La loi ORE : Analyse

J’ai beaucoup été désespéré par les actions étudiantes, notamment par les blocus des facs, contre la loi Vidal et ce qui s’en faisait, bien que je sois en désaccord total avec des parties de cette loi. Mais après une longue discussion avec mes parents, je me suis finalement rendu compte que j’avais un discours de vieux con réactionnaire qui gueulait sur des personnes sans s’être réellement renseigné sur la loi et sur ses effets. J’ai donc décidé aujourd’hui, avec l’aide de plusieurs liens (sources à la fin de l’article), de me renseigner plus spécifiquement sur cette loi. J’ai écrit cet article en étant dans la cafétéria de mon établissement, soit l’UFR de Lettres et Langues de Poitiers, alors que celui-ci fait l’objet d’un blocus contre la loi présentée par l’actuel Ministre Frédérique Vidal.

Je tiens avant tout à préciser que je n’ai apporté dans ce document que des critiques envers les articles que je pouvais comprendre. Car même si je me pose des questions, je considère que quelques éléments de cette loi ne me semblent pas à jeter à la poubelle, bien qu’il y en ait une majorité qui me semble rejetable. De plus, je n’ai, malheureusement, pas réussi à trouver l’entièreté de la loi : ce ne seront donc que quelques petits articles.

Je tiens à souligner que je ne suis représentant d’aucun syndicat, parti politique ou aucune autre institution politique. Je suis seulement un étudiant en Arts du Spectacle à la Faculté de Poitiers, qui se considère profondément de gauche, et qui ne supporte pas les passages en force.

De plus, je ne détiens aucune vérité, je ne sais rien, je n’ai rien vécu comme pourraient dire certaines personnes. Mais, en revanche, je vais, par ce texte, vous montrer mes désaccords et mon ressenti face à certains articles de cette loi, qui me semblent indiscutablement discutable.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et une bonne chance.

Voici le premier sur lequel je suis tombé en essayant de me renseigner sur cette loi :voir l’article.

 Je vous invite donc à consulter cet article et à réfléchir, peu importe votre bord politique, aux conséquences qu’il pourrait avoir.

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Frédérique Vidal

Septième paragraphe de cet article : « Le projet de loi traduit ainsi la volonté du Gouvernement de mettre fin à l’usage de cette règle de départage, en personnalisant les parcours sur la base d’une analyse de la cohérence entre le projet de formation du candidat, les acquis de sa formation et ses compétences d’une part et les caractéristiques de la formation d’autre part. […] »

 

Qu’est-ce que cela peut bien signifier ? Tout simplement que les candidatures seraient analysées en fonction de ce qu’a fait la personne avant, c’est-à-dire, son baccalauréat. Après avoir fait cette analyse, il y aurait une sorte de confrontation avec le choix de la potentielle filière choisie. De la manière dont c’est formulé, cela peut signifier que les personnes ayant obtenu un baccalauréat littéraire seraient plus soutenues dans leur choix, si elles allaient en faculté de lettres, que les étudiants ayant fait un baccalauréat scientifique. Fais attention, jeune lycéen.ne de seconde, anticipe donc tes envies des 3 prochaines années, tu n’as pas le droit à l’erreur !

Quinzième paragraphe de cet article : « Lorsque les demandes d’inscription excèdent les capacités d’accueil d’une formation, les établissements d’enseignement supérieur prononcent les admissions dans les limites des capacités d’accueil compte tenu de la cohérence entre le projet de formation du candidat, les acquis de sa formation et ses compétences d’une part et les caractéristiques de la formation d’autre part« 

Cette deuxième citation appuie mon propos : même s’il semble plus logique qu’une personne ayant obtenue un baccalauréat Economique et Sociale ait plus d’acquis pour aller en faculté de Sociologie ou d’Economie, en quoi une personne ayant fait un autre bac, général, professionnel ou technologique aurait moins de motivation pour faire telle ou telle filière ? De quel droit les membres dirigeant.e.s de l’administration de la faculté auraient la légitimité de faire un choix sur leurs candidats ?

