Latin : une langue pas si morte que ça

De nombreux professionnels des médias aiment à jouer les Cassandre et s’insurgent contre la mort du latin. O tempora o mores ! Ce sujet était une véritable pomme de discorde sur le plateau de On n’est pas couché entre la chroniqueuse Vanessa Burggraf et l’ancienne ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem. Cette dernière affirmait qu’elle n’a jamais supprimé l’enseignement des Langues et Cultures de l’Antiquité pour les collégiens.

Dans les faits, la fin de l’année scolaire est arrivée et le latin survit toujours. Et sa disparition des salles de cours n’est pas du tout programmée mais la matière est toujours en sursis. Donc pour ceux d’entre vous qui avaient des doutes, il n’y a aucune raison de s’inquiéter ! Le latin est simplement proposé différemment depuis la réforme des collèges, pour que tous les élèves s’initient à la matière.

Mais, je sais très bien que le choix d’une option ne se fait pas sans questionnements et je vais tenter de répondre à certains d’entre eux.

Qui peut être intéressé par le latin ?

– Ceux qui veulent faire des études de médecine, car tout le monde n’est pas capable de dire « oscillococcinum » ou « methotrimeprazine » sans devoir s’y reprendre par trois fois.
– Les jeunes qui se destinent à intégrer le clergé catholique : c’est quand même la moindre des choses que d’attendre d’un curé qu’il sache entonner les derniers chants encore en latin que l’on peut rencontrer lors d’une messe. Te Deum laudamus, te Dominum confitemur n’est-ce pas ?
– Les futurs professeurs de latin bien sûr, pour qui l’apprentissage de la langue est une condition sine qua non de leur réussite.
– Les férus d’archéologie, parce que ce serait vraiment bête de s’acharner des années à extraire de la terre des ruines d’anciens temples et, une fois le travail achevé, ne pas savoir traduire la gravure d’ornement.
– Les curieux qui roulent à bord d’une Volvo, en direction d’un hôtel Mercure, une glace Magnum à la main (même si ce n’est pas spécialement conseillé au volant) et qui veulent comprendre comment ils en sont arrivés là.
-Simplement ceux qui se sont découvert un intérêt pour les Romains après avoir lu Astérix ou regardé Ben Hur.

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Sauve un gladiateur : fais du latin © Uderzo-Goscinny

Que peut apporter le latin ?

– Des points bonus coefficient 3 au bac, pour le côté très terre-à-terre mais non moins motivant. Surtout pour ceux qui ne pensent pas pouvoir entrer dans la salle d’examen en mode veni, vidi ,vici sans avoir assuré quelques points d’avance.
– De la culture générale, même si au collège, on n’a pas forcément conscience que cela permet de faire bonne impression lors de soirées mondaines plus tard.
– Les honneurs en cours de français : souvent le latiniste est sollicité par son professeur pour des questions étymologiques, et c’est un plébiscite auprès de ses camarades admiratifs lorsqu’il parvient à répondre.
– Un voyage en Italie, ce qui n’est quand même pas négligeable. Les souvenirs restent par la suite gravés dans la mémoire ad vitam aeternam. Et vous êtes gagnants par rapport à ceux qui ont choisi Langue et Culture Régionale parce que pour eux, le voyage …
– Une meilleure compréhension du français et des langues en général, puisqu’il s’agit de la racine commune des langues indo-européennes. Après si tu as 3 de moyenne en français mais que tu n’as pas pris le latin en option, tu ne pourras plus dire Errare humanum est. Et même si tu es un bon élève, ne te reposes pas sur tes lauriers et tente l’expérience !
– Une instruction sur le patrimoine culturel et sa richesse qu’il faut à tout prix préserver. Si ça peut aider des jeunes à ne pas se radicaliser pour faire péter des cités antiques plus tard, c’est tout bénef !

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Le latin, une langue au quotidien… © Uderzo-Goscinny

Pourquoi faire du latin ?

-Parce que clairement, ça fait bonne impression sur ton Curriculum Vitae.
-Parce que tu utilises les mots « vent« , « nature » ou encore « viril »  au quotidien, sans parler des « a fortiori« , « et cetera » et autre « a priori » et que tu te rends bien compte que nous sommes imprégnés de latin.
– Parce que tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Or, jusqu’à preuve du contraire, on a jamais vu personne mourir d’overdose de déclinaisons ou contracter une allergie aux vieilles pierres.
– Parce que deux ou trois heures en plus par semaine, on est plus à ça près. En plus, pour ceux qui doivent attendre leur bus en fin de journée, ça fait passer le temps plus vite.
– Parce que les profs de latin sont une espèce en voie d’extinction alors qu’ils s’acharnent à défendre un noble but : sauver les mots en –us.
– Parce que tu veux suivre les traces de ton père latiniste qui ne cesse de te répéter « tu quoque mi fili ». Et surtout parce que tu ne sais absolument pas ce que ça veut dire.
– Parce qu’à part en Armorique, où un petit village gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur, on est quand même tous en zone romaine.

Je ne peux que vous inciter donc à franchir le Rubicon et à choisir de faire du latin !

© R DELAIA – LATIN

Ville éternelle, j’entends les dieux clamer ton nom
Mais Rome ne s’est pas faite en un jour dit-on
Tous les chemins mènent à toi, à ton capitole
Ton panthéon que l’on contemple émerveillé
Les muses chantent, écrivent, peignent tes louanges, Urbe.

Et ressuscitent les empereurs, rois, auteurs
Les philosophes, les héros et gladiateurs
Pour les bacchanales du sommet de l’Olympe
Où le nectar est consommé, Rome, en ton nom
Car même parmi les dieux, nous te célébrons.

Ô toi, merveille des merveilles
Dont la grandeur est sans pareille !

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