Allons-nous vraiment « make our planet great again » ?

Le 1er juin 2017, le président américain Donald Trump a annoncé son retrait des accords de Paris sur le climat qui avaient été signés par son prédécesseur Barack Obama. Donald Trump a déclaré vouloir préserver l’indépendance énergétique des Etats-Unis ainsi que les emplois des citoyens américains travaillant dans le secteur énergétique. Ainsi, en se retirant de cet accord –retrait qui ne sera effectif qu’en 2020- Donald Trump rend caduque les engagements du deuxième pollueur mondial et du financeur principal de ces accords. Le problème est donc double : à la fois celui de l’inaction d’un pays responsable d’une grande part du réchauffement climatique mais aussi la mise en place même des accords de Paris qu’il frappe au porte-monnaie.

En réaction à la décision du président américain, Emmanuel Macron a prononcé un discours à l’intention des Etats-Unis dans lequel il reprend le célèbre slogan de campagne de son homologue américain : « make our planet great again ». Mais pouvons-nous aujourd’hui réellement « make our planet great again » ? Nous est-il possible d’enrayer un mécanisme que nous avons provoqué ?

Déjà lors de la Cop21 –qui a été à l’origine de la mise en place des accords de Paris- dont l’objectif était de limiter le réchauffement climatique à deux degrés, les spécialistes s’accordaient à dire que cet objectif serait difficilement tenable et on sait aujourd’hui qu’il ne sera pas atteint. Pourtant la situation est plus que critique, la biodiversité est menacée, les fonds marins défigurés, nos forêts rongées et notre eau polluée.

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Donald Trump a retiré les USA des Accords de Paris

Les trésors de notre planète sont en train de disparaitre. La grande barrière de corail australienne, plus grand récif corallien du monde, longue de 2 600 km en est à sa deuxième année consécutive de blanchissement. Nous sommes sans doute la dernière génération à pouvoir en admirer la beauté. Sa disparition est directement liée au réchauffement climatique et à l’acidification des océans ce qui pousse les coraux en détresse à expulser les algues qui sont responsables de la photosynthèse, ils deviennent blancs. Si cette opération n’est pas mortelle pour eux à court terme, elle l’est néanmoins sur le long terme puisqu’elle nécessite une reconstruction du corail par la suite. Ainsi, après un blanchissement en 2016, celui de 2017 met en péril les deux tiers de ce que l’on qualifie de la septième merveille du monde.

Mais la grande barrière de corail est loin d’être la seule source de biodiversité menacée par le réchauffement climatique et la pollution de manière plus générale. Les océans sont eux aussi sous le coup de la surpêche et de ses pratiques qui raclent les fonds marins détruisant les coraux pourtant essentiels à la biodiversité marine. Par ailleurs, les ressources en poissons sont pillées par les hommes et certaines espèces maritimes sont pêchées alors même que leur survie est menacée.

Les forêts ne sont elles pas en reste avec la déforestation qui porte atteinte à la fois à la biodiversité mais aussi au détriment des populations locales qui sont elles aussi victimes de la monétisation d’une ressource qui ne représente que pour certains groupes industriels un amas de dollar à collecter? Et la liste est encore longue. Les espèces menacées, les milieux détruits, le plastique qui colonise nos océans, nos nappes phréatiques contaminées par les pesticides et les intrants que nous utilisons pour toujours produire plus, nos sols épuisés par la monoculture et l’exploitation, sans compter la souffrance des animaux que nous élevons dans des conditions souvent effroyables dans le seul but de pouvoir un jour les tuer.

 

La réalité du changement climatique : inondations à Funafuti en avril 2017

En cause, l’activité humaine est un modèle économique qui restera pour moi incompatible avec le développement durable et l’idée même d’écologie. En effet, le capitalisme pousse intrinsèquement vers la surconsommation, il nous pousse à toujours vouloir plus, produire plus et nous berce de la douce illusion qu’il pourrait être compatible avec la préservation de l’environnement. Or comment un modèle qui tend vers plus l’infini pourrait-il préserver un monde aux ressources limitées ? L’idéal capitaliste dans lequel nous évoluons est en lui-même foncièrement incompatible avec la réalité des ressources dont nous disposons. Nous avons créé un système qui se tient au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès car détruire notre environnement c’est aussi détruire l’homme, il serait idiot de penser que l’homme peut se suffire à lui-même. En réalité nous sommes au volant d’une machine dont nous avons perdu le contrôle et qui écrase tout sur son chemin. Nous nous dirigeons droit dans un mur et malgré les déclarations de notre président qui reprend à juste titre la phrase de Ban Ki Moon, l’ancien secrétaire général de l’ONU « there is no plan B because there is no planet B », il contribue tout de même à alimenter un système qui est voué à l’echec.

En effet, Emmanuel Macron soutien en tout point l’économie capitaliste et ce modèle qui privilégie des valeurs monétaires à l’environnement et aux vies humaines. Mais, il n’est pas le seule fautif, preuve en sont les dernières élections présidentielles et la place de l’écologie dans les débats. Souvent marginalisée, l’écologie ne semble pas avoir le même poids que l’économie. Le capitalisme aliène le débat politique et nous obnubile. Pourtant, le capitalisme est lui-même à l’origine du chômage, le dictat de la « main invisible » fait de nous ses poupées et nous détourne des conséquences de son action.

Face à cette observation et à l’inertie d’une machine qu’on se semble pouvoir arrêter c’est à nous les jeunes, nous le peuple de nous prendre en main en commençant par dire non. Nous ne devons pas nous résigner à vivre dans un monde condamné. Nous devons par tous les moyens nous battre contre cette suprématie de l’argent et pour notre planète car se battre pour la planète c’est aussi se battre pour l’homme.

Battons-nous avec la force de la démocratie, ne fermons pas les yeux sur les conséquences de nos actions. Pour cela nous pouvons manifester, soutenir des ONG comme Greenpeace qui jour après jour tentent de faire changer les choses. Une signature, un don, un vote, un engagement, il n’y a pas de petite contribution. L’union fait la force c’est pourquoi ensemble nous devons nous battre pour ce monde et pour l’ensemble des victimes de nos choix.

 

 

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