Comment je suis devenu féministe / Come sono diventato femminista

Je suis féministe. Aujourd’hui, je peux le crier haut et fort, sans ressentir de honte, sans avoir peur des conséquences de cette affirmation. Je peux le faire car j’ai compris ce qu’était vraiment le féminisme, car je sais maintenant que c’est dans l’intérêt de tous de vouloir une réelle égalité femmes-hommes dans tous les domaines. Mais tout cela n’était pas gagné. Loin de là, même. Avec le temps, je me suis rendu compte à quel point l’environnement dans lequel j’avais grandi avait pu avoir un impact dans la façon dont je percevais le rôle des femmes dans la société et dans mon comportement à leur égard. Non pas mon environnement familial, qui m’a fort heureusement préservé de ce genre de préjugés. Non, ce qui m’a en partie construit a été la société dans laquelle je vivais plus généralement. Ayant vécu près de 14 ans en Sicile, la société sicilienne a donc longtemps façonné ma façon de voir la femme. Loin de vouloir faire des généralités, je suis aujourd’hui conscient que cette société véhicule encore de trop nombreuses fois une vision arriérée des relations hommes-femmes et des femmes. En effet, dans de nombreuses familles siciliennes, la femme est encore jugée inférieure à l’homme et possède moins de droits. La femme est souvent ainsi limitée dans sa liberté de faire ce dont elle a envie, alors que l’homme est jugé davantage comme à-même de se gérer par lui-même. L’homme est vu comme le mâle dominant, c’est celui qui va travailler dans la plupart des cas, pendant que la femme reste sagement à la maison pour s’occuper des enfants. L’homme est souvent perçu comme celui qui doit séduire la femme, et rarement l’inverse, parfois à tout prix et par tous les moyens. Une femme ayant un enfant jeune sera jugée comme une inconsciente alors qu’un jeune homme décidant, cas hélas trop rare, de bien vouloir s’occuper de ce même enfant sera quasiment vu comme un héros. Une femme décidant de s’habiller de façon élégante sera presque automatiquement vue comme une femme cherchant à coucher avec le premier venu. On retrouve ces problématiques dans la société française également, me direz-vous. Effectivement, cependant la prise de conscience de ce problème est de plus en plus importante, principalement parmi les jeunes. Or, en Sicile le sexisme n’est même pas défini comme tel car il est sous-jacent, pratiquement automatique, il est dans le langage, dans les gestes quotidiens, dans les coutumes qui demeurent encore de nos jours. Pour toutes ces raisons, en grandissant dans une telle société, on ne se rends pratiquement pas compte de ce sexisme, surtout quand on est très jeunes. J’ai sans doute par le passé eu des comportements et des mots qui me répugneraient aujourd’hui, et pourtant je ne remarquai rien à l’époque. Je trouvais cela “normal”. Et c’est en cela que réside toute la difficulté à combattre le sexisme ordinaire. Tant que regarder une femme avec insistance alors qu’elle n’a rien demandé sera considérée comme “normal”, tant que le viol sera perçu davantage comme la faute d’une femme soi-disant “aguicheuse” et non celle d’un homme réellement pervers, tant que les femmes seront considérées comme des petits êtres fragiles et les hommes comme des dominants, des “durs” qui ne doivent rien laisser paraître, le sexisme restera, en Sicile et dans tant d’autres endroits au monde, un phénomène intrinsèque à la société. Si j’ai personnellement réussi à me départir de tous ces préjugés, à comprendre les difficultés que pouvaient vivre les femmes au quotidien, à avouer que les hommes occupaient aujourd’hui une place dominante dans la société, c’est grâce à mes rencontres, à mes lectures, à une remise en question personnelle. Mais je sais que tout le monde ne peut pas avoir la chance de rencontrer des personnes capable de te conscientiser et de te faire changer, c’est pourquoi je suis atterré de voir qu’encore aujourd’hui, dans de nombreuses sociétés, tant de chemin reste à parcourir. La Sicile rurale que j’ai fréquenté pendant toutes ces années m’a appris à connaître ce qu’est réellement le sexisme, et en quoi il gâche tout le potentiel d’une génération. Sans éducation, sans prise de conscience, les jeunes femmes siciliennes ne pourront s’épanouir autant que les jeunes femmes françaises, qui, elles, déjà, rencontrent des difficultés à s’émanciper pleinement. Je crois alors fermement aujourd’hui que le pouvoir de notre génération est de commencer par transmettre tout ce que les autres nous ont appris, non seulement parmi nos proches, mais d’une manière la plus large possible. Cela ne plaira pas à certains, mais éveillera sans doute l’esprit d’autres, et leur fera prendre conscience que les inégalités de genre sont un vaste problème pour toute la société.

