Thibault Cheval « La slackline nous apprend à dépasser nos peurs. »

Ce mois-ci, nous avons rencontré Thibault, un sportif qui pratique entre autre le slackline. Rencontre avec un passionné !

Peux-tu nous expliquer en quoi consiste ton sport ? 

La slackline est la version moderne du funambulisme, à la différence qu’on ne marche plus sur un câble mais sur une sangle plus ou moins élastique. Cette sangle peut être tendue près du sol entre deux arbres, au-dessus de l’eau, ou en l’air entre deux falaises.

Depuis combien temps pratiques tu ? 

 J’ai commencé à pratiquer la slackline fin 2011, puis la highline quelques mois après, en Avril 2012.

Qu’est ce qui t’a donné envie de faire ça et qu’est-ce que tu aimes dans ce sport ? 

 J’ai découvert ce sport au travers du film I Believe I Can Fly (Flight of the Frenchies) que des amis ont réalisé en 2011, on y voit principalement de la highline et du BASE jump. C’est ce film qui m’a fait découvrir ces deux activités et m’a donné envie de m’y mettre.
Il y a beaucoup de choses intéressantes dans ce sport: tout d’abord il permet de se dépasser. Il est impossible de se mentir sur une highline, si le mental n’est pas là, le corps ne suit pas. Il faut donc apprivoiser ses peurs, apprendre à les dépasser, pour pouvoir en faire abstraction le moment venu.
Ensuite, et c’est un point important pour moi, c’est un sport qui se pratique dehors, dans des endroits magnifiques, et, pour moi, la slackline apporte une dose d’élégance supplémentaire à l’environnement dans laquelle on l’installe.

 

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© Thibault Cheval

 

As tu conscience de la prise de risque ? Si oui te fait -elle peur ou apprécies-tu ça ? 

Pour ce qui est de la prise de risque, ça peut sembler dur à croire mais ce n’est pas vraiment un sport dangereux. En effet on a beau se trouver en hauteur, on est attaché, et tout est doublé (les amarrages, la sangle…). En revanche, certaines personnes choisissent d’enlever une partie des sécurités pour rajouter quelque chose à la traversée. On peut soit enlever le matériel de sécurité, en l’occurrence le baudrier, auquel cas la chute est interdite car mortelle, soit installer la sangle dans des endroits plus difficile d’accès, comme en montagne, avec des risques objectifs (chutes de pierres, avalanches…) et des installations potentiellement plus précaires. En ce qui me concerne j’apprécie marcher sur une ligne en sécurité, avec comme seul challenge celui d’arriver au bout sans tomber. Mais de temps en temps, pas trop souvent, j’aime rendre la traversée plus pimentée. Pour cela j’installe des lignes plus courtes que ce que j’ai l’habitude de faire, une longueur sur laquelle je me sens particulièrement à l’aise donc, et soit je vais l’installer en montagne où les installations sont plus complexes et la pratique moins aseptisées, soit j’enlève mon harnais sur des lignes très courtes et faciles.
Du coup oui, je suis conscient des risques que je prends, mais je les prends quand j’ai envie de les prendre, quand je me sens bien. La peur, elle, reste dans un coin mais il ne faut pas la laisser prendre le dessus, et rester présent dans l’instant pour anticiper une potentielle chute, par exemple.

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© Thibault Cheval

T’arrives-t-il d’avoir peur ou d’avoir le vertige ? Si oui comment arrives-tu à l’apprivoiser ? 

J’ai souvent peur oui, dans une mesure raisonnable, mais la peur est là, et c’est tant mieux car c’est elle qui me fait rester vigilant quand j’ai besoin de l’être.
Pour apprivoiser ma peur je rationalise ce que je fais, l’endroit dans lequel je le fais, la difficulté de ce que je fais, pour mettre en évidence le fait que je suis capable de le faire si je reste concentré.

T’es-tu déjà mis en danger ? 

 Je me suis déjà mis en danger oui. D’une manière différente de quand je prends volontairement un risque calculé. Il m’est arrivé d’être en danger sans l’avoir prévu, d’avoir mal estimé mes capacités, et c’est une sensation assez désagréable. Par la suite je m’en veux beaucoup d’avoir agis de la sorte et en général la leçon est vite retenue.

Que ressens-tu quand tu fais du funambulisme ? 

 Quand je suis sur la sangle en train de marcher je suis incroyablement concentré, présent dans le moment à penser à mon corps, mon équilibre, l’environnement, etc… En découle beaucoup de plaisir une fois que la traversée est finie et que la concentration se relâche.

Enfin quel sont tes petites « techniques  » pour te concentrer et y arriver ? 

Je n’ai pas vraiment de technique particulière, j’en ai juste beaucoup fait, et c’est devenu presque naturel.

Suivez les aventures de Thibault sur sa page facebook !

Photo à la Une : 150m à Parriot Mesa, Moab, Novembre 2015. © : Faith Dickey./Thibault Cheval

 

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