Non à l’intolérance !

Je n’avais pas prévu de publier un article sur le thème qui va suivre. A vrai dire, j’avais déjà le sujet de mon prochain article, que je m’apprêtais à travailler, mais une discussion avec un camarade de classe m’a fait réviser mes plans. La question est trop importante pour être remise à plus tard, et je rentabilise ma colère encore vive en prenant ma plume. Cela me permettra du moins d’évoquer tout ce que je n’ai pas eu l’énergie d’avancer comme arguments à la personne concernée. Les explications étant données, passons à l’essentiel.

Nous avons eu, cette semaine, un débat très intéressant sur l’origine de l’homosexualité en cours de philosophie. L’occasion m’a été donnée d’exprimer mon opinion quant au fait que nul ne choisit son orientation sexuelle. Je pensais alors que ce n’était plus un secret pour personne. J’avais tort. Apparemment, mon avis n’était pas partagé de tous, et un camarade est venu me trouver à la fin du cours pour poursuivre le débat. C’est avec plaisir que j’accepte toujours une discussion instructive dans laquelle deux avis s’opposent de manière cordiale et avec un argumentaire cohérent à l’appui. Mais cette fois, on en était loin.

Pour lui montrer que l’orientation sexuelle n’est pas un choix, je lui ai simplement exposé que la possibilité de choisir va de paire avec celle de changer d’avis. De cette façon, personne en Tchétchénie ne préfèrerait une « option » qui mettrait sa vie en péril. Et pour cause, il y a bien des homosexuels là-bas, malgré la répression que le régime leur fait subir. Ont-ils alors choisi de prendre tant de risques alors qu’une autre option les aurait épargnés ?

« Mais on ne parle pas de la Tchétchénie là, restons dans le monde occidental. » Ah. Je dois donc en conclure que ça ne fonctionne pas partout pareil et qu’il y a des régimes spéciaux en fonction de l’endroit dans lequel on habite. Première absurdité.

« Je pense que l’orientation  sexuelle provient de différents facteurs et fait l’objet de plusieurs refoulements. ». Jusque là, on est d’accord. « Mais à un moment, la personne prend en compte ces facteurs et fait un choix. ». Dans le dictionnaire, le mot « choix » se définit par une « décision par laquelle on donne la préférence à quelque chose ». On choisit de boire un café ou un thé le matin, pas de qui on tombe amoureux. Ajoutez à cela que le refoulement appartient au domaine de l’inconscient alors que le choix se fait en conscience, il y a donc contradiction. Deuxième absurdité.

« Pour moi, on est tous homo : ou bien homosexuel ou bien homophobe. ». Est-ce que cela signifie que tous les hétérosexuels sont homophobes ? Dans ce cas, la majorité de l’Assemblée Nationale doit être composée d’homosexuels : ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour défendre leurs droits, puisque la loi sur le mariage pour tous a été adoptée. Troisième absurdité.

Alors, à court d’arguments valables, il m’a simplement dit que « si je défendais ce point de vue sur les homosexuels, c’est que je devais en être un moi aussi ». Que répondre à cela ? J’étais purement sidéré par la bêtise de cette remarque, au point que je n’ai même pas cherché à rétorquer quoi que ce soit. Cette attaque sur un aspect personnel n’a ni légitimité, ni objectivité. Après tout, c’est une pratique courante puisque même en politique, certains en abusent et font grandement avancer le  » débat « . J’ai mis un terme à la discussion.

Je n’ai pas cherché à ce qu’il reconnaisse que j’ai raison. Après tout, un débat ne débouche pas forcément sur un commun accord. Mais j’ai voulu le mettre face à ses contradictions et au mépris de ses propos.

Car ce qu’il prétend peut être étendu à toutes formes de causes. Il n’y a que les femmes qui peuvent être féministes. Il faut être de couleur pour s’insurger contre la ségrégation raciale. Seul un ouvrier peut manifester contre la Loi travail. Et bien moi, j’affirme que non. La tolérance n’a pas de couleur, de sexualité ou de condition. Parce que dans le cas contraire, poussons la réflexion encore plus loin : faut-il être un animal pour se sentir concerner par la défense des espèces en voie d’extinction ?

Car ses propos ne sont pas des cas isolés. Il y a chez les jeunes une banalisation de ce qui ne peut être accepté. Un élève d’origine arabe absent ? C’est parce qu’il est au commissariat pour vol de vélo. Un camarade qui a des difficultés en sport ? C’est forcément un « pédé », donc un faible. Une fille en cours de mécanique ? Elle n’a rien à faire ici, sa place est dans une cuisine. Je n’invente rien, tout cela a été prononcé dans ma classe. Bien sûr on me dira que ce ne sont que des plaisanteries et qu’il faut en rire. Moi je trouve qu’elles ont assez duré.

Pour revenir au cas qui nous occupait, à savoir les homosexuels, de nombreux progrès juridiques –dans notre pays du moins- ont été réalisés : on n’envoie plus les gays au bûcher mais ils peuvent désormais se marier et vivre librement leur amour. Mais sur le plan moral, une grande marge d’évolution est nécessaire. Cela demande un effort pour sortir de ses préjugés et de ses craintes de l’autre. En même temps, on ne vit plus à la préhistoire où se nourrir et s’abriter étaient certainement prioritaires sur l’évolution des mentalités. Réveillons nous, le 21ème siècle est entamé.

J’estime qu’il y a davantage de points communs entre les êtres humains que de différences pour que celles-ci prennent le dessus. Et tant que je serai confronté à l’intolérance, je la dénoncerai, question de principe.

 

4 réflexions sur “Non à l’intolérance !

  1. Faire rire, c’est faire oublier. Quel bienfaiteur sur la terre qu’un distributeur d’oubli. Oui parfois ça fait pas de mal un peu d´humour et de second degré dans ce monde ^^ Enfin, s’il nous est si difficile d’expliquer pourquoi nous tombons amoureux d’une autre personne quelque soit son sexe, c’est en grande partie parce que ce sentiment est instinctif et que ce choix est profondément ancré dans le domaine de l’inconscient. Je te souhaite de lire le travail de nombreux psychologues sur ce sujet afin de pouvoir te familiariser avec. Bonne continuation Benjamin !

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