Dixième paragraphe de cet article : « Enfin, les dispositions du présent projet de loi permettront de diminuer, dès 2018, le coût de la rentrée pour les étudiants, grâce à la suppression de la cotisation de sécurité sociale qu’ils acquittaient. »

Qu’est-ce que cela veut dire : cela voudrait dire que les étudiant.e.s paieraient moins leur frais de rentrée par le biais des cotisations de la sécurité étudiante. D’accord, mais alors qui va financer la sécurité sociale étudiante ? Il faut certainement moins payer, cela aiderait certain.e.s étudiant.e.s, mais pas supprimer non plus les cotisations à la Sécurité Sociale. Payer cette dernière est un droit constitutionnel, qui existe depuis très longtemps. Alors, certainement qu’il faut modifier la loi, pour que les étudiant.e.s soient avantagé.e.s pour la Sécurité Sociale, mais cette manière est-elle vraiment la meilleure ?

Le Sénat - DR
Le projet de loi ORE a été adopté par le Sénat le 8 février © Sénat

Relatif à l’Article Premier :

V.-« Pour l’accès aux formations autres que celles mentionnées au VI, lorsque le nombre de candidatures excède les capacités d’accueil d’une formation, l’autorité académique fixe un pourcentage minimal de bacheliers retenus bénéficiaires d’une bourse nationale de lycée, en fonction du rapport entre le nombre de ces bacheliers boursiers candidats à l’accès à cette formation et le nombre total de demandes d’inscription dans cette formation enregistrées dans le cadre de la procédure de pré-inscription prévue au deuxième alinéa du I.« 

On ne va pas y aller par quatre chemins : à partir du moment où il y aura plus de candidatures dans des filières que de places disponibles, l’Académie aura la compétence de fixer une part minimale de personnes boursières présentes dans les rangs dans cette filière. Cela créerait donc une forte discrimination envers les capacités économiques des personnes. Bah ouais les gars, faut pas déconner, on est dans le système Macron, si tu n’as pas de fric, casse-toi.

« Le recteur sera également responsable de garantir la mixité sociale et la mobilité géographique à l’entrée dans l’enseignement supérieur. Il sera ainsi en mesure, sur la base de critères objectifs, de fixer un pourcentage minimal de candidats boursiers devant être admis dans les différentes formations ainsi qu’un pourcentage maximal de candidats relevant d’une autre académie que celle où est situé l’établissement.« 

Encore une belle délégation aux personnes. Imaginons que je suis détenteur.rice d’un bac professionnel commerce, que j’habite à Bordeaux et que je souhaite faire une licence en lettres sciences politique spécifique qui existe à Lyon, donc dans une ville étrangère à la mienne. Cette idée signifierait que je vais devoir renoncer à mon souhait, car j’habite trop loin. De plus, il est précisé qu’il y aura trois types de personnes qui ne seront pas concernées par ces pourcentages arbitraires : les ressortissants Français ou ressortissants d’un Etat membres de l’Union Européenne établis hors de France, les personnes ayant eu le baccalauréat Français dans un centre d’examen à l’étranger et pour finir, les personnes qui souhaitent faire des études de santé qui n’existent pas dans leur académie. Par contre, pour les personnes voulaient étudier le droit, l’économie, les lettres, des arts, l’Histoire et tant d’autres, c’est mort. Ils ont bien compris qu’il fallait diviser pour mieux régner.

Les universités en manifestation contre la loi ORE © Eric Feferbere, AFP

«  VI.- Une sélection peut être opérée, selon des modalités fixées par le ministre chargé de l’enseignement supérieur, pour l’accès aux sections de techniciens supérieurs, instituts, écoles et préparations à celles-ci, grands établissements au sens du chapitre VII du titre Ier du livre VII de la troisième partie et tous établissements où l’admission est subordonnée à un concours national ou à un concours de recrutement de la fonction publique, ainsi que pour l’accès aux formations de l’enseignement supérieur dispensées dans les lycées, aux cycles préparatoires intégrés, aux formations préparant au diplôme de comptabilité et de gestion ou aux diplômes d’études universitaires scientifiques et techniques et aux formations de l’enseignement supérieur conduisant à la délivrance d’un double diplôme.« 

En gros, pour l’accès aux sections de Techniciens Supérieurs, aux grandes écoles, aux instituts ou tout autre type d’accès à ceux-ci, une sélection pourrait être observée par le biais de concours, comme on le voit pour des concours d’infirmiers ou pour Sciences Politiques. On va ici diviser les personnes encore sur des principes de connaissances, et on ne va encore pas privilégier les personnes, mais seulement du bachotage obtenu en avalant des quantités de livres, ou un bagage culturel qui est, comme chacun sait, fluctuant en fonction des individus.

