Premier débat des présidentielles : faut-il ré inventer la France?

Lundi 20 mars, le premier débat pour les présidentielles s’est tenu entre les cinq « principaux candidats », et a été diffusé par TF1.

Alors oui on a entendu beaucoup de critiques, d’aspects négatifs, certains ont qualifié le débat d’antidémocratique, d’inutile, d’inefficace, car « de toutes les façons, ce sont toujours les mêmes, déconnectés de la réalité et enfermés dans leur bulle de privilégiés »…
Nous aussi nous pourrions reprendre les mêmes arguments dans cet article, se plaindre que rien ne va plus, que les politiques sont tous des pourris et que finalement la France va mal, très mal.

Cependant, ce n’est pas cet aspect que j’aimerais évoquer avec vous. Je vous le dis sincèrement, j’en ai assez de toutes ces critiques, de toutes ces complaintes ( pouvant, certes être légitimes dans certains cas) mais a quoi nous mènent-elles finalement?
Certes, le monde politique n’est pas idyllique, la corruption et les scandales touchent de nombreuses personnes au sein de la sphère politique jusqu’aux candidats comme on a pu le voir avec l’affaire Fillon révélée par le canard enchaîné, ou encore celle touchant Marine Le Pen avec le parlement européen … Si on s’arrêtait à cela, et comme beaucoup le font d’ailleurs, la dénomination de « pourris » pourrait être justifiée. Mais réfléchissons deux minutes au sujet, voulez vous ?
La politique telle que nous la voyons par le prisme du stéréotype se résume en quelques mots : pouvoir, richesse, prestige. Maintenant si nous nous arrêtons sur le sens réel, sur l’enjeu initial : guider le pays, le faire prospérer, grandir, l’ouvrir sur le monde … Un peu idéaliste sans doute.
Il n’empêche, c’est vers cela que l’on aspire. Alors oui, nos politiques ne sont pas irréprochables, ils ne sont pas parfaits et loin de là, une bonne réforme serait sans doute bien nécessaire pour assainir les marécages. Il n’empêche, que lundi soir, cinq d’entre eux étaient là. Encore une fois, le choix de TF1 n’était probablement pas judicieux, et le tri réalisé au préalable limitait la liberté des électeurs. Néanmoins, lundi soir, pendant plus de trois heures, cinq candidats ont débattu, avec énergie pour défendre leurs couleurs.
Marine Le Pen, François Fillon, Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Jean Luc Mélenchon étaient là, comme des boxeurs dans le ring, pour un début de débat plutôt « politiquement correct », qui a pris du relief par la suite.
Chacun a pu s’exprimer sur un panel assez large de sujets : école, police, sécurité, mineur et pénalité, immigration, laïcité, institutions, environnement, économie, pouvoir d’achat, retraites, santé, la France au plan international.
Certains ont été plus actifs que d’autres sur différents sujets. Sur le plan de l’ immigration, Marine LePen a décroché le gros lot -évidemment- en affirmant sa volonté « d’arrêter l’immigration, légale comme illégale » car il ne faut pas oublier que les migrants qui « affluent en Europe » ( On remarque déjà l’emploi du verbe spécifique) sont composés à majorité de terroristes venant frapper la France ( et la guerre, la misère, la famine, les bombardements chimiques d’Assad sur son peuple, on en fait quoi? ). Question économie, François Fillon qui s’était plutôt terré pendant le passage « transparence de la vie démocratique » a pu s’exprimer sur son programme : augmenter le temps de travail avec les 39 heures, favoriser les négociations dans les entreprises, baisser les charges sur celle-ci pour dynamiser la croissance et l’investissement … Il a par ailleurs pris comme référence, de nombreuses fois les pays scandinaves pour exemple. Il en a profité également pour discréditer le projet de sortie de l’euro « un chaos économique et social » de Marine Le Pen ( 1€= 1Franc; quoi de mieux pour faire exploser la dette de l’Etat déjà très élevée?).

Au niveau des institutions, deux candidats prônent le passage à la sixième république, le socialiste Benoît Hamon et son camarade de la France insoumise J-L Mélenchon. Une réforme des institutions pour redonner le pouvoir au peuple?
Ces mêmes candidats cherchent à renforcer le système éducatif en allouant des moyens spéciaux. Hamon, « Le candidat de la feuille de paie » propose de diminuer le nombre d’élèves par classes pour plus d’efficacité. Le doyen du débat quant à lui propose d’aller plus loin : cantine gratuite et bio pour tout le monde en revenant à l’agriculture paysanne (une aventure qui sonne comme un retour dans le futur ou une avancée dans le passé : le Moyen Age sans doute).
Sur le plan de la laïcité, la loi de 1905 ( séparation de l’Eglise et de l’Etat) a été utilisée à tort et à travers, brandie comme un étendard … sans surprise.
Côté retraite, Emmanuel Macron, propose une réforme en profondeur du système de manière à le rendre plus juste 1€ cotisé donnera le même droit à tous. E. Macron s’est d’ailleurs détaché de ce débat par la pertinence et la vivacité d’esprit dont il a fait preuve pour contrer les aberrations et les paroles acerbes vociférées par Marine Le Pen, qui il faut le dire, n’a été présente que sur les aspects sécuritaires et nationaux pour rendre la « France aux Français » et la souveraineté à un état corrompu par les technocrates de Bruxelles… En revanche, silence radio sur les questions économiques, amusant, non ?
Enfin sur le plan international, certains proposent de sortir de l’OTAN et de rediscuter les frontières notamment en Europe de l’Est et avec la Russie, pratique me direz vous quand l’appui militaire n’y est plus, d’autres voient la nécessité de dialoguer avec la Russie pour calmer les tensions, d’autre encore voient le renforcement de l’Europe comme une évidence pour consolider l’avenir de la France et sa place dans le monde.
Les conclusions des candidats sont dans l’ensemble assez pessimistes, et bien qu’on lui reproche d’être sous la pression de lobbys puissants, d’être manipulé par le pouvoir de l’argent ( comme si l’argent était le premier des maux et que s’enrichir en travaillant était inacceptable) Emmanuel Macron est bien le seul à avoir finit sur une note encourageante car il « veut que la France redevienne une chance ».

Cet article n’a pas la prétention d’être exhaustif, loin de là, mais essaye de donner les lignes principales, les grandes idées qui ont traversé le débat. Qui en sort gagnant ? Certains désignent Macron, d’autres Mélenchon, mais finalement le plus important c’est d’avoir pu écouter les différents programmes, les principaux points de divergence et d’avoir pu se faire une idée parmi une partie des candidats présentés ce soir là.
Alors oui, on peut les critiquer, ils ne sont pas parfaits, mais attention par cette critique à ne pas remettre en cause le système politique français qui lui aussi à ses défauts et peut être certainement amélioré pour devenir plus démocratique, plus viable et plus efficace.
Avant de se lancer dans la critique aveugle, rappelons nous que nous avons la chance d’être dans un grand pays démocratique, la chance de pouvoir nous exprimer, la chance de pouvoir choisir notre président(e). Cette chance est précieuse, préservons la, transformons la. La critique est facile et si elle n’évolue pas vers quelque chose de plus constructif, elle devient un carcan pour nos esprits : on rejette tout, parce que rien n’est à la hauteur. Au lieu de cela, innovons !

© AFP

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