Le stress scolaire ou l’obsession de l’excellence

N’avez vous jamais stressé avant qu’un prof ne vous rende votre contrôle ou quand vous deviez annoncer une mauvaise note à vos parents ? Si, certainement, c’est un sentiment que ressent tous les adolescents mais malheureusement certains de ces adolescents sont encore plus stressés que d’autres lorsqu’ils subissent ce genre de pression en milieu scolaire, c’est ce que l’on appelle le stress scolaire. L’obsession de l’excellence est omniprésente dans notre pays, en effet, plus d’un jeune sur trois souffre de «stress scolaire» ou de «maladie de l’école». Ne pas répondre aux attentes des parents, se faire traiter de nul par ses professeurs, être étiqueté comme débile par ses camarades, voilà ce que redoute un écolier stressé. Parce que oui, la plupart des adolescents sont stressés, mais cela provient essentiellement d’un manque de confiance en soit, c’est l’âge dira-t-on mais pas seulement. La puberté, la maturité, l’autonomie, les changements relationnels familiaux, la pensée abstraite sont d’une part les modifications et les changements de l’adolescence mais d’autre part les facteurs de ce stress scolaire.

Mais alors, qu’est ce que le stress scolaire ?

Ce stress scolaire a été identifié par Elkind en 1984 lors d’une étude réalisée dans des lycées Américains. Selon lui, le stress surviendrait lorsque la demande de résultats scolaires est perçue par l’enfant comme inaccessible ou surpassant ses capacités physiques et intellectuels. Tout d’abord, il faut savoir ce qu’est le stress: d’après de nombreuses études et recherches on peut en arriver à la conclusion que le stress est une transaction entre la personne et son environnement, il est essentiellement provoqué par des situations que l’individu affecté évaluera comme dépassant ou non ses ressources et menaçant ou non son bien être. Le stress scolaire, lui, ne peut être conçu que dans une situation sociale, un élève isolé et vivant seul ne génèrera jamais de stress scolaire, par exemple. L’école est donc un milieu propice au stress psychosocial. Maintenant que l’on sait ce qu’est le stress, on peut tenter de définir le stress scolaire comme l’effet global de tous les facteurs de stress liés à l’école et qui agissent chez l’enfant. Ce stress ne peut avoir lieu seulement si l’élève se trouve dans une situation scolaire porteuse d’enjeu. Il est surtout amené par l’entourage de l’élève et notamment une certaine pression que lui font subir ses parents. Lorsque les désirs parentaux dépassent les capacités perçues par l’élève alors celui ci va être victime du stress scolaire. Le niveau de stress est encore plus élevé quand les parents précisent souvent que l’école est primordiale. Ce stress se retrouve dans les situations suivantes: contrôle, évaluation orale devant la classe, annonce d’une note aux parents, compétition entre les élèves pour savoir qui a la note la plus élevée, etc…  C’est en Finlande que le stress scolaire est le moins présent voir quasiment inexistant. Il n’y a pas de notes là-bas, juste un système d’observation et de remarques confidentielles car seuls les professeurs et les parents sont au courant des notes et ainsi il n’y a pas de compétition entre les élèves. Ils sont chacun comparé avec eux-mêmes et n’ont donc aucune raison de généré de stress scolaire car ils ne subissent pas la pression des notes qui a une grande part de responsabilité dans le stress scolaire en France.

Quels sont les conséquences du stress scolaire chez un élève ?

Ce stress psychologique chez l’élève amène souvent à un échec scolaire. L’échec scolaire est considéré comme l’issue d’un parcours scolaire chaotique menant à une éviction volontaire ou non volontaire du système scolaire ou bien comme des difficultés scolaires qui ne répondent pas aux attentes de normes d’excellence et de niveau d’exigence institutionnellement définis. Mais l’échec scolaire n’est pas le seul impact du stress scolaire, la nuisance du stress sur la santé mentale des adolescents et son effet sur la dépression et l’anxiété ont été soulignés par des chercheurs. La dépression est plus marquante chez les filles que chez les garçons car celles-ci vivent plus d’évènements stressant pendant l’adolescence que le sexe masculin. Les symptômes dépressif dû au stress scolaire seraient retrouvés chez 30% des adolescents dont plus de la moitié seraient des filles. Ce même stress provoque aussi des comportements à risques chez certains élèves comme le suicide, l’addiction ou la violence. Il y a 7% des jeunes scolarisés qui déclarent avoir eu recours à une tentative de suicide, même si le stress scolaire n’en est pas la seule raison, on remarque que ses conséquences peuvent malheureusement devenir très grave. On retrouve aussi des symptômes moins grave comme les troubles du sommeil et de l’endormissement mais aussi des troubles de l’alimentations, des maux de ventres, de têtes ou de dos.

Témoignage de Charlotte, une lycéenne de 15 ans : « Au final j’ai dû aller voir un psy, mes journées étaient rythmées par des crises d’angoisse affreuses. J’étais à un degré d’anxiété tel que la moindre contrariété me faisait faire une crise d’angoisse, je criais, je pleurais, je ne pouvais plus respirer, j’avais l’impression de mourir tous les jours et parfois c’était des crises de tétanie je ne pouvais plus bouger. »

D’après un sondage posté sur facebook sur ce sujet, on a pu remarquer que pour 74,2% de filles seulement 25,8% de garçons y ont participé. La moyenne d’âge de ces participants est de 17 ans, allant de 15 à 21 ans. Ils sont en lycée générale, à Sciences Po, en Fac de langues ou encore en BTS ou DUT. Ces étudiants ont qualifié le système scolaire de stressant en passant par méritocratique, ennuyant, exigeant, ou inégalitaire et seulement 2 personnes sur 93 l’ont considéré comme bienveillant. Ils consacrent en général 2 à 98h de travail personnel par semaine, voir même tout leur temps, pour eux le rapport prof-élèves est plutôt bon même s’il dépend énormément des professeurs même si un grand nombre d’entre eux le considère comme mauvais. Le mot qui revient lorsqu’on leur demande ce que signifie le stress scolaire est : pression, ils le décrivent comme l’angoisse d’aller à l’école et de ne pas réussir, la surcharge de travail, la pression des notes et de l’orientation.

Selon eux, il faudrait pour améliorer le système scolaire et le stress scolaire avec :

  • faire plus de cas par cas arrêter de croire que les notes qualifient l’orientation futur et se pencher davantage sur les réelles connaissances acquises
  • organiser d’une meilleure façon l’emploi du temps afin d’avoir moins de travail à la maison
  • avoir plus de choix d’orientation
  • opter pour un système à l’Allemande ou à la Nordique
  • ne pas mettre les élèves en compétition

On peut donc remarquer que les étudiants qu’ils soient jeunes ou un peu plus âgés ont tous la même vision du stress scolaire et le vivent tous plus ou moins. Il ne reste plus qu’à ce que les hommes politiques essayent réellement de comprendre les enjeux de ce stress scolaire et l’avis de nos étudiants sur la question afin de le réduire au maximum.

Mais pourquoi ceux-ci ne se penchent-ils pas suffisamment sur ce problème éducatif majeur pas assez connu qui ruine l’avenir de certains élèves ?

Une réflexion sur “Le stress scolaire ou l’obsession de l’excellence

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