Mashi : « Les rêves sont les meilleurs amis des artistes »

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je suis Mashi, jeune dessinatrice de 22 ans. Je suis actuellement en formation pour être auteure dessinatrice de Bande-Dessinée, mais j’aimerai vraiment faire aussi des illustrations pour des jeux de société, jeux de cartes/ jeux de plateaux… Je suis le genre assez renfermée, et totalement concentrée sur ses passions et ses rêves.

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©Mashi

Comment décrirais-tu ton univers artistique ?

Je dirais que mon univers est basé sur la psychologie, et le fantastique. De base, je n’ai pas voulu, ou je n’avouais pas mon attrait pour l’univers fantastique, mais il me colle à la peau finalement. Par mes illustrations, je veux vraiment faire ressentir les choses que je veux exprimer. Pouvoir mettre en scène mes personnages, mes rebelles de la liberté, parler de la psychologie telle que je la vois, pas forcément correct ou mauvaise, mais simplement la mienne. Je veux surtout pouvoir aider les gens avec mes futurs projets.

Parle nous de ta relation avec le dessin (depuis combien de temps dessines-tu, pourquoi, comment ta relation avec le dessin a-t-elle évolué… etc)

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours dessiné. Petite on me donnait un crayon, et une seule feuille, je refaisais le monde sur ce bout de papier et ce, durant toute la journée. J’avais des rêves d’aller aux Beaux-Arts, alors que je n’étais qu’en maternelle, mais j’ai arrêté de dessiner vers le collège. J’ai surement été influencée par la société qui m’entourait, me décourageant dans mes rêves, après tout « le dessin n’est pas un métier » on me disait.

Mais après certaines épreuves difficiles, dont l’arrêt de mes études suite à des soucis de phobies et d’angoisses, j’ai simplement bouché mes oreilles, je savais ce que je voulais, et j’étais assez forte pour assumer mes choix.

J’ai évolué en dessinant tous les jours depuis que j’ai repris, vers mes 20 ans, tout ce que je voyais finissait dans un carnet. J’ai aussi investi dans le digitale. Je pense que mon observation a été la plus grosse aide à mon évolution, grâce à elle j’ai des millions d’images enregistrées dans un petit coin de mon cerveau.

Et pour finir, pourquoi je dessine ? Simplement car sans, je ne sais pas comment vivre.

 

Qu’est ce qui t’inspire au quotidien ?

C’est peut-être un peu trop « innocent » ou trop « puéril » je ne sais pas, mais quand je me réveille, la première chose que je fais c’est d’aller sur mon balcon, et de regarder le jardin. Été comme Hiver, ensoleillé comme pluvieux, j’aime être là, c’est ma source d’inspiration. Chaque émotion que je ressentirais sur ce balcon, assise, respirant l’air que l’on m’apporte, est importante, elle m’est utile dans ma quêtes d’inspiration pour la journée.

As-tu des modèles ? Des personnes/artistes qui influencent ton coup de crayon ?

Des personnes qui m’influencent j’en vois tous les jours, ça peut être bon comme mauvais, car parfois je vois une illustration, et je ne dessine plus du tout comme d’habitude, ces jours-là, je ne dessine pas. Mais j’en ai tellement des artistes qui m’ont influencée, que je ne peux pas les citer, dans la peur d’en oublier.

Des modèles j’en ai, bien sûr comme tout le monde, certains je les suis depuis des années, même quand je ne dessinais plus. (Comme quoi, j’ai toujours eu un lien avec le dessin.) Si je devais en citer deux trois, je parlerais surtout d’artistes qui font du semi-réaliste, ils m’ont également beaucoup influencée dans mon univers, tel que :Onorobo, Aldariia,  Loish :

 

Parle-nous d’un des dessins de toi que tu préfères

Mon illustration que je préfère de moi, est sûrement l’une des dernières. Dans quelques mois je risque sûrement de la détester, car j’aurais peut-être évolué encore d’ici là, aha. Mais c’est celui-ci, j’ai essayé d’y mettre qui je suis actuellement. Je ne sais pas si ça parlera à beaucoup de monde, ou si le message passera. C’est vrai que je ne parle jamais de mes dessins, car ça enlève un peu de mystère, mais pour celui-ci, ça ne me dérange pas tant que ça.

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©Mashi

Il est très sombre, sûrement dû à la mauvaise passe où je suis bloquée en ce moment, mais étrangement il y a toujours cette lumière, ce point de lumière qui montre que rien n’est toujours tout noir. Ce personnage veut simplement rester dans son obscurité voilà pourquoi il se cache, et n’ouvre pas les yeux. Et pourtant malgré cette obscurité, il a un visage « paisible », mais si l’on regarde bien, sur sa mâchoire, deux larmes sont dessinées, commençant dans l’obscurité.

Dans le coté lumineux, son visage est marqué, plus une corne, montrant simplement que, au fond, il a simplement vécu, faisant parfois des choses mal, parfois des choses bonnes, au final comme tout le monde.

