Les GMV : Un nouveau projet pour une nouvelle planète

À ce jour, la Chine devient le plus grand désert du monde ; déjà un tiers du pays serait désertifié et pourrait menacer jusqu’à quatre cents millions de personnes. On estime que, si rien n’est fait, le désert de Gorbi pourrait englober la totalité de la Chine d’ici 2 500 ans.

©asp
La Chine, un territoire désertifié ©asp

  C’est pourquoi le projet de créer une GMV a été lancé il y a peu afin de lutter au mieux contre son extension.

  Mais qu’est-ce qu’une GMV ? Une GMV, sigle sous lequel se cachent les mots « Grande Muraille Verte », est un projet écologique qui consiste à planter une bande forestière dans une zone désertique. Son but serait de pouvoir relancer par la suite l’agriculture, et par conséquent de nourrir une population. Mais – et c’est d’ailleurs ce second point qui concerne particulièrement la Chine –, la plantation de forêts aurait également un impact important sur le climat ; elle permettrait, en effet, de lutter contre le réchauffement climatique et ralentir l’avancée de la désertification, ce qu’espèrent les dirigeants et les scientifiques chinois.

  C’est donc un territoire long de 4 480 km et large de 1 000 km et traversant, en plus d’une partie de la Chine, le Xinjiang, le Tibet ainsi que la Mongolie qui, planté d’arbres, pourrait arrêter le développement du désert de Gorbi.

© IRD Éditions, 2010
La Grande Muraille Verte s’implante aussi en Afrique © IRD Éditions, 2010

  Mais ce projet a aussi lieu en Afrique ; lancé par des dirigeants d’Afrique subsaharienne et commencé en 2007, la plantation d’arbres sur une bande de 7 100 km sur 15 km reliant les villes de Dakar et de Djibouti pourrait être un remède face à la faim, au réchauffement climatique ainsi qu’à l’avancée du Sahara. Cette Grande Muraille Verte devrait traverser treize pays : Le Sénégal, la Gambie, la Guinée, la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Nigéria, le Tchad, le Soudan, l’Éthiopie, l’Erythrée et Djibouti. En principe, elle ne devrait pas suivre une ligne droite afin d’éviter certains obstacles tels que les montagnes, terrains rocailleux etc., mais aussi pour passer par les villages. En outre, ces pays voudraient installer, d’ici 2030, l’équivalent de trois cents réacteurs nucléaires en éoliennes et panneaux solaires.

 Toutefois, bien que lancé il y a à présent dix ans, le projet avance très lentement ; deux facteurs en sont responsables. Tout d’abord, le Mali et le Soudan rencontrent quelques problèmes de stabilité politique. Ensuite, le terrorisme sahélo-subsaharien fait rage dans la plupart des pays énoncés ci-dessus et est même omniprésent au Mali et au Niger.

© GEOS - Le Figaro
Les tensions qui perdurent en Afrique ralentissent la création de la GMV             © GEOS – Le Figaro

  Mais tenter de combattre le Sahara et le Gorbi, est-ce finalement une si bonne idée ? En effet, deux fausses idées circulent :

– Tout d’abord, certains considèrent la désertification comme une maladie de la Terre. En réalité, il n’en est rien. Les déserts sont même considérés comme des écosystèmes indispensables à la diversité de la Terre et ne sont absolument pas malsains pour notre planète.

– Ensuite, d’autres pensent qu’une mer de sable fonce sur le Sahel pour le recouvrir. Bien entendu, cette idée est parfaitement farfelue, la désertification étant due à la dégradation du sol et non pas à l’invasion de déserts.

© CC Innovative farming practices in the Sahel
Une GMV en Afrique : un projet essentiel ? © CC Innovative farming practices in the Sahel

  En conclusion, on pourrait donc affirmer que la création d’une Grande Muraille Verte en Chine et dans le Sahel est inutile pour lutter contre l’avancée des déserts, celle-ci étant due à une trop grande concentration dans les villes (principalement en ce qui concerne la Chine). Par contre, elle serait d’une grande utilité pour lutter contre le réchauffement climatique, et le serait d’autant plus avec le projet africain d’installer des énergies solaires et éoliennes.

  Enfin – et cette phrase marque la supériorité d’un arbre sur les activités humaines… qui pourraient justement être qualifiées d’inhumaines –, on peut espérer que les « aspirateurs à carbone » que sont les plantes pourraient mettre fin à la pollution qui envahit Pékin.

 

Image de couverture : © The higher learning

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