Arrivés sur la Terre. Ferme.

2090, planète terre : deux Aliens venus de très loin dans l’espace consultent une vieille brochure de journal ramassée sur le sol, entre les débris radioactifs de cette bonne vieille planète Terre. Tous deux s’expriment d’un langage des plus étranges qui ici vous sera retranscrit au mieux pour votre confort :

– Tu m’étonnes que cette espèce de fous se soit éteinte, quand on voit qu’ils s’amusent avec l’électricité dans leur baignoire. Quelle bêtise n’est-ce pas A2 ? Note ça.

Gêné.

-Comment une espèce peut-elle s’anéantir de telle sorte ? N’avaient-ils donc pas de raison ? Oh A1, c’est triste quand même. Je note.

Note.

-Notre venue ici n’est que scientifique, nous devrons donc nous passer de tristesse. Bien que nous ayons observé les « hommes d’évolution primaire » depuis quelques siècles, nous en savons très peu sur eux si ce n’est qu’ils ont finis par s’auto-anéantir. Aujourd’hui, nous sommes en 2090, et il ne reste plus âme qui vive. Note bien…

Un trouble charmant les prit soudain, chose rare chez eux, A2 ramassa la cause de ce sentiment. Un morceau de toile, dessus, des couleurs, des représentations. Éblouis par cette petite chose censée être insignifiante pour une espèce avancée tels qu’eux. Mais qu’était-ce donc, s’interrogèrent-ils ? Au bout de ce qui semblerait être une dizaine de minutes terriennes, A2 presque terrifié lâcha cette beauté fabriquée de main humaine dans un long tuyau qui remontait vers le ciel, se perdant dans les nuages presque vert fluorescent et épais de cendre.

-De toute manière, les humains ne faisaient que peu de choses réellement utiles ! Il me faut noter ce blasphème amenant au divertissement. Quelle horreur ! Oublions ça au plus vite A1. Quel traumatisme alors.

Les deux Aliens, par des moyens bien étranges pour l’œil humain, continuèrent leurs fouilles. Papiers calcinés, brûlés, détruits… Parfois, les deux Aliens s’arrêtaient dans leur travail pour se regarder, désapprobateurs de ce qu’ils voyaient. Pour peu qu’ils connaissaient la nature humaine, ils ne pouvaient que la critiquer. Les Aliens étaient pourvus d’une avancée technologique et intellectuelle supérieures. Leur évolution avait commencé avec l’anéantissement du divertissement, qui selon eux ne menait qu’à la fainéantise et déviait les âmes de leur finalité qui était l’accomplissement de leur espèce. Ainsi, tout livre, peinture, dessin et toute forme d’art avaient été détruits, et si cela avait augmenté le taux de suicide, ce génocide de divertissement avait fini par être accepté par la majorité au bout d’une cinquantaine d’années terriennes, même si parfois quelques rebelles émirent des semblant d’attentats, malheureusement trop peu pour avoir de l’influence. Pourtant, au grand dégoût des Aliens, les humains n’avaient pas compris l’immondice du divertissement et, plus particulièrement, de l’art. L’art chez les Aliens n’était et ne pouvait pas être une option. Ni un plan A, ni un plan B. Cela ne devrait même pas venir à l’esprit. L’art mène à la destruction. Les rebelles utilisent l’art, les déstabilisateurs utilisent l’art, les mauvaises politiques utilisent l’art.

Les Aliens se regardèrent, au bord du dégoût.

2 réflexions sur “Arrivés sur la Terre. Ferme.

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