Ce   personnage, est un personnage qui est récurrent dans mes illustrations, il est un peu mon moi, aha. C’est un jeune garçon tiraillé entre ses rêves et la réalité. Ce dessin n’est ni triste, ni joyeux. Il est simplement la vie, ses endroits sombre, ses endroits lumineux. J’espère que vous l’aimerez tout autant que moi !

Quelles sont les difficultés de la vie d’artiste selon toi ?

Je pense que la vrai difficulté, c’est de se lancer, et pour contrer ce qu’a récemment dit une certaine personne, être artiste c’est en fait, choisir son plan A.  C’est vraiment sauter les pieds joints dans les difficultés, car c’est être qui on est, et le montrer, s’exposer à la vue des autres. Le soutien est aussi une des difficultés, malheureusement, on n’en a pas autant qu’on voudrait, ou même qu’on a besoin. On doit alors compenser, et souvent on s’auto-soutient.

Il y a beaucoup d’autres difficultés très différentes les unes des autres, et d’un degré

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©Mashi

différent, mais la dernière sera sûrement la visibilité. On a peu de plateformes qui nous donnent toutes la visibilité dont on a besoin. Rien que récemment, les pages Facebook sont devenus très peu visibles : sur un peu plus de 1400 abonnés sur cette plateforme, quand je publie j’ai une portée de 100/200 personne, c’est très très loin des 1400 personnes.

 A côté, il y a les conventions, on n’y gagne pas sa vie, mais ça permet de faire beaucoup de rencontres, autant avec d’autres artistes, qu’avec des abonnés, ou avec des professionnels dans les éditions etc. Il y a quand même la contrainte de l’argent, payer sa place, être accepter, payer les frais d’impressions… Ça peut faire beaucoup, et la seule pensé qu’on a est : « Est-ce que je vais réussir à rembourser tout ça ? », on ne pense même pas au bénéfice, enfin, pour ma part, et pour celles des quelques artistes avec qui j’en ai parlé.

Que dirais-tu à un jeune qui a envie de se lancer dans la carrière de dessinateur ?

De croire en soi, et en ses rêves. Car les rêves sont les meilleurs amis des artistes ! Il y aura beaucoup de choses à surmonter, mais, qu’elles soient simples, ou compliquées, la récompense à la fin est toujours à la hauteur des difficultés. Pour moi, c’est beau d’avoir des difficultés, ça veut dire qu’on vaut la peine de continuer, et qu’on arrivera à tout surmonter, pour accueillir comme il le faut la petite fleur de gratitude que les embûches nous offrent.

Je lui dirais de ne jamais rien lâcher, et si tu n’y arrives pas, essaye encore, encore et encore. Je te promets que tu y arriveras. De ne pas écouter les critiques méchantes, données gratuitement, les seules à écouter sont les critiques constructives !

Et si je peux donner un conseil, quand je veux faire quelque chose, je pars toujours du principe que je sais le faire. Si je rate, je recommence, et je le refais le lendemain. Je sais qu’un jour j’en serais satisfaite

Y a-t-il un dessin/un projet que tu rêverais de faire ?

Les rêves, les objectifs, pour moi ce sont les mêmes choses, car tout est à la portée de tout le monde. Alors je parlerai dans cette question de dessin, et dans l’autre de mes projets.

Un dessin que je rêverai de faire ? Je ne sais pas trop, je dirais faire un dessin où j’exprime exactement ce que je ressens. J’essaie déjà à chaque illustration, mais je veux en faire une qui exprime à 100% ce que je veux montrer, dans son intégralité.

Quels sont tes prochains objectifs en tant que dessinatrice ?

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© Mashi

J’en ai plusieurs, certains se concrétiseront surement dans plusieurs années, d’autres plus tôt, j’espère, mais les voici :

Déjà être illustratrice de jeux de société, j’ai une idée d’un jeu bien en tête, je devrais dans les prochains mois faire une maquette test, et tester avec plusieurs personnes. Qui sait, peut-être que je me donnerais assez de courage pour le proposer à des éditions de jeux ? Mais dessiner pour les autres auteurs aussi m’intéresse  vraiment beaucoup ! Pouvoir mélanger les univers, et m’associer avec quelqu’un me plairait pour ce domaine.

Ensuite, j’aimerai créer le scénario, et les illustrations d’une bande dessiné, d’où ma formation, pour apprendre les codes et les mises en pages. Ce projet sera sur un thème très psychologique, je veux vraiment aider les autres, en confrontant les lecteurs avec la réalité. Parler de choses telles qu’elles sont, sans barrière, et avec une liberté totale.

Pour finir, j’aimerai réaliser un artbook, sur la vision des artistes, comment nous, artistes, voyons le monde. L’année prochaine, si la Japan Expo, qui sera ma première convention, me plait, je la referais sûrement, et j’essayerais alors de proposer aux abonnés un artbook, regroupant mes illustrations que je ferais pour ce thème, et des illustrations d’autres artistes dont j’apprécie le travail, que je contacterais après la Japan Expo 2018.

Quelle place donnes-tu au dessin, et à l’art en général, dans notre société ?

