Un château contre un logement

Je prends ma plume ce soir pour vous parler humanité. Ce soir, depuis 18h, de jeunes mineurs migrants sont passibles d’expulsions. Depuis fin novembre, le Château du Tertre à Nantes ainsi que le sous-sol du bâtiment Censive sont occupés. Mais aujourd’hui, la faculté a décidé de poser un ultimatum, exigeant l’évacuation du château du Tertre, laissant ainsi un certain nombre de jeunes étrangers à la rue.

Vous me direz, cette occupation est illégale. Je suis d’accord avec vous. Mais là, il ne s’agit pas d’occuper un bâtiment pour s’opposer à une loi. Il s’agit d’offrir un peu de dignité humaine à des gens qui ont fui leur pays pour X ou Y raison. Des gens qui, en plus, ont l’obligation d’être accueillit par les départements. Mais on ne veut pas les voir. C’est pour cela que les jeunes des universités de Nantes ont décidé de se saisir du problème, voyant l’inaction des pouvoirs publics. Ils ont d’ailleurs organisé samedi dernier une manifestation dans le centre de Nantes, encadrée par de nombreuses forces de police, pour dénoncer ce problème, accompagné par l’intersyndicale. Malgré cette démonstration, aucune réaction de la part de la présidence de l’université.

Lundi dernier, une bande d’une dizaine de fachistes sont même venus au château armés de matraques pour faire peur à ces occupants du château, allant même jusqu’à les menacer de mort. Là encore, aucune réaction de la part de la présidence de l’Université… Pourtant là-dedans, la vie s’organise, une vrai vie en communauté s’est créée. Des cours sont proposés, des jeux, des discussions, et surtout une communication se déroule, entre des personnes isolées, que l’on ne saurait voir, et des étudiants, voulant seulement faire le travail des institutions. Mais ce travail pourrait être détruit dès ce soir. Alors il faut se mobiliser. Des contacts sont déjà créés avec Lyon, Rennes. Mais c’est un problème qui est national, un problème de solidarité humaine ! Les centres de secours sont débordés, les mineurs n’y sont pas en sécurité ! Même les squats sont obligés de refuser des personnes ! Et malgré tout, la seule solution qu’on leur propose, c’est de retourner à la rue ! Alors vu que les institutions ne bougent pas, si la société civile ne se mobilise pas, qui le ferra ?

Des discussions ont déjà été tentées avec l’Université. Sans succès. La condition des occupants, à savoir l’ouverture d’une dizaine de salles en Censive pour accueillir les migrants habitant actuellement au Château, a été refusée. La Présidence, quand à elle, promet un possible relogement si les étudiants, le personnel, les professeurs ainsi que les migrants, quittent le Château sans heurts. Pour ma part, je trouve ce chantage tout bonnement affreux…

Donc ce soir, les étudiants restent mobilisés, organisant des tours de garde, guettant l’arrivée des CRS qui pourrait se faire d’un instant à l’autre. Mais si les médias nationaux en parlaient, et pas seulement du point de vue « c’est illégal », si d’autres facultés agissaient et étaient rejointes par d’autres mouvements, peut-être pourrait-on changer les choses. Après tout, mai 68 n’est pas si loin que cela…

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