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Le sexisme, un problème de société toujours d’actualité © Antti T. Nissinen

Sono femminista. Oggi, posso gridarlo con fierezza, senza provare sensi di colpa, senza aver paura delle conseguenze di questa affermazione. Posso farlo perché ora ho realmente capito cos’è il femminismo, perché ho capito che è nell’interesse di tutti di volere un uguaglianza tra donne e uomini in tutti i campi. Ma non è sempre stato così. Anzi, al contrario. Con il tempo, ho capito a che punto il mio ambiente ha giocato un ruolo importante nella mia maniera di percepire il ruolo delle donne e nel mio modo di comportarmi con esse. Non la mia famiglia che, menomale, mi ha preservato da tutti questi preconcetti. No, quello che mi ha costruito è stata in buona parte la società nella quale ho vissuto in generale. Avendo vissuto quasi 14 anni in Sicilia, è stata dunque la società siciliana a influenzare il mio modo di percepire il ruolo delle donne e di comportarmi con quest’ultime. Anche se quello che dico non vale per tutti in Sicilia, bisogna sottolineare che buona parte della società siciliana ha ancora una visione arretrata delle relazioni tra uomini e donne e delle donne. In troppe famiglie siciliane ancora, la donna è giudicata inferiore all’uomo e possiede, di fatto, meno diritti. La donna è spesso limitata nella sua libertà di fare ciò che vuole, mentre l’uomo è giudicato come più capace di badare a se stesso. L’uomo è visto come il maschio dominante, quello che lavora nella maggiorparte dei casi, mentre la donna resta saggiamente a casa per occuparsi dei figli. L’uomo è spesso visto come quello che deve sedurre la donna, e raramente il contrario, e può’ farlo tramite ogni mezzo ed a ogni costo. Una donna avendo un figlio quando è ancora giovane potrà essere giudicata come un incosciente, mentre il ragazzo che deciderebbe di occuparsi di questo stesso figlio sarà spesso visto come un eroe. Una donna che si veste di maniera elegante sarà vista da molti come una donna che cerca di andare a letto col primo sconosciuto. Ritroviamo queste problematiche anche nella società francese, sicuramente, ma la presa di coscienza di questo problema è sempre più’ importante, soprattutto tra i giovani. In Sicilia, purtroppo, il sessismo non è neanche definito come tale perché sembra praticamente automatico, invisibile, perché è trasmesso tramite il linguaggio, i gesti, alcune “tradizioni” che purtroppo rimangono. Per tutte queste ragioni, quando si cresce in questo tipo di società, non ci si rende praticamente conto di questo sessismo, soprattutto quando si è molto giovani. Ho senza dubbio, nel passato, avuto dei comportamenti e ho detto cose che sarebbero ripugnanti per me oggi, eppure non mi rendevo conto di niente all’epoca. Trovavo queste cose “normali”. E in questo risiede tutta la difficoltà a combattere il sessismo ordinario. Finché guardare une donna con insistenza mentre non ha chiesto niente sarà considerato come “normale”, finchè lo stupro sarà percepito come soprattutto la colpa di una donna “troppo attirante” et non quella di un uomo realmente perverso, finché le donne saranno considerate come dei piccoli esseri fragili e gli uomini come dei dominanti, dei “duri” che non devono far vedere nessun sentimento, il sessismo resterà, in Sicilia e in tanti altri posti nel Mondo, un fenomeno intrinseco alla società. Se sono personalmente riuscito a liberarmi da tutti questi preconcetti, a capire le difficoltà che potevano vivere le donne nella loro vita quotidiana, è grazie ai miei incontri, alle mie letture, a delle interrogazioni profonde e personali. Ma tutti non possono avere la fortuna di incontrare persone capaci di coscientizzarti e di farti cambiare. Per questo rimane ancora tanto cammino da percorrere. La Sicilia rurale che ho frequentato durante tutti questi anni mi ha fatto capire cos’è veramente il sessismo, e in che modo rovina il potenziale di generazioni intere. Senza educazione, senza presa di coscienza, le giovani donne siciliane non potranno svilupparsi quanto le giovani donne francesi, che già hanno difficoltà a farlo anch’esse. Credo allora con forza che oggi il potere della nostra generazione è di trasmettere tutto quello che gli altri ci hanno appreso, non solo ai nostri cari, ma al maggior numero di persone che si può’. Questo non piacerà ad alcuni, ma sveglierà lo spirito critico di altri, e farà capire a questi che le ineguaglianze di genere sono un grandissimo problema per la società intera, non solo per le donne.

 

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