« Pour l’accès aux formations mentionnées au premier alinéa du présent VI, l’autorité académique fixe un pourcentage minimal de bacheliers retenus bénéficiaires d’une bourse nationale de lycée« 

Là encore, l’argent est le premier argument, et non l’humain. Le système chéquier du Président Macron se fait ressentir jusque dans les études supérieures. On va privilégier les lycéen.ne.s boursier.ère.s et non ce que chacun possède autrement

« En tenant compte de la spécialité du diplôme préparé et des demandes enregistrées dans le cadre de la procédure de pré-inscription mentionnée au deuxième alinéa, l’autorité académique prévoit, pour l’accès aux sections de techniciens supérieurs et aux instituts universitaires de technologie, respectivement un pourcentage minimal de bacheliers professionnels et un pourcentage minimal de bacheliers technologiques ainsi que des critères appropriés de vérification de leurs aptitudes. Ces pourcentages sont fixés en concertation avec les présidents d’université, les directeurs des instituts universitaires de technologie, les directeurs des centres de formation d’apprentis et les proviseurs des lycées ayant des sections de techniciens supérieurs, chacun pour ce qui les concerne. »

Nous sommes en mesure de nous poser la question de la légitimité de l’académie à imposer un pourcentage de personnes de tels ou tels baccalauréat. Car dans ce cas-là, cela signifierait que les établissements proposants tel BTS ou tel DUT pourraient avoir des sanctions si elles n’ont pas tels pourcentages de bacheliers ? Cela semble alarmant et même impossible.

Une du Monde le 14 janvier 2018 © DR

Relatif à l’article deux :

Premier paragraphe concernant l’article deux : « Ce dispositif est complété par l’article 2, qui étend l’accès prioritaire des meilleurs bacheliers, par séries et spécialités, à l’ensemble des formations de l’enseignement supérieur public, y compris dans les formations dites sélectives, sans pour autant fermer l’accès des formations concernées aux autres bacheliers. »

Élites de la nation, la faculté sera faite pour vous et uniquement pour vous ! Les autres, ça sera BTS ou IUT ! Ne nous remerciez surtout pas. Nous n’avons pas besoin de développer beaucoup plus ce propos : les meilleurs bacheliers auront accès à tout l’enseignement post-bac public, même dans les filières sélectives.

Relatif à l’article trois :

« Sur la base de leurs résultats au baccalauréat, les meilleurs élèves dans chaque série et spécialité de l’examen de chaque lycée bénéficient, dans le cadre de la procédure de préinscription prévue au deuxième alinéa du I de l’article L. 612-3, d’un accès prioritaire à l’ensemble des formations de l’enseignement supérieur public, y compris celles où une sélection peut être opérée. Le pourcentage des élèves bénéficiant de cet accès prioritaire est fixé par décret. L’autorité académique réserve dans les formations de l’enseignement supérieur public un contingent minimal de places au bénéfice de ces bacheliers« 

Bon alors là, clairement on est sur du très très lourd : en gros, pour vulgariser même si cela semble très clair, les bacheliers ayant eu les meilleurs notes, les meilleurs résultats au bac, bref, les meilleurs dossiers, pourraient être prioritaire dans le processus de pré-inscription, donc sur ParcoursSup, même dans les filières où les places sont limitées. On retrouve encore ici la volonté d’un gouvernement qui souhaite mettre des gens dans des cases, comme si celles-ci n’existaient pas déjà assez, en privilégiant les bacheliers.ères ayant obtenus les meilleurs résultats. La division des classes semble être le maître mot du gouvernement Philippe et en l’occurrence, de la loi Vidal.

