Au cœur de la République

Entre toutes les nécessités du temps présent, entre tous les problèmes, j’en choisirai un auquel je consacrerai tout ce que j’ai d’intelligence, tout ce que j’ai d’âme, de cœur, de puissance physique et morale, c’est le problème de l’éducation du peuple. – Jules Ferry, 1832-1893.

 Puissions-nous imaginer qu’il y eut un temps où l’enseignement fut autant respecté que la magistrature ? Celui-ci étant un pilier de la République, un pilier de la démocratie, il ne pouvait qu’être admiré de tous, car il nous honorait en nous transmettant à tous l’instruction de notre pays et de notre monde. Un pied dans une école, c’est un pied au coeur même de la République. Mais cette République perd son importance face au mépris. Un mépris hiérarchique autant qu’un mépris extérieur à l’éducation. Ce métier, qui était si prisé à l’époque, tombe aujourd’hui en ruine, entre les mains des jurés de la grille et celles de la défense, devenant accusatrice. La cours d’école n’est plus un lieu de loisirs pour les apprentis de la République, mais un lieu de bataille pour les mamans intrusives. Les dénonciations calomnieuses, le harcèlement moral, les intrusions dans l’enceinte de l’établissement scolaire, l’intimidation et l’outrage sont des crimes et délits contre la nation, l’État et la paix publique, dont sont victimes bon nombre d’enseignants en France actuellement. La question essentielle n’est malheureusement plus l’avenir des enfants aux yeux des jurés de ce tribunal en plein air. Désormais, c’est l’enseignement des enseignants qui est devenu une priorité. Chaque parent doit apprendre à l’enseignant comment enseigner, comment se tenir et comment surveiller. Il est inadmissible d’avoir diplômé cet instructeur de la République alors que Madame Dupont fait bien mieux son travail de l’autre côté de la grille. Ne pensez-vous pas de même madame ? Ne pensez-vous pas de même monsieur ? Non, bien sûr que non, il était bien trop évident que ce qui est écrit juste au dessus soit un sarcasme un peu trop accusateur, ou du moins, dénonciateur. Que fait le supérieur de ce corps enseignant qui se sent constamment oppressé par l’opinion de la rue ? Que font les syndicats d’enseignants pour aider ces fonctionnaires à survivre au harcèlement moral et aux agressions quotidiennes ? Il y a, depuis 20 ans maintenant, des fonctionnaires méprisés par des étrangers à la fonction.

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« Outre la transmission des connaissances, la Nation fixe comme mission première à l’école de faire partager aux élèves les valeurs de la République. » – Code de l’Éducation, Article L111-1, Chapitre Ier, Titre Ier, Livre Ier.

L’enseignant n’a pas de patron. Son supérieur c’est l’Etat en lui-même, représenté par des académies dispersées dans chaque département de notre État. Les représentants directs provenant des académies sont d’une certaine façon des dirigeants pédagogiques pour les instructeurs. Également, étant leurs représentants, lorsqu’un corps enseignant est attaqué, ce représentant a le devoir de le défendre. Mais en est-il toujours le cas chers lecteurs ? Non. Il est malheureux de constater que l’enseignant attaqué doit soit se taire face à l’humiliation des jurés, soit dissimuler ces conditions de travail, assassins pour le moral, sous un accident du travail. Où est la morale ? Où est la justice ? Est-ce juste d’empêcher un être humain de faire son travail ? Nous sommes désormais dans une période de conflits émergeants de toute part dans la vie française. Dans les rues se révoltent les français en colère contre le patronat, des français en colère contre la loi, des français en colère car ils se sentent délaissés par l’Etat. On les y autorise. Alors pourquoi n’autorisons-nous pas les enseignants à parler, à exprimer la souffrance qu’ils éprouvent à cause de méprisants de la République éducative ? L’école est la fondatrice de notre future. Elle forme les futurs votants, les futurs diplômés et les futurs citoyens. Si l’école est si méprisée, alors les futurs citoyens seront-ils des citoyens moraux ? Si vous tenez à l’éducation de vos enfants, si vous tenez aux valeurs de la République, pensez-y. L’école est le fondement même de la République.

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