Macron-Le Pen : Le match parfait

 

Macron-Le Pen… Le Pen-Macron…

Les puissants de ce monde auront finalement encore gagné.

Ils auront joué leur dernière carte, la plus inattendue. Un candidat inconnu 2 ans auparavant, qui apparait comme nouveau et renouvelant la politique française pour la seule et unique raison qu’il n’a concouru à aucune élection avant ce scrutin du 23 avril 2017.

« Un nouveau masque pour le vieux monde », voilà ce qu’est Emmanuel Macron. Ses propositions n’ont rien de nouveau. Il s’est contenté de reprendre toutes les positions libérales qui sont majoritaires en Occident depuis les années 80 : diminution des dépenses publiques (suppression de postes de fonctionnaires), diminution des cotisations patronales, austérité globale et totale. Ces positions qui étranglent les peuples européens depuis des dizaines d’années. Et c’est surtout l’absence de certains thèmes qui choque : pas un mot d’écologie dans cette campagne de la part d’Emmanuel Macron. Mis à part quelque formules creuses tel que « faire de la France le « leader mondial » de la recherche sur la transition environnementale » ou bien encore  placer la France « en tête du combat contre les perturbateurs endocriniens et les pesticides ». Autant de déclarations d’intention qui ne disent rien de la méthode précise, et qui disent en réalité tout de la conviction du candidat : on parle un peu d’écologie pour ne pas avoir l’air tout à fait ignorant, mais il n’y aucune réelle conviction derrière. Pas de réel projet écologique, alors que la question du climat est aujourd’hui la plus importante pour l’avenir de l’humanité. Si nous ne sommes pas aujourd’hui concernés car nous avons la chance d’habiter un pays qui échappe aux zone les plus dangereuses climatiquement, mais des millions de réfugiés climatiques seront bientôt en déplacement autour de la planète. Des espèces disparaissent, le niveau des eaux montent. Notre système de production n’est pas viable à long-terme : il pollue et produit des déchets en quantité telle qu’il est impossible d’en gérer la destruction. Certaines villes d’Afrique sont devenues des poubelles à ciel ouvert, croulant sous la charge des entreprises occidentales. Comme à Pointe-Noire, au Congo ou à Dandora au Kenya. Même dans nos pays occidentaux, l’environnement et les ressources naturelles sont peu à peu broyées par le système de production entièrement tourné vers la recherche du profit

Sur le volet démocratique, le candidat En Marche est également symptomatique d’un système qui se complait dans une vision verticale du pouvoir. Pour mieux contraindre le peuple et le soumettre à son bon-vouloir. Il veut gouverner par ordonnance, alors que chacun attend un renouvellement de notre démocratie. Gouverner par ordonnance, c’est vouloir non seulement que la représentation nationale perde toute utilité mais également couper la parole aux citoyens.

C’est donc une vision archaïque du pouvoir et de l’économie, et de la société en général qui a trouvé un nouveau visage pour s’exprimer : celui d’Emmanuel Macron.

Résultat de recherche d'images pour "emmanuel macron"
Emmanuel Macron, candidat du système, pour le système, par le système

Et face à lui, le système voit son ennemi préféré : le visage émacié de Marine Le Pen. Le FN, comme ennemi juré ou plutôt comme adversaire de choix. Il est comme le miroir déformant d’un système à l’agonie. Il est « cette sorte particulière d’anti-système fonctionnelle au système » (Frédéric Lordon). Le système adore s’en démarquer, adore le dénoncer comme son pire ennemi, justement parce qu’il est si monstrueux, sous toutes les coutures. Le FN prône une division culturelle de la société. Mettant en avant les « racines chrétiennes de la France », il exclue de la patrie les musulmans et pointe sans arrêt l’islam comme le danger absolu que cours la France.

Face à ce discours xénophobe et islamophobe, le système se présente comme celui de l’ « ouverture au monde », de la tolérance face au « repli sur soi » et à la « peur de l’autre ». D’ailleurs, combien d’analystes politiques et de commentateurs ont tenu ce discours au soir du 1er tour. Macron-Le Pen serait le duel de l’ouvert contre le fermé, le candidat de la mondialisation face à la nation repliée sur elle-même.

Le discours du FN est monstrueux, et le système a réussi à en faire son pire ennemi. C’est là qu’est tout le brio de la stratégie : capitaliser sur le repoussoir qu’est le FN, pour faire passer en douce des réformes économiques d’une violence extrême. Présentant l’alternative simpliste : c’est eux ou nous. C’est le racisme ou le libéralisme. « Choisissez ! Mais il n’y a pas d’autre alternative … »

Résultat de recherche d'images pour "marine le pen"
Pour la seconde fois dans son Histoire, le Front National se hisse au deuxième tour

Et cette bipolarité du monde politique a été mise en avant dans tous les grands médias sous le schéma « libéraux contre populistes ». Tous les points de vues rejetant l’ordre socio-économique néo-libéral furent qualifiés de populistes. Mettre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen dans un même sac : le tour est osé ! Mais comme dit l’adage ; « plus c’est gros et plus ça passe ». Les libéraux ont réussi à assimiler dans  un même néologisme tous ce qui ne leur plait pas : le protectionnisme, une économie moins favorables aux puissants et aux détenteurs de capital. Car en réalité, ils ont peu à faire que Marine Le Pen soit raciste ou non. Ce qui compte pour eux, ce sont leur profits ! Et tout ce qui met à mal potentiellement le montant de leurs dividendes est à condamner, à vilipender le plus vivement.

Il est là le tour de passe-passe du système : assimiler tout ce qui lui déplait sous un même nom : « populiste ». Celui qui dirige le peuple contre les élites… Celui qui flatte les bas -instincts : la peur, le repli, …

Et ce soir, ce soir du 23 avril 2017, c’est bien les puissants de ce monde qui ont gagné. Le candidat Emmanuel Macron a bénéficié d’une exposition médiatique sans-précédent, chacun a pu le constater. Son temps de parole a été largement supérieur à celui des autres candidats. Et le temps passé à débattre et à parler de lui a dépassé l’entendement. Rappelons que 90% des médias français (et tous les principaux en terme d’audience) sont détenus par 10 milliardaires : Martin Bouygues, Xavier Niel, Dassault, Bernard Arnault, Bolloré, Pierre Bergé, Patrick Drahi, François Pinault, Matthieu Pigasse et Lagardère. Il s’agit bien là d’une mise en avant délibéré d’un candidat par les puissants de ce monde : ceux qui ont intérêt à voir les propositions d’Emmanuel Macron appliquées.

Les puissants de ce monde ont gagné, car ils auront exactement le match qu’ils voulaient : le gentil libéralisme, ouvert et enthousiaste contre le monstrueux FN dégoulinant de tout son racisme et de toute sa haine contre tout ce qui n’est pas français « de souche », crachant son dégout de l’immigré et du musulman. Le système a gagné le 1er round, et il emportera certainement le second.

Rendez-vous le 7 mai pour savoir qui du « Gentil » ou de la « Méchante » a finalement gagné.

En attendant, une chose est sûre : il est encore loin, le temps des cerises…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s