« L’écorce des choses », une Bande Dessinée de Cécile Bidault :

Cécile Bidault, jeune dessinatrice de bande dessinée, sort en ce mois de septembre un album sur l’histoire d’une petite fille sourde qui déménage à la campagne avec ses parents. Combat vous invite à découvrir les coulisses de l’œuvre d’une grande artiste en herbe qui pourrait encore faire parler d’elle.

 

Combat : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Cécile Bidault : Je m’appelle Cécile Bidault, je vis à Paris, et je fais un peu d’illustration, un peu de peinture, un peu d’animation !

C : Avez-vous toujours voulu faire carrière dans le dessin ?

C.B : Quand j’avais 13 ans, j’ai voulu faire guitariste. Sinon, oui.

C : Pouvez-vous nous parler de votre parcours étudiant ?

C.B : J’ai fait une MANAA, c’est à dire une année de mise à niveau, à Estienne, puis j’ai suivi des études d’animation à l’ENSAD.

C : Dans votre enfance, quelles ont été les bandes dessinées qui vous ont marquées ?

C.B : J’étais une fanatique de toute la série Gaston Lagaffe, de Franquin. J’aimais beaucoup aussi Corto Maltese, de Hugo Pratt.

C : Quel rapport entretenez-vous avec les arts en général ?

C.B : Les plus cordiaux.

C : A l’heure actuelle, comment s’imposer dans le milieu de la BD en étant jeune ?

C.B : Je commence à peine à travailler dans ce domaine, alors je ne pense pas du tout que mon avis puisse faire autorité. J’imagine qu’il faut surtout travailler, s’investir énormément et croiser les doigts. Je crois, en tout cas, que les jeunes auteurs ont cette opportunité, en France, d’avoir accès assez facilement à de la bande dessinée provenant d’Europe, des États-Unis, d’Asie… Les albums qui sont publiés chaque année ont des styles graphiques, des formats, des sujets variés, je pense que ça a participé à donner aux bédéistes une liberté artistique de plus en plus importante, c’est une chance.

C : Sur une image que vous m’aviez envoyée, on lit les mots : « Une petite fille sourde qui cherche à s’affirmer autrement que par la parole ». Est-ce ce même but que vous cherchez à atteindre par vos dessins ?

C.B : Les images peuvent avoir une grande force narratrice ! Pour ce projet-ci, j’ai procédé en deux temps. J’ai d’abord écrit l’histoire, puis j’ai essayé de trouver des moyens de faire comprendre sans mots tout ce que j’avais décidé d’aborder, les rapports aux parents, les envies, les peurs.

En tout cas, je ne suis pas partie de la différence de l’héroïne pour écrire l’histoire. Elle aborde les événements de manière un peu particulière, évidemment, mais il ne s’agit pas d’une histoire sur la surdité.

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Image extraite de l’Ecorce des Choses © Cécile Bidault

 

C : D’où est partie l’initiative de cet album ?

C.B : Je ne sais plus vraiment, c’est un projet dont j’ai eu l’idée il y a longtemps. Je crois qu’au début, j’avais quelques images en tête, des scènes avec une petite fille en pleine campagne, quelque chose de très bucolique, haha. Il y a des personnages qui ont disparu, l’histoire a beaucoup évolué, mais quand l’idée d’en faire une bd muette m’est venue, le fait que la petite fille allait être atteinte de surdité s’est imposé assez rapidement.

 

C : Dans la bande dessinée tout comme dans le dessin animé, on peut noter un détail : le dessin animé ne comporte aucun phylactère, le seul texte présent étant situé en haut des cases et ne relatant que les pensées de l’héroïne. Quant à l’adaptation cinématographique, elle n’a d’autre son que le vent dans les arbres. Ce système a-t-il été mis en place pour suivre l’histoire depuis le point de vue interne de la fillette ?

C.B : C’était très important pour moi, que tout soit perçu du point de vue de la petite fille. Quand il y a une discussion, ou un événement particulier, il lui manque toujours des informations et elle vit mal ce décalage avec ses parents, les gens qui l’entourent.

Au final, elle parvient à s’affirmer avec ses propres armes, mais je tenais à ce que le lecteur n’en sache pas plus qu’elle et progresse dans l’histoire à son rythme.

: Cette idée du passage de la bande dessinée au dessin animé est-elle de vous ? Si oui, comment vous est-elle venue ?

C.B : En septembre dernier je travaillais sur mon projet de fin d’étude, et j’avais des doutes sur mon idée initiale. J’avais déjà bien avancé sur l’Ecorce des choses, alors une amie m’a fait remarquer que l’adapter pouvait être une bonne idée. Au final, la bande dessinée fait une centaine de pages et le court métrage sept minutes, alors il a fallu faire des choix, sélectionner les plans, adapter un peu le graphisme, mais j’ai adoré faire bouger mes personnages !

C : À quel(s) public(s) en particulier s’adresse cette œuvre?

C.B : Je n’ai pas destiné cet album à un public en particulier, j’espère qu’il pourra plaire aux jeunes comme aux moins jeunes ! À travers la surdité, j’essaie d’y parler de différence et du fait de dépasser cette différence, ce sont des thèmes universels.

C : Etait-ce important pour vous de traiter un tel sujet ?

C.B : Oui. C’est un thème très actuel.

Image extraite de l’Ecorce des Choses © Cécile Bidault

C : Vous avez créé deux sites ; le premier, Le Cri du Crabe, est un blog sur lequel vous publiez vos dessins en particulier. Sur le second, L’Écorce des choses, vous publiez des dessins extraits de vos planches de votre BD à venir. Pouvez-vous nous parler de ces blogs ? Quand les avez-vous créés, et d’où vient ce nom de Cri du Crabe ?

C.B : J’ai créé mon premier blog il y a six ans environ. Le Cri du crabe est un nom que j’ai choisi pour sa sonorité, il n’y a pas de signification précise.

L’autre blog est plus récent, il date de septembre dernier et m’a permis de mettre en ligne des extraits de la bande dessinée et du court métrage au fur et à mesure de l’avancée de ces deux projets.

C : Projetez-vous de créer une nouvelle œuvre prochainement et, éventuellement, son adaptation en dessin animé ? Quel serait alors le thème ?

C.B : J’ai un projet de bande dessinée animée qui serait une nouvelle occasion de concilier les deux domaines, mais c’est encore très vague. Ça parlera de cauchemar.

C : Avez-vous un conseil à donner aux jeunes qui rêvent de se lancer dans le dessin ?

C.B : Les concours de BD sont de bonnes opportunités. Il y en a d’autres, mais je pense par exemple au concours de la BD scolaire du Festival international de la BD d’Angoulême.

Pour en savoir plus sur Cécie Bidault :

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