Angoulême, Juin 2017,

Ce fût un véritable drame d’existence.

Un moment où les sentiments basculent, où les souvenirs tenaces ressurgissent sans contrôle possible.

L’impuissance semblât me gagner.

Une douce nostalgie se propageât au sein de mon esprit, perturba ce dernier, et l’attrista par la même occasion. Je fermai les fenêtres donnant sur l’Ouche, juste avant de quitter la chambre, qui m’avait accueillie pendant ces deux années, le coeur lourd. Extrêmement lourd.

L’atmosphère changeât brusquement. Mes pas résonnèrent encore une fois, sur le parquet de bois massif et leurs échos vinrent frapper ma conscience. Depuis cette pièce, où je pu entendre des notes, parfois teintées de redondance, des sonorités exquises, un concert quotidien, un opéra fabuleux donné sans relâche, par des volatiles à la fois insouciants et talentueux.

Ces chants provenaient principalement du parc, attenant à la propriété où je vis deux ans. Ce parc arboré de marronniers et divers autres essences venait compléter l’hôtel de Bardines, magnifique témoignage de l’architecture du XVIII ème siècle, trônant sur ce qui se nomme le plateau, à quelques dizaines de pas de la Cathédrale d’Angoulême.

A cet instant précis, ornée de moulures blanches, la porte de ce qui a été ma chambre se referma sur ce qui appartient désormais au passé, et par un ultime geste, je lâchai la poignée de bois couleur acajou.

Subséquemment, je quittai du regard la salle de bain sur ma gauche, foulai le palier du second étage, qui répondit à mon passage par un dernier craquement, afin de poursuivre ma descente vers de futurs horizons, vers l’avenir.

Je continuai alors vers l’escalier de bois à l’apparence chaleureuse, éclairé par une unique ouverture sur le ciel, culminant à plusieurs mètres de hauteur et dominant chaque visiteur par sa prééminence.

L’emprunter fit divaguer mon esprit. Ce fût l’occasion de donner à ce moment toute son importance et son caractère, que je voulus emprunt de solennité. Sur ces entrefaites, je descendis une toute dernière fois cet escalier, ses 42 marches incrustées telles un bijou, dans un précieux écrin de pierres blanches charentaises, taillées de façon circulaires.

Je levai une énième fois la tête vers les hauteurs et la perfection du firmament bleuté me frappa, m’éblouit. Je poursuivis ma désescalade par un arrêt sommaire sur le palier du 1er étage, puis continua jusqu’au bout de la rampe de bois et saisi, tel un sceptre, la boule d’escalier en verre, à la fois transparente et colorée de délicates volutes azurées.

Je traversai la cuisine d’un rythme soutenu, puis foulai le parquet de couleur brune appartenant au salon et sur lequel reposaient de lourds meubles massifs. Mon regard s’attarda une ultime fois sur la cheminée, revêtue de pierres opalescentes, soigneusement assemblées.

J’arpenta une ultime fois le couloir de l’entrée, saisi mes clés et la poignée de la porte. L’air s’engouffra et vint me caresser le visage tandis que mon cœur pleura. Je me retourna sur l’étroit perron de l’entrée, alla chercher la porte. Cette dernière, fit le cliquetis habituel mais bientôt lointain, en se refermant, définitivement. Je glissai la clé dans la serrure. Tout était verrouillé.

Je fis quelques mètres sur le trottoir pavé, et dans un final idéalement accompli, je me retournai, parcouru des yeux la façade, du second étage jusqu’à cette étroite porte d’un bleu atypique pour faire mes adieux et réaliser qu’il en était fini..

Je m’en voudrais sans doute longtemps, mais j’apprendrais à me maquer.

Angoulême je te quitte, l’enveloppe corporelle qui fut mienne t’abandonne.

Angoulême je te lègue mes pensées et une part d’âme.

Angoulême, j’écris ton nom, adieu.

Soyez tranquille la sérénité me sera rendu.

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