photo le diplômé
Vers un diplôme de plus en plus inaccessible ? DR

Relatif à l’article 6 :

« Un observatoire de l’insertion professionnelle est institué dans chaque université par délibération du conseil d’administration après avis de la commission de la formation et de la vie universitaire du conseil académique. Cet observatoire remplit la mission définie au 1° de l’article L. 124-2. « Avec les milieux professionnels qui sont associés aux enseignements supérieurs conformément à l’article L. 611-2, cet observatoire : – 1° Diffuse aux étudiants une offre de stages et d’emplois variée et en lien avec les formations proposées par l’université et les besoins des entreprises ; – 2° Assiste les étudiants dans leur recherche de stages et d’un premier emploi et les informe des évolutions du marché du travail ; – 3° Conseille les étudiants sur leurs problématiques liées à l’emploi et à l’insertion professionnelle ; – 4° Prépare les étudiants qui en font la demande aux entretiens préalables à l’embauche ; – 5° Recense les entreprises, les associations et les organismes publics susceptibles d’offrir aux étudiants une expérience professionnelle en lien avec les grands domaines de formation enseignés dans l’université, en vue de leur proposer la signature de conventions de stage ; – 6° Informe les étudiants sur les métiers existant dans la fonction publique et les accompagne dans l’identification et la préparation des voies d’accès à la fonction publique. »

Cet article illustre une idée que je tenais à faire passer pour nuancer mon propos : tout n’est pas à jeter dans cet article, cela serait d’une démagogie sans limite de dire l’inverse. En l’occurrence, cet article voudrait que l’Université aide les étudiants pour que ceux-ci aient des stages en entreprise (bien qu’il faille que celle-ci puisse assurer des acquis à l’étudiant en raccord avec les « grands domaines de formation enseignés dans l’université »). Je trouve cette attention complètement louable, pouvant donc permettre aux étudiants d’avoir une insertion dans la vie professionnelle par le biais de stages.

« L’observatoire présente un rapport annuel à la commission de la formation et de la vie universitaire du conseil académique sur le nombre et la qualité des stages effectués par les étudiants, ainsi que sur l’insertion professionnelle de ceux-ci dans leur premier emploi. » « Les statistiques comportant les taux d’insertion professionnelle des étudiants, constatés un an et deux ans après l’obtention de leur diplôme, sont publiées sur le site internet de l’établissement et, pour les formations qui y sont inscrites, dans le cadre de la procédure nationale prévue au deuxième alinéa du I de l’article L. 612-3. Elles sont prises en compte dans le cadre de l’examen de la demande par l’établissement d’accréditation de son offre conférant un grade ou un titre universitaire, conformément à l’article L. 613-1. Chaque élève en est obligatoirement informé en amont de son orientation dans un nouveau cycle ou une formation supérieure.« 

Cet article signifie donc que le taux d’insertion des étudiants dans la vie professionnelle sera publié tous les ans par l’université ou les établissements enseignants dans le supérieur qui les auraient formés. Bon, alors, c’est sympa, mais il est quand même assez rare que des étudiants en université puissent s’insérer directement dans la vie professionnelle. Ce cas est plutôt réservé aux étudiants dans les grandes écoles (commerce, communication, etc…), les instituts, les BTS ou les licences professionnelles. Mais bon, après tout, pourquoi pas, même si ça fait légèrement pompant de montrer quelles filières marchent le mieux, quelles entreprises embauchent le plus…

L’Université de Tolbiac bloquée © Lucas Barioulet

Relatif à l’article 10 :

« Dans le respect d’un cadre national défini par arrêté du ministre chargé de l’enseignement supérieur, le président ou chef d’établissement détermine les conditions de scolarité et d’assiduité applicables à l’ensemble des étudiants inscrits dans une formation d’enseignement supérieur. Il veille à leur bonne application. »

Je n’ai pas grand-chose à dire sur cet élément : cela signifie que les chef.fe.s d’établissements proposants des formations de post-baccalauréat devront déterminer sur quels critères les élèves sont assidus, à partir de quand ils pourraient ne plus être acceptés en cours, sauf évidemment s’ils ont des raisons valables. C’est une chose que je trouve normal, même s’il serait peut-être plus judicieux que le.a chef.fe d’établissement ait la décision finale, mais que ce soit en collaboration avec les autres cadres de l’établissement.