Je trouve ça dommage qu’il ne soit pas plus important aux yeux de pas mal de monde, alors qu’on est entouré d’art. L’architecture, les publicités, la nature, les affiches, la musique, le cinéma… On en a partout, mais c’est comme si on était habitué. Tellement, que quand une personne dessine, on ne va pas la voir comme un travailleur, mais un simple passionné.

Par exemple quand je sors, que je vois d’autres personnes avec mon copain, on va lui demander comment se passe son travail, mais pas à moi, car on ne comprend pas qu’il y a du travail derrière l’art. A croire que les pinceaux, les crayons, ou les ordinateurs font le travail à notre place.

Et au final, je me sens oppressée quand on parle de travail, quand on vient me déranger

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©Mashi

juste parce que « Ce n’est pas grave, c’est du dessin, ça se fait vite ! Et puis en plus ce n’est pas comme si elle se tuait à l’usine. » Alors que les artistes ont aussi leurs accidents de travail, le mal de dos, la vision, ou, imaginez si je me foule le poignet ou que je me casse un doigt, je ne peux plus travailler.

Donc, même si l’art nous entoure, la société n’est plus aussi sensible qu’avant. Elle pense avoir des gens préfabriqués, qui dès la naissance savent dessiner la Joconde. Alors que même ceux qui ont un don, ont un jour dessiné un soleil avec des branches ; on a simplement appris à observer. Alors si une personne lit ceci, et qu’elle n’est pas sensible à l’art, quel qu’il soit, s’il vous plait, apprenez à prendre deux minutes pour écouter, voir, le support, car une personne a mis des heures derrière.

De quoi est composé ton sac à dessin ?

 Depuis que j’ai commencé le digital, je dirais que je suis principalement une illustratrice avec ce support. Mais avec ma tablette, j’ai appris à apprécier d’autres méthode qu’avant je n’aurais jamais pensé exploiter, comme l’acrylique.

Mes favoris en dessin sont :

  • Les crayons 2B et 4B
  • L’acrylique
  • Ma tablette graphique

Et j’adore également crayonner avec des crayons de couleur de supermarché, moins pigmenté que ceux des professionnels.

Tu te fais pour le moment essentiellement connaître par les réseaux sociaux. Comment qualifierais-tu ta relation avec les internautes ? comment es-tu parvenue à te créer une communauté ?

La relation que j’entretiens avec mes internautes est très compliquée à expliquer. Je n’ai jamais réussi à entretenir une relation « professionnelle ». Grâce à mes abonnés, je touche du bout des doigts les rêves qui m’entourent, et jamais je ne les remercierais assez tellement je leur en suis reconnaissante. Une fois j’ai dit « Je ne serais rien sans vous. » une internaute m’a dit « Bien sûr que si, tu aurais le dessin ! » mais, sans eux, je n’aurais pas de spectateurs, donc je ne pourrais pas dessiner dans le but de partager et d’aider. Je les aime vraiment tous, autant qu’ils sont, je n’ai jamais eu de soucis avec aucuns d’entre eux, sauf une fois, et beaucoup sont venu me défendre, comme si j’étais une personne importante pour eux, autant qu’ils le sont pour moi. Quand je vois des « Je viendrais à la Japan Expo rien que pour te voir ! », mon cœur devient si léger, et mes craintes s’estompent petit à petit.

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©Mashi

Sincèrement, je ne comprends toujours pas comment j’ai même pu avoir plus de mille personnes derrière moi. C’est peut être peu pour certains, mais énorme pour moi.  Je ne me suis jamais fait de pub, ou je n’ai jamais payé de pub sur les réseaux. J’ai juste, attendu silencieusement, dans un petit coin, dessinant pour mes 10 abonnés du début, puis pour mes 100, et mes 500…

Vers mes 700 abonnés, j’ai eu un échange avec Artsiia, une communauté qui met en avant des artistes, confondu dans tout domaine, et m’ont promu sur leur page Facebook ! J’ai été l’une des premières, et j’en suis heureuse car à l’heure actuelle ils sont encore derrière moi.

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©Mashi

Je pense que les autres plateformes, comme mangadraft, wattpad, et d’autres que j’utilise assez peu m’ont un peu aidé, me mettant dans une catégorie d’artiste qui touche un peu à tout.

Mais en tout cas, j’ai vraiment une superbe communauté, ouverte, qui sait que je suis toujours à son  écoute. Je ne veux pas de barrière, je veux juste rester naturelle, et qu’ils le soient avec moi. Je suis humaine, eux aussi, on a tous des fautes, des défauts. Mais on a aussi tous des qualités et une part de bienveillance.

 

Un dernier mot à rajouter ? 🙂 

Je pense que j’en ai déjà assez dit aha. Beaucoup même ! Mais, si je peux rajouter, je vous partage juste l’information : je serais donc à la Japan Expo 2018, à Paris ! Ce sera ma première convention, alors s’il vous plait, prenez soins de moi ! 😉

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Vous voulez soutenir Mashi ? Il vous reste encore quelques jours pour finir son Ulule ! C’est par ici ! 

 

 

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