Nelson Mandela ou le combat pour la liberté

Il y a 18 ans, le 11 février, Nelson Mandela était libéré en Afrique du Sud. Cela faisait 27 ans, 6 mois et 6 jours que le dirigeant du Congrès National Africain et futur dirigeant de l’Afrique du Sud croupissait en prison. Cela faisait 27 ans qu’il n’avait plus rien vu d’autre que les murs de sa cellule de Robben Island puis de Pollsmoor. Il est rentré à 45 ans, il en est sorti à 72. Les images font le tour du monde et montrent un Mandela heureux mais hésitant, tenant la main de sa femme Winnie Mandela, le point levé, marchant sur quelques centaines de mètres, libre…

Nelson Rolihlahla Mandela, dit Madiba, vous le connaissez sûrement. Mort en 2013, c’était l’un des personnages historiques les plus connus, de par son nombre d’années passées en prison, son combat contre l’apartheid mais aussi car il est le premier président élu en Afrique du Sud par tous les habitants, noirs et blancs réunis. Tout un symbole donc. C’est aussi quelqu’un dont le prénom indiquait dès la naissance sa destinée, puisque Rolihlala signifie « Fauteur de trouble » Mais Madiba, c’est aussi l’histoire d’un fils de chef de village d’une tribu d’Afrique du Sud, qui s’est lui même retrouvé exilé de son propre village pour s’être mis à dos les autorités blanches du pays. Alors oui, le petit Nelson, il avait de qui tenir ! Nelson fut aussi le premier de sa famille à recevoir une éducation, autrement dit, à aller à l’école. C’est d’ailleurs dans cette école qu’il reçu son prénom anglais, chose courante à l’époque : Nelson. Il se révèle d’ailleurs très doué à l’école, puisqu’il reçoit son diplôme du Junior Certificate, l’équivalent de notre bon vieux brevet des collèges français en 2 ans au lieu de 3 ! Il ira par la suite dans une école protestante à Fort Beaufort puis dans l’université de Fort Hare, où il étudie le droit. C’est à cette période qu’il commence à adhérer aux idées non-violentes de Gandhi mais aussi qu’il va rencontrer nombre de ses futurs compagnons d’arme dans le CNA. Après ses études, il fut l’un des premiers avocat noirs de Johannesburg. Et oui, même jeune, Nelson Mandela était déjà quelqu’un qui faisait bouger les lignes !

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Nelson Mandela brûle son passeport intérieur, rendu obligatoire pour les hommes noirs par le régime politique de l’apartheid. Photo prise par Eli Weinberg (1960)

Mais Nelson Mandela, c’est aussi celui dont le combat pour l’égalité l’a fait être accusé de terrorisme et qu’on a désespérément essayé de faire oublier et de faire plier derrière le matricule 46664. Qui cassait des cailloux dans la cour de la prison. Qui, en tant que prisonnier politique noir de surcroît, recevait des rations ridicules et était isolé des autres. Mais qui, depuis sa prison, n’a jamais cessé de se battre et de faire parler de ses idées. Mais après tout, n’était-ce pas celui qui disait « je ne perds jamais. soit je gagne, soit j’apprends »  et qui récitait jour après jour le poème Invictus (Invaincu) ? Mais c’est surtout là-bas qu’il développe son pouvoir de conciliation, qui lui servira par la suite en tant que président. Au lieu de durcir son combat face aux conditions inhumaines et aux humiliations qu’il subissait, il a au contraire cherché à comprendre ses ennemis, à apprendre leur langue et leur façon de faire.

« Le pardon libère l’âme, élimine la peur. C’est pourquoi il est une arme si puissante » Nelson Mandela

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Frederik De Klerk et Nelson Mandela en 1992 au Forum économique mondial de Davos (Suisse). / (World Economic Forum / Flickr CC)

C’est donc le 2 février 1990 que le président de Klerk annonce la libération de celui qui est devenu un symbole de l’égalité à travers le monde. Mais il ne fut libéré qu’une semaine après, sous l’oeil des caméras, des photographes et des journalistes du monde entier, sans un mot. Ses mots, il préfère les garder pour la conférence qu’il a prévu le soir même. Un discours pendant lequel il appelle à une conciliation avec la minorité blanche d’Afrique du Sud, qui redoute la population noire et le mélange des races. Mais un discours qui appelle aussi et surtout à l’égalité de droits entre noirs et blancs et à la fin de la ségrégation, son cheval de bataille depuis le début. Dans les rues de Soweto, de Johannesburg, des scènes de liesses, de danses, de fêtes dans les rues. Mais à coté de cela, il y a aussi des scènes de pillage dans les magasins, et de la peur dans le regard des afrikaners. La fracture sociale et l’incompréhension restent encore présentes. Autant dire qu’au lendemain de sa libération, le grand Nelson Mandela n’en est encore qu’au début de son combat…

Et pour vous, deux bandes annonces

Goodbye Bafana, le film de Bille August, sorti en 2007 :

Invictus, le film de Clint Eastwood, sorti en 2010 :

 

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