Relatif à l’article 11 :

« Les organismes gestionnaires des régimes obligatoires assurent des actions de prévention et de pédagogie visant à améliorer l’état de santé de leurs ressortissants âgés de seize à vingt-cinq ans ; ces actions sont prolongées jusqu’à vingt-huit ans lorsque les personnes concernées sont encore étudiantes. »

Cela va signifier que les organismes de sécurité sociale étudiantes devraient assurer des actions visant à améliorer la santé des étudiant.e.s qui seraient âgé.e.s entre seize et vingt-cinq ans, voire même aller jusqu’à vingt-huit ans. Donc, c’est une attention qui est logique, normale, même si certains étudiants vont trouver cela barbant, mais je m’interroge surtout sur le fait que l’on n’accepterait, au vu de la formulation de l’article, de ne plus faire d’actions de préventions pour les étudiants ayant plus de vingt-huit ans ? Cela ressemble un peu à de la discrimination : un étudiant, qu’il est dix-huit ans, vingt-deux ans ou vingt-huit est un étudiant malgré tout, et je ne vois pas pourquoi il n’y aurait plus d’actions de sensibilisation, de prévention ou d’interventions qui pourraient leur être dispensés.

« Une conférence de prévention étudiante associe à la programmation ou à l’organisation des actions mentionnées à l’avant-dernier alinéa du présent article et de celles coordonnées par les services universitaires de médecine préventive les organismes gestionnaires des régimes obligatoires, les mutuelles mentionnées à l’article L. 111-1 du code de la mutualité, les conférences de chefs d’établissements de l’enseignement supérieur mentionnées aux articles L. 233-1 et L. 233-2 du code de l’éducation, les associations d’étudiants mentionnées à l’article L. 811-3 du même code et les associations d’éducation à la santé. Le fonctionnement et la composition de cette instance sont précisés par un arrêté conjoint des ministres chargés de la santé et de l’enseignement supérieur.« 

Autre exemple de quelque chose que je trouve plutôt intéressant : la programmation des différentes interventions liées à la sensibilisation de la santé serait faite en concertation avec les services médicaux de l’université, les mutuelles, les associations étudiantes, les chefs d’établissements et des associations d’éducation à la santé. Je trouve cette idée vraiment intéressante, car tout le monde pourrait avoir son mot à dire sur ce qu’il faut aborder et la façon dont l’aborder… Mais aussi à certaines instances de faire remonter les demandes des étudiants, les craintes, les envies d’intervention. Je suis donc assez favorable à cette proposition.

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©iStock

Relatif à l’article 12 :

« Une contribution destinée à favoriser l’accueil et l’accompagnement social, sanitaire, culturel et sportif des étudiants et à conforter les actions de prévention et d’éducation à la santé réalisées à leur intention est instituée au profit des établissements publics d’enseignement supérieur, des établissements mentionnés aux articles L. 443-1 et L. 753-1 du présent code ou à l’article L. 1431-1 du code général des collectivités territoriales dispensant des formations initiales d’enseignement supérieur, des établissements d’enseignement supérieur privés d’intérêt général et des centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires.« 

Cette idée est aussi assez louable : il semblerait qu’il pourrait y avoir une aide, financière ou non, pour accueillir les étudiants, leur permettre de se cultiver, de faire du sport, d’avoir une santé acceptable, comme par exemple avoir des tarifs préférentiels, des réductions, des attestations de scolarité… C’est très intéressant, d’ailleurs cela existe déjà dans certaines universités pour les étudiants en arts par exemple.

« Les associations d’étudiants mentionnées à l’article L. 811-3 du présent code et, dans chaque établissement, les représentants des étudiants au conseil d’administration et dans les autres conseils, lorsque les établissements en sont dotés, participent à la programmation des actions financées au titre de cet accompagnement.« 

Ça aussi c’est vraiment cool : c’est un vrai exemple de démocratie, les associations étudiantes vont pouvoir aiguiller l’administration sur ce dont auraient besoin les étudiants. Cela pourra donc permettre d’avoir une réelle représentation des envies des étudiants et non plus une interprétation de l’administration.

