#JIES – 250 000 mineurs sont encore aujourd’hui, en 2018, des « enfants-soldats »

Lundi 12 février 2018. Journée internationale des enfants soldats, depuis 2002, date à laquelle est entré en vigueur le « Protocole facultatif de la Convention des droits de l’enfant relative à l’implication des enfants dans les conflits armés« . A ce jour, ce sont 105 pays qui ont ratifié ce protocole. 

250 000. C’est le nombre d’enfant-soldats. Leur recrutement ne cesse pas quand bien cela représente, depuis 1998, un crime de guerre. Ces mineurs ont été embrigadés, kidnappés, ou bien volontaires, dès leur plus jeune âge, pour participer à la guerre, formatés au combat. Innocence perdue à jamais. Leur vie en sera changée pour toujours. Leur vie est rythmée au son des balles, couvrant alors les sanglots des familles, menacées, isolées, impuissantes, disparues.

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© Photo/PeterMantello pour amnistie.ca

Alors que mes activités se résumaient à regarder mes dessins animés préférés, à lire Tom Tom et Nana, à aller à l’école, à faire du vélo, à jouer avec mes poupées, à manger, rigoler, parler avec mes frères et sœurs et mes parents, d’autres enfants, aux quatre coins du globe, avaient et ont d’autres préoccupations. Parmi celles-ci, ne pas se faire tuer, rester en vie, et ce, coûte que coûte. Je m’en veux. Je m’en veux d’avoir savouré mon enfance, mon innocence et mon insouciance alors que d’autres n’ont pas eu cette possibilité. Cette chance.

Selon un rapport de l’Unicef de 2016, 20 pays recrutent toujours des enfants soldats, à savoir l’ Afghanistan, la République centrafricaine, la République Démocratique du Congo, l’Irak, les territoires palestiniens, le Liban, la Libye, le Mali, la Birmanie, la Somalie, le Soudan du Sud, Soudan, la République arabe syrienne, le Yémen, la Colombie, l’Inde, le Nigeria, le Pakistan, les Philippines, la Thaïlande, avec une présence ou non de l’Organisation des Nations Unies (ONU).

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© France Culture.

Ces jeunes filles et garçons sont plus ou moins impliqués dans les combats, directement ou indirectement à proximité des balles. Par exemple, « 30% des membres des groupes armés dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) sont des garçons ou des filles mineurs« , livre le même rapport de l’Unicef. De manière générale, ils peuvent être combattants, cuisiniers, coursiers ou encore esclaves sexuels. La situation du pays en général, ou bien celle familiale peut pousser à un jeune à rejoindre volontairement les conflits pour quitter cette vie qui n’est que misère, pauvreté, difficulté. D’autres raisons peuvent aussi rentrer en compte, telles que le désir de vengeance. Certains, à l’inverse, sont arrachés contre leur gré, de leur cadre de vie, kidnappés, menacés.

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Des enfants-soldats en République Démocratique du Congo. © Congo Actuel.

Souffrances physiques, psychologiques, mentales. Torturés, violés, privés d’Humanité. Traumatisme et séquelles irréversibles. Ces années passées à proximité des forces armées et des groupes rebelles sont irremplaçables et laissent à tout jamais des cicatrices, même invisibles. C’est pour cela que l’Unicef a mis en place différents projets pour continuer dans son objectif de défense des Droits des enfants. Dans son dossier, l’Unicef explique qu’il existe différents programmes, notamment de libération (« libérer les enfants-soldats, y compris pendant un conflit armé« , de réinsertion (« donner aux enfants-soldats accès à l’enseignement, à une formation professionnelle, à un emploi, etc. (…) Préparer la réintégration de ces enfants dans leurs communautés, dans la vie civile.« ), de prévention (« en venant en aide aux enfants vulnérables (orphelins, n’ayant pas accès à l’école, à la rue…), nous empêchons qu’ils croisent un jour la route d’une milice armée« ), de prévention contre le recrutement (« promeut un cadre légal qui interdit le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les groupes et forces armés, notamment à travers la ratification et l’application du Protocole facultatif à la Convention internationale des droits de l’enfant concernant leur implication dans les conflits armés »). Sensibiliser est primordial, tout comme secourir ces jeunes êtres humains. Des aides psychologiques, tout comme des services de protection et de santé, sont également mises en place. 

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© Unicef

 Témoignages régionaux d’enfants-soldats, recueillis par Amnesty International : 

  • En RDC, en Afrique : « Lorsqu’ils sont venus dans mon village, ils ont demandé à mon grand frère s’il était prêt à rejoindre la milice. Il avait tout juste 17 ans et il a dit non ; ils lui ont tiré une balle dans la tête. Ensuite ils m’ont demandé si je voulais m’engager, alors qu’est-ce que je pouvais faire – je ne voulais pas mourir. » Un ancien enfant soldat enlevé à l’âge de 13 ans.  Témoignage réalisé par l’Unicef de Junior, ancien enfant-soldat en Centrafrique. 

  • En République tchétchène de la Fédération de Russie, en Europe : « La Russie nous a transformés en bétail. C’est ce qui pousse nos jeunes dans les bras du premier venu qui leur dit ‘Viens avec nous. » Mère en Tchétchénie.

  • En Colombie, en Amérique du Sud : « Ils vous donnent une arme à feu, et vous devez abattre votre meilleur ami. Ils font ça pour voir s’ils peuvent vous faire confiance. Si vous ne le tuez pas, votre ami reçoit l’ordre de vous tuer. J’ai dû le faire, parce que sinon j’aurais été tué. C’est pour ça que je suis parti. Je ne pouvais plus supporter tout ça. » Garçon de 17 ans, recruté par un groupe paramilitaire à l’âge de 7 ans, alors qu’il était enfant des rues.

  • En Irak, au Moyen-Orient : « J’ai rejoint l’armée du Mahdi pour combattre les Américains. La nuit dernière, j’ai lancé une grenade autopropulsée contre un tank. » Un garçon de 12 ans à Nadjaf, en 2004.

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