Ksenia Sobtchak, opposition ou poudre aux yeux ?

Le 17 octobre dernier, la jeune femme à la fois journaliste, femme politique, mannequin, et animatrice a annoncé sa volonté de se présenter aux présidentielles imminentes en Russie. Une candidature qui divise médias et opinion publique.

Ksenia Sobtchak a 35 ans et remplit pleinement le dernier critère pour pouvoir se présenter à la présidence de la fédération de Russie. Ancienne étoile de téléréalité, fille d’Anatoli Sobtchak (premier maire élu démocratiquement à Saint Pétersbourg, coauteur de la constitution Russe et ancien mentor de Vladimir Poutine) s’est engagée depuis peu dans la politique interne de son pays.

L’annonce de sa candidature à la présidentielle de 2018 a suscité des réactions diverses et variées. En effet Ksenia Sobtchak marche sur les plates-bandes d’Alexeï Navalny. Celui-ci, récemment libéré de sa détention suite à la participation à une manifestation illégale a confirmé son souhait de se présenter à l’élection présidentiel en tant que principal opposant à « Russie unis » (le Parti gouvernemental). Certains opposants au pouvoir dénoncent une manipulation menée par Vladimir Poutine (proche de Ksenia Sobtchak) afin de diviser les voix des « libéraux ». Cependant, on peut se demander en quoi cela servirait les intérêts du Kremlin quand le président surpasse allègrement les 80% d’opinion favorable et ceux autant selon des sources indépendantes que gouvernementales. D’ailleurs la candidate a démenti ces accusations.

Alexeï Navalny, opposant à Vladimir Poutine © Yuri Kozyrev for TIME 

Elle prône une Russie plus moderne, ouverte et occidentalisée. Nous retrouvons ici l’habituel candidat attaché à la liberté qui, quand on l’interroge sur le terrorisme, répond sur l’expression. Ksenia Sobtchak utilise une rhétorique peu virulente et utilise plus le mot « influence » que « combat ». En effet, ne voulant pas entrer dans une rhétorique d’opposition pleine et entière au Kremlin, elle parle ainsi à un électorat plus vaste, mais divisé entre réels opposants, et simple soutien du gouvernement actuel, mais en quête de changement.
Cependant, en se disant la candidate du « vote contre tous », elle se place en contestataire, et l’affirme même dans sa lettre ouverte.  » Voter pour moi sera une opportunité légale et pacifique de dire assez ». On peut se poser la question de la contradiction entre son slogan et sa rhétorique. En se rapprochant de l’échéance et de la pleine campagne, on en saura sûrement plus sur cette candidate qui pose question.
Toutefois, nous pouvons dire que sa candidature n’est qu’une poussière sans effet sur le gouvernement actuel, sa candidature ayant même été félicitée par le Kremlin, mais pourrait peut-être diviser une opposition faible, mais bien réelle.

Vladimir Poutine n’a pas encore annoncé sa candidature très attendue. S’il le fait et est réélu, ce mandat serait selon toutes évidences son dernier, de quoi clôturer une majestueuse carrière inspirante pour des jeunes du monde entier même si on se doute bien que le Kremlin, est plus aisé à quitter, que le pouvoir.

 

Photo à la Une : Mladen ANTONOV / AFP

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