La religion, parlons-en !

Si je décide d’ouvrir aujourd’hui un travail sur la religion, c’est que j’ai été confronté à une réflexion sur le sujet. Un des exercices qui est proposé à tout scout de tradition catholique, consiste à s’isoler pour rédiger une lettre à soi-même, restituée un an plus tard encore scellée, dans le but de prendre conscience de son cheminement. Cette lettre donne notamment l’occasion de s’interroger sur sa position vis-à-vis des autres et de Dieu. Il y a un an de cela, je rédigeais la mienne. Ce temps d’introspection s’est trouvé laisser une réflexion ouverte en constante évolution. Il y a peu j’ai récupéré cette lettre et l’ai relu attentivement.

Il s’agit d’un objet personnel et précieux. Mais pour mieux introduire le cycle religieux que je me propose d’entamer, il me paraissait judicieux d’en recopier un extrait :
« Les Hommes se sont imaginés Dieu comme un idéal, une sorte de perfection de notre propre nature. C’est ainsi qu’en disant servir Dieu, les croyants s’efforcent de tendre vers cet idéal. ». Cette réflexion, que j’avais écrite il y a un an, demeure assez proche de ce que je pense aujourd’hui encore, à savoir que croire en un idéal, incarné ou non dans la personne d’un être supérieur, est une bonne chose. Et plus le temps passe, et plus cette réflexion mûrit et suscite mon intérêt pour la question religieuse. J’espère qu’elle vous intéresse aussi.

 

© Par Sbw01f — Self made, data from 2009 Gallup poll., CC BY 3.0

Ce que je connais de la religion ? Pour être tout à fait honnête, pas grand-chose. Mais j’estime suffisamment pour être révolté. Y a-t-il besoin de connaitre par cœur tous les hadiths pour juger de la dangerosité des dérives extrémistes de l’islam ? Y a-t-il besoin d’avoir lu tous les évangiles pour s’offusquer de la remarquable concentration de la pédophilie chez les clercs catholiques ?

Rien n’est parfait, je le sais bien. Mais quand on me vend des préceptes comme étant ceux à suivre pour atteindre la perfection et donc le Paradis, j’attends du comportement de ceux qui les transmettent qu’il soit irréprochable. Et surtout que ces préceptes soient dignes d’inspiration. « Dans l’enfance la femme doit être dépendante de son père, dans sa jeunesse de son époux, et si son mari est mort, de ses fils ; elle ne doit jamais jouir de l’indépendance » Sloka 5.147, 5.148. Cette leçon de l’hindouisme est assez loin d’un monde où tous les Hommes naissent libres et égaux en droit. 

Mais après tout, c’est peut-être ça le monde des religions. Un monde où tous les êtres ont des places bien définies dès leur naissance et qui sont fonctions de leur milieu social et de leur sexe. Un monde où il faut obéir à des lois aussi strictes que rétrogrades, sous peine de punitions divines et, pire encore, humaines. Un monde où il faut continuellement courber l’échine devant un Dieu qui n’aime pas ses « créations ». 

Car oui, Dieu n’aime pas les Hommes. Et j’en veux pour preuves que malgré le grand nombre de personnes qui s’en remettent à lui, à travers leurs prières, rien ne change. Les catastrophes naturelles tuent toujours. Les maladies tuent toujours. Les guerres tuent toujours. Dieu ne remplit pas sa part du contrat, je ne vois pas pourquoi je devrais remplir la mienne.
C’est vrai après tout, personne ne l’a obligé à créer l’Homme. C’est exactement comme quand un enfant demande à ses parents un nouvel animal de compagnie et à ces derniers de rétorquer : « tu en voulais un, maintenant tu t’en occupe ». C’est un peu facile de créer le monde en sept jours, et de le laisser à l’abandon pendant l’éternité. Depuis la Création, qu’a-t-il fait Dieu ? A part punir les Hommes et déléguer son travail à des « prophètes », pas grand-chose. 

Alors, sans affirmer avec certitude que Dieu n’existe pas, permettez-moi de douter. Ou au minimum, de remarquer le peu de motivation qu’il a à entretenir ce qu’il a lui-même conçu.

Je peux comprendre que certains aient besoin de la foi. Et par certains côtés, la cérémonie religieuse est même plutôt bénéfique de par l’esprit de solidarité et de vie en communauté qu’elle véhicule. Si je peux me permettre de dire cela, c’est bien parce que je vis dans un pays où la religion n’est plus une institution de première importance et où un certain nombre de libertés individuelles sont acquises. Mais ce qui est intolérable, c’est quand cette religion est omniprésente, corrompt la politique et s’insinue jusque dans la vie privée des individus. Si je me permets de critiquer la religion, tout en reconnaissant ses aspects positifs, c’est que je me considère comme agnostique. La définition que l’on pourrait en donner est que celui qui est agnostique s’intéresse à la religion en doutant de l’existence de Dieu, sans choisir délibérément l’une ou l’autre option. Il s’instruit des différents points de vue et, contrairement à l’athée, il admet le bénéfice du doute et respecte les croyances de chacun. Pour moi, c’est une position parfaite pour analyser et décortiquer la religion : ni dedans ni dehors, la vision n’est pas obstruée.

Pourquoi alors parler de religion ? Parce que cette question nous concerne tous. Parce qu’elle est souvent au cœur de l’actualité. Parce qu’il s’agit d’un débat qui existe depuis très longtemps et qui n’aboutit pas sur une vérité universelle. Parce qu’elle a plein de défauts, mais aussi des qualités qu’il est bon de relever. Parce que je suis dans un pays libre, qui me permet d’en parler. Alors pourquoi s’en priver ?

Enfin, je ne prétends aucunement détenir la vérité concernant Dieu. Et je ne me permettrai jamais de jouer les donneurs de leçons ou d’essayer de convaincre, car cela supposerait que mon opinion soit la seule valable. Et d’ailleurs mon opinion n’a que peu d’importance, restons objectifs.

                                                                                                                                               A suivre …

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