De Paris à Douala : le début de l’aventure

Dimanche 2 Juillet, entre Londres et Nairobi

Après un départ à Charles De Gaulle et une correspondance à Londres, Charlotte et moi-même survolons à présent la Grèce. Notre arrivée à Nairobi est prévue à 5h, heure locale. Sur place notre dernier vol nous attend, il nous mènera à Douala au Cameroun. Les moniteurs de l’avion affichent l’itinéraire : 7 000km entre Londres et Nairobi, il nous faudra 8h pour les parcourir. Alors que les minutes passent lentement sur notre vol de nuit, je ne ferme pas l’œil.

En effet, ni Fabien, ni Charlotte ni moi-même n’avons été plus loin que le Maroc ou la Tunisie sur le continent africain. Nous ne connaissons pas le Cameroun et nous imaginons que sur place nous ne pourrons compter sur l’appui d’aucun de nos repères habituels. Ce voyage est donc pour nous un véritable saut dans l’inconnu. Ainsi, c’est partagée entre appréhension et excitation que je me prépare à notre arrivée sur place.

Ces dernières semaines nous avons préparé notre voyage ainsi que notre intervention dans l’association. Grâce à vous, nous avons récolté 1 168€ et la cagnotte continue de grimper. Nous avons aussi récolté des vêtements, livres, jeux et fournitures scolaires dont nous ferons don à l’association. Par conséquent, même si notre aide sur place est éphémère nous sommes néanmoins fiers d’apporter cette goutte d’eau dans l’océan.

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Vue de la cour derrière le restaurant au-dessus duquel logent nos voyageurs © Mathilde Geoffroy

Sous les nuages de Nairobi à Douala

A Nairobi, nous avons fait la connaissance de Loïc et Borrel, deux Camerounais ralliant eux aussi Paris et Douala. Nous parlons de leurs origines, de leurs études à Paris, de musique et de notre « première fois au Cameroun ». Ils nous font écouter la musique « qui fait danser en Afrique » et nous apprennent quelques mots d’argot camerounais grâce à la chanson « coller la petite ». Pendant ce temps, le soleil s’est levé sur la capitale du Kenya et à 7h30 heure locale nous embarquons pour notre dernier vol direction Douala.

Fin du voyage, la ville de Douala se dessine sous les nuages pourtant très nombreux en cette période de saison des pluies. Le paysage depuis l’avion est saisissant et ne ressemble en rien à ce que nous avons pu connaitre jusqu’à présent. Nous découvrons une région très verte avec de nombreuses maisons aux toits de taule et des rues en terre battue. Une fois hors de l’appareil nous foulons pour la première fois le sol camerounais. Rapidement, c’est l’humidité qui nous frappe en nous enveloppant de sa chaleur et de sa moiteur pour ne plus nous quitter.

Dans l’aéroport, nous retrouvons avec plaisir Loïc et Borrel dont nous prenons les numéros dans l’espoir de les revoir. Puis, nous partons à la recherche de Nasser, le responsable du Tchop et Yamo, le restaurant dans lequel nous allons passer les prochaines semaines. Une fois les présentations faites, nous nous dirigeons vers l’extérieur pour prendre un taxi direction le restaurant. Dehors, la pluie tombe à torrent ce qui n’empêche pas de nombreux enfants de se précipiter pour nous escorter armés de parapluies vers notre taxi. Nous qui sommes venues pour aider des enfants, nous nous retrouvons dès la sortie de l’aéroport confrontées à la réalité de leur pauvreté qui les pousse à travailler.

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Douala vu du ciel © Mathilde Geoffroy

A 6 dans une voiture de 5 places, j’ai rallié Tchop et Yamo sur les genoux de Nasser mais aussi –place avant oblige- à moitié assise sur le levier de vitesse. La pluie bat son plein depuis 3h du matin et les routes se transforment en de véritables torrents. Elles sont submergées par 20cm d’eau ce qui n’empêche pas une circulation « touffue » qui soulève à chaque passage de voiture de véritables tsunamis. Dans la rue se pressent les passants et d’innombrables motos surplombées de parapluies de fortunes qui se déploient au-dessus d’elles comme de longues ombrelles. En plus de ces abris, les motards ont arrangé une sorte de parebrise grâce à des bâches tendues devant leur guidon pour se protéger de la pluie battante.

Une fois arrivées au restaurant, Nasser nous indique un appartement dans lequel nous allons résider durant l’intégralité sur séjour. Il est composé de deux pièces nues dans lesquelles se trouve des lits et salle d’eau pourvue du minimum avec un évier (inutilisable pour le moment à cause d’un manque de pression dans la tuyauterie) ainsi que de WC. Si cette situation peut paraitre spartiate, il ne faut pas oublier qu’à l’échelle de Douala, elle est un luxe.  Nous y déposons nos affaires avant de rentrer dans le restaurant. C’est un bâtiment assez moderne et qui détonne avec le délabrement des autres établissements que nous avons pu apercevoir dans la rue. Aux murs sont fixés de nombreux écriteaux reprenant des noms de tribus camerounaises, des valeurs, des devises mais aussi trois panneaux témoignant de la coexistence pacifique des différentes religions au Cameroun avec un écriteau « Dieu », « Allah » et « Bouddha ». Au plafond sont suspendus de nombreux portrait de « personnalités inspirantes » -d’après les termes de Nasser- et où se côtoient entre autres Obama, Che Guevara et… Kadhafi.

Dans le restaurant, nous faisons connaissance avec une partie de l’équipe mais nous parlons surtout avec Nasser. Rapidement nous en venons à parler de l’histoire du pays, de son point de vue sur la politique française et ses répercussions sur les pays africains. Ce moment est aussi pour nous l’occasion de faire connaissance avec la cuisine camerounaise en dégustant des beignets, des haricots rouges, de la bouillie de maïs ainsi qu’une boisson typique et très sucrée : le jus de Djara.

Plus tard, nous profitons du répit donné par la pluie pour aller retirer de l’argent et faire quelques courses dans le quartier accompagné par Aziz, l’un des managers du restaurant. Ces premiers achats sont déroutants : nous n’avons plus de repères tant au niveau des marques que des prix. De retour au restaurant nous finissons de nous installer dans notre chambre et profitons de ce temps de repos pour récupérer et écrire cet article alors que la pluie tombe de nouveau sur Douala.

 

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