Jeunesse, par la corruption tu ne seras pas tentée

« La politique concerne le gouvernement de la cité tandis que la morale concerne le gouvernement de soi-même. » Platon

Pourtant politique et morale ne devraient-elles pas être liées ? La première ne doit-elle pas se soucier de la seconde ?

On me parle d’un raz le bol général de la politique. Des politiques. De ceux qui, là-haut, du haut de leur tour de cristal, ne voient ni la misère du monde, ni la pauvreté rampante, ni la précarité de la jeunesse. Rien. Rien de tout ce qui nous, les citoyens lambda, nous affecte chaque jour. Les SDF dans le métro, le voisin qui a perdu son travail, le pote qui a arrêté l’école, la cousine qui squatte chez nous pour faire son linge parce qu’elle n’a plus les moyens de faire réparer sa machine. Bref tout ça c’est la réalité, ce que les vieux, les jeunes, pensent de la politique. Mais face à cette réalité il y a aussi des gens qui se posent comme solutions, mais alors qui ? Des jeunes, des jeunes qui se disent vouloir changer le système, vouloir représenter un nouvel idéal.

Ce sont eux qui ont comme ambition aujourd’hui de changer le monde et ce sont eux qui y arriveront. Les jeunes sont un foyer de nouvelles idées perpétuelles, un foyer de richesses et de volontés. Les jeunes ont les idées novatrices que la société recherche et c’est en les écoutant que nous parviendrons enfin à faire bouger ce système qui ne nous convient plus. La jeunesse est d’une beauté presque inconcevable ; elle rêve, la jeunesse, de notre futur commun. Malheureusement, tous les rêves ne sont pas aussi sains, malheureusement tous les jeunes ne rêvent pas d’une société meilleure mais simplement d’avoir leur nom sur toutes les lèvres…

Car finalement les jeunes sont-ils réellement tous le changement que nous espérons ?

Au début, l’engagement c’est beau ; on arrive, pleins de bonnes volontés, de belles intentions, de courage et d’espoir. Au début tout se passe bien. On fait confiance à tout le monde, la vie est belle, on a l’impression d’être utile. Et puis un jour, le coup de hache tombe, sans crier gare ; à ce moment-là, le monde change, les choses basculent. Parfois, on commence par apprendre que le gars pour qui on bossait abuse de filles, que celui qui dirigeait notre association s’attribue depuis le début de l’année tous les bénéfices de vos travaux, que le président du parti politique n’a en fait qu’une aspiration personnelle : grimper les échelons. Et puis après cette révélation fatidique, le monde autour de nous change, la confiance disparaît progressivement pour ne laisser place qu’à un climat de paranoïa excessive.

Si seulement les choses s’arrêtaient ici.. Mais tout évolue, dévoilant petit à petit un monde effrayant et passablement identique à celui qu’on cherche à changer. Alors le futur grand journaliste tente encore de nous expliquer que sa priorité est la démocratie mais on n’y croit plus. L’espoir se perd progressivement dans les méandres d’un dégoût profond. On en apprend encore et encore. Menaces, insultes, censure, harcèlement, drogue, abus sexuels. Mais par dessus le marché, cette démocratie qui hante tant ses lèvres ne s’applique que dans un rêve lointain, sûrement pas lorsqu’il se réélit à la présidence du média. Tout cela derrière un passé qu’il essaie de cacher car lourd de sens, mais incontournable : fraude, triche, manipulation, mensonges. Et nous, bien trop naïfs. Notre entrée dans ce nouveau monde est marquée, elle aussi, par un sentiment d’être tombés dans le panneau. Finalement on voit bien qu’on n’a pas été les premiers, et qu’on ne sera malheureusement pas les derniers. Alors on tente, de faire écrouler ce château qui nous paraît fait de sable mais qui se trouve être bien plus solide que ça. Après l’échec, on se retrouve, entre manipulés, entre personnes sincères, entre ceux qui y croient encore, et on se lance dans tout ça une nouvelle fois. Sans se douter de rien.

Après une entrée en matière de ce genre, c’est presque en manque d’espoir qu’on est vidé de toute énergie, de toute volonté. Mais petit à petit, la force nous regagne afin de mettre en application nos revendications premières, détournées de leurs objectifs par ces carriéristes malhonnêtes. C’est avec plus de rage, de conviction et de soutien qu’on se relance enfin. On pourrait d’ailleurs croire qu’on fait attention, qu’on a retenu la leçon et que la prochaine fois, on ne se prendra plus dans ce piège si malsain. Sauf si encore une fois on y est déjà, sans s’être rendu compte de rien. Et celui qui dénonçait le premier n’en est que pire encore. Sous des airs de vérité absolue et de connaissances irréprochables, le voilà nous utilisant à son tour, arrivant à conquérir notre confiance et à rallier notre combat derrière le sien. Loin derrière, et lui bien devant, face aux caméras, aux journalistes, aux projecteurs. “Je veux devenir président de la république”. Qu’importent les coups bas que je donnerai, qu’importent les personnes que j’utiliserai, qu’importent les mensonges que je profèrerai, qu’importent tous ceux que je manipulerai : c’est tout le sens que prend cette phrase en réalité. Et plus que jamais, politique et morale deviennent deux choses bien trop distinctes pour que la première soit à la hauteur de la seconde. Une fois de plus un passé sombre resurgit dans un présent douteux. Remettant tout en question. Encore une fois le sentiment de la trahison monte en nous, au juste titre d’avoir servi de larbins lobotomisés et trop aveugles pour voir l’horreur d’une politique archaïque et profiteuse se dérouler devant nous. Le bilan est similaire au premier, égoïsme, narcissisme, hypocrisie au premier plan d’un personnage pourri par un système bien trop dégoûtant.   

Alors aujourd’hui on mise nos espoirs sur « les jeunes » : faisons attention, on ne peut pas les placer sur tous les jeunes. On ne peut malheureusement pas faire confiance à cette partie de la jeunesse qui utilise le système que l’on rejette. Et oui ça existe… Des jeunes déjà corrompus par l’avidité du pouvoir, des jeunes qui n’ont déjà plus une once d’éthique, de valeur ou de respect, des jeunes qu’il faut stopper dès à présent. Finalement ce sont ces jeunes qui rendent nos combats grotesques et pitoyables, qui amenuisent nos actions à de simples volontés de conquête de pouvoir. Ce sont eux contre qui nous devons nous battre aujourd’hui car ce sont eux qui vont plus tard représenter la France si nous les laissons faire.

Par chance, tous ne sont pas comme ça. Par chance, tous ne se sentiront pas concernés. Par chance il existe une jeunesse saine aujourd’hui en France. Et c’est cette jeunesse -là qui lutte pour imposer sa volonté de changement et son envie d’un pays harmonieux. Par chance, cette jeunesse -là lutte déjà à son échelle pour un futur meilleur. Et par chance c’est cette jeunesse -là qui est majoritaire.

L’engagement demande du temps, de l’investissement, du courage, des efforts, de l’organisation mais par dessus tout il demande de la force mentale. L’engagement aujourd’hui ce n’est pas seulement se battre pour une cause noble, c’est aussi se battre contre une jeunesse corrompue. Notre avenir n’est pas encore perdu : engageons-nous.

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