Coup de théâtre en Arabie Saoudite

Depuis nos sociétés sud-occidentales, nous regardons de haut les corruptions quasi publiques et les abus de pouvoir assumés qui forment le quotidien de nombreux pays. En effet, le prix à payer pour accéder à nos sociétés sud-européennes, où la corruption et les abus de pouvoir son permanent mais ombragés, est celui du sang. Un certain nombre d’États ont dès lors axés leurs efforts sur la réussite de cette transition de « l’ombragé » vers « l’assumé », et l’Arabie Saoudite a depuis peu fait ce choix sous l’impulsion du nouveau prince héritier Mohammed ben Salmane Al Saoud.

Ce jeune prince de 32 ans, adoré de son père le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, est déjà ministre de la défense et depuis peu chargé d’une commission anticorruption qui prend des proportions démesurées. Tout commence au mois d’octobre : l’héritier affirme qu’il souhaite développer une Arabie et un islam plus « modéré » et ainsi entrer en rupture totale avec le passé de son pays, principal exportateur du wahhabisme (islam rigoriste qui représente le véritable islam). ABS (de son surnom) a déjà entrepris plusieurs évolutions en ce sens, notamment le droit de conduire pour les femmes ou encore des projets fous de construction d’iles touristiques au large de la côte qui serait séparée de toute pratique religieuse et donc ouverte au monde. Nous voyons également ici une tentative d’affranchir l’Arabie Saoudite de sa dépendance de l’or noir. Cependant le prince ne s’arrête pas là, de nombreuses entreprises se sont fait privatiser, et dans la quête d’une modernité à l’Occidentale le pays tend également à changer de position sur la scène internationale, notamment à travers un rapprochement avec la Russie.

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La prison dorée des grands héritiers © FAYEZ NURELDINE / AFP

Tous ces bousculements ont provoqué la colère de plus d’une personnalité influente du pays de tous bords. Dans le champ de compétence de la fameuse commission anticorruption, le gouvernement a procédé à un grand nombre d’arrestations de personnalités influentes opposées au prince héritier, notamment le puissant milliardaire Al Walid ben Talal. Ainsi suite à ce qui fut nommé « la purge » le gouvernement détient prisonnier plus d’une trentaine de hautes personnalités du pays dont onze princes, dans l’hôtel 5 étoiles Ritz-Carlton à Riyad. Suite à ces arrestations et en particulier celle d’Al Walid ben Talal, l’indice Tadawul (indice de la bourse saoudienne basée à Riyad) a connu une forte baisse avant de réaugmenter très récemment.

Dans ce Moyen-Orient floué, il peut être très difficile de voir les tenants et aboutissants de la situation actuelle, entre raisons religieuses notamment en lien avec les tensions arabo-iranniennes, et avec le doute planant sur la situation du Liban. Cependant je vais conclure sur une chose simple. Il est clair qu’une partie de la classe politico-économique saoudienne tend à s’occidentaliser et à travers ce processus à gagner en indépendance et en puissance notamment économique, alors nous sommes en mesure de nous demander si le modèle iranien, basé sur le monde perse, n’est pas une solution meilleure pour la région. Finalement, comme l’Arabe Saoudite devrait s’inspirer de son voisin du nord est, nous devrions faire de même avec le nôtre.

 

Image à la Une : © Saudi Royal Palace/AFP/File

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