Pour comprendre cet article, il faut partir de l’idée que pour que les étudiants puissent avoir tous ces avantages, il faut qu’il participe financièrement pour aider l’université : « Sont exonérés du versement de cette contribution les étudiants bénéficiant, pour l’année universitaire au titre de laquelle la contribution est due, d’une bourse de l’enseignement supérieur ou d’une allocation annuelle accordée dans le cadre des dispositifs d’aide aux étudiants mentionnés à l’article L. 821-1 du présent code. Sont également exonérés les étudiants bénéficiant du statut de réfugié ou de la protection subsidiaire ou étant enregistrés par l’autorité compétente en qualité de demandeur d’asile et disposant du droit de se maintenir sur le territoire dans les conditions prévues aux articles L. 742-1 et L. 743-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.« 

Bon alors là, je sens que je ne vais pas me faire que des amis sur ce coup-ci : je considère que lorsque quelqu’un a les bourses, les institutions les lui ont données pour que celui-ci se retrouve au même niveau que les étudiants normaux (j’entends par là, les étudiants qui n’ont pas touché de bourses mais qui ne sont pas non plus riches). Donc, si nous partons de ce postulat, cela voudrait signifier que les personnes n’ont aucune raison d’être exonérées de cette contribution puisqu’elles seraient au même niveau financier que « l’étudiant moyen ». Donc pour moi, étudiants boursiers ou non, tout le monde paye. En revanche, en ce qui concerne « les étudiants bénéficiant du statut de réfugiés ou de la protection subsidiaire ou étant enregistrés par l’autorité compétente en la qualité de demandeur d’asile et disposant du droit de se maintenir sur le territoire […] », je trouve cela plutôt bien, même très bien, dans la mesure où une institution va prendre en charge leur contribution. En effet, si quelqu’un est réfugié, il ne possède pas forcément la monnaie dont il a besoin. Je suis vraiment en faveur de cette partie de l’article.

Relatif à l’article 16 :

« D’une première année commune aux études de santé adaptée pour permettre aux étudiants qui ont validé cette première année mais n’ont pas été admis en deuxième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et de maïeutique de poursuivre leurs études dans des formations conduisant à un diplôme national de licence ou à un autre diplôme de l’enseignement supérieur. Les modalités d’organisation de cette première année des études de santé adaptée et le nombre des étudiants admis en deuxième année après cette première année adaptée sont fixés par arrêté des ministres chargés de l’enseignement supérieur et de la santé. Les étudiants ayant validé un à six semestres d’une formation conduisant à un diplôme national de licence après la première année des études de santé adaptée bénéficient du dispositif d’admission directe en deuxième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et de maïeutique mentionné au 2°« 

Cette partie de l’article est en soit une bonne idée mais va, là encore, mettre en avant des discriminations importantes : en gros, les étudiants de médecines qui ont validé leur première année mais qui ne pourraient techniquement pas passer en deuxième année d’études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques pourraient malgré tout continuer leur études dans des formations leur permettant d’obtenir un diplôme national de licence ou tout autre diplôme de l’enseignement supérieur (BTS par exemple). De plus, si ces étudiant.e.s ont réussi à valider entre un et six semestres (dans le cadre d’un diplôme de licence universitaire) dans ces autres licences, ils pourront accéder à une deuxième année dans les domaines médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou maïeutiques. Même si cette idée est louable, c’est dommage que l’article ne prévoit pas d’ouvrir à ce que ce soit le cas pour tout les autres types de licences, pour que tout le monde ait la même chance de réussir.

C’en est donc fini pour cette « analyse » de la loi ORE pour « l’orientation et à la réussite des étudiants ». Je vous invite donc très franchement à aller sur les deux liens présents dans les sources (celui de l’Assemblée Nationale et celui de Legifrance) pour vous faire votre propre opinion.

Je vous remercie d’avoir pris le temps de lire toutes ces pages, malgré la longueur de celles-ci.

Sources :

 

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