[Combat du sang, nouvel épisode] : Fusillade sur les Champs

Pour mener leur combat, certains font couler de l’encre. D’autres, quant à eux, font couler du sang.

Jeudi 20 avril, aux alentours de 21h, un homme en voiture arrive avenue des Champs-Elysées à Paris et s’arrête au niveau d’un magasin : Marks & Spencer. Il se gare. Près de lui, un véhicule de la Direction de l’ordre public et de la circulation. A l’intérieur, des policiers … Soudain, l’homme ouvre le feu sur ces derniers. Les passants pensent qu’il s’agit de pétards, mais en réalité les détonations qu’ils entendent ne sont autres que celles d’une arme automatique. La police riposte, l’assaillant tente de prendre la fuite … Au bout d’une minute, les tirs s’arrêtent : l’assaillant est abattu. Les passants commencent à comprendre, à courir, à crier. La police établit un périmètre de sécurité dans le 8e arrondissement et la préfecture de police recommande d’éviter le secteur des Champs-Elysées. Tout le monde s’agite, mais qu’en est-il des hommes sur qui l’assaillant a tiré ? Malheureusement, le bilan est lourd … trois policiers luttent contre leurs blessures mais parfois, le combat est bien trop rude. L’un d’entre eux succombe à ses blessures.

Une question nous tracasse alors l’esprit : qui est-il, cet assaillant ? Qui est celui qui a osé mettre en péril notre paix si fragile et se dresser contre ses gardiens ? Au début, on peine à mesurer la gravité de la fusillade et on n’ose imaginer un acte mené par un terroriste … bien que l’idée gagne tout de même notre esprit. Autant dire que nous commençons, à nos dépens, à considérer les attaques de ce type comme une habitude. François Hollande s’exprime alors et déclare qu’un hommage national sera rendu au policier tué, mais aussi que les pistes sur l’attaque sont d’ordre terroriste. Presque simultanément, un communiqué de l’organe de propagande de l’Etat Islamique, Amaq, nous parvient : « L’auteur de l’attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c’est un des combattants de l’Etat Islamique ». Il n’y a presque plus de doutes. Selon François Molins, procureur de la République, l’identité de l’assaillant est connue et a été vérifiée. Il était âgé de 39 ans et habitait en Seine-et-Marne, ses liaisons avec la Belgique sont encore à élucider. La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) était au courant de sa radicalisation, en 2001 il avait notamment été condamné à 15 ans de prison pour avoir tiré sur deux policiers en Seine-et-Marne. Mais maintenant, l’heure est aux perquisitions dans son appartement de la banlieue est de Paris afin d’en savoir plus sur l’assaillant. Aurait-il des complices ? Si oui, il faut faire vite. Cette attaque survient à trois jours de la présidentielle, et quelques jours après l’arrestation à Marseille de deux hommes soupçonnés d’avoir déjà planifiés des attentats.

Cette fusillade réveille en nous des souvenirs devenus familiers : Charlie Hebdo, le Bataclan, Nice. Leurs sanglants bilans reviennent à notre mémoire … ils n’ont rien perdu de leur amertume. Hier soir, il y a eu un mort. Non, le bilan ne se compte ni en centaines, ni en dizaines de victimes. Il y a eu « seulement » un mort, mais cela n’atténue en rien la gravité de cet acte. Corneille disait « Aux âmes bien nées, la valeur ne s’accorde pas au nombre d’années ». Je dirais quant à moi qu’aux âmes bien nées, l’horreur ne s’accorde pas au nombre de tués. Toutes les victimes de ces actes abominables méritent notre attention, et plus encore : notre compassion. Toutes les victimes, de France ou d’ailleurs, car les frontières ne sont pas des barrières à la considération. Ce qui est horrible, ce n’est pas d’ôter la vie d’un Français, mais celle d’un être humain. Nous compatissons pour les victimes, mais quelle réaction adopter face à ces hommes mécaniciens de l’injustice ? De la haine ? Laissons Alphonse Daudet nous répondre : « La haine est la colère des faibles ». Voulons-nous faire de cette faiblesse notre identité ? Non. La haine est la bonne étoile sur le chemin de la violence. Celui qui la suit fait fausse route. Réfléchissons à des solutions durables, et écoutons peut-être Enfin notre cher Nelson Mandela … qui disait que « L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ».

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