a fallu une bonne discussion avec mes parents pour me rendre compte que je m’étais faite arnaquée.

Je n’ai pas baissé les bras pour autant, j’ai envoyé mon livre à une dizaine d’autres maisons d’éditions qui, à part Edilivre ( et encore ) m’ont toute plus ou moins arnaquée de la même façon. Je n’utiliserai pas ce terme s’il était clairement marqué qu’il s’agissait de maisons d’éditions participative. Mais sur la plupart des sites que j’ai visité, ce n’était pas spécifié ; ou bien il fallait être armé d’une loupe pour le lire en tout petit, bien caché entre deux lignes des dix pages de conditions générales. Au bout d’un moment j’en ai eu marre d’alterner espoir, joie et déception, j’ai finalement décidé d’envoyer aux grosses maisons d’éditions. J’ai imprimé les 252 pages de mon manuscrit en six fois, en retour j’ai reçu une lettre d’excuse typique m’annonçant que je n’avais pas été retenue et qu’en plus de ça ils ne pouvaient pas me renvoyer mon manuscrit ( ce ne serait pas drôle sinon). Un véritable circuit du looser. A l’occasion de cet article j’ai essayé d’appeler des maisons d’édition de ce type pour pouvoir les interviewer et comprendre comment elles fonctionnaient et quels étaient leurs critères d’editions. J’ai dû appeler trois fois pour que certaines acceptent de me donner une adresse email pour les joindre, on ne m’a d’ailleurs jamais répondu.

J’ai tout de même eu l’occasion d’interviewer Nathaniel Molamba éditeur chez Le Mot, et fondateur de cette nouvelle et prometteuse maison d’édition qui organise des ateliers d’écriture à Paris et Bruxelles. Elle permet à d’autres auteurs de publier leurs écrits réalisés au cours de ces ateliers. C’est un tout nouveau concept puisqu’ils ne travaillent pas à partir de manuscrits mais de textes écrits sous l’inspiration et partagés entre auteurs passionnés de l’écriture.

Comme vous le voyez, ce serait tout de même mensonger de toutes les ranger dans la même catégorie… Certaines m’ont vraiment aidé, ont hésité à m’éditer ou m’ont donné des conseils constructifs. Il me reste quelques contrats intéressants auxquels je n’ai pas répondu, car j’attends la réponses d’autres maisons d’éditions qui m’ont l’air sérieuses, et je ne perds ( toujours ) pas espoir. Seulement je vous avertis juste, vous qui êtes en train d’écrire un livre ou qui simplement vous intéressez au sort des pauvres petits écrivains comme moi, sachez que le monde de l’édition est malheureusement loin d’être honnête.

 

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