Journée de la Terre : stop à la croissance

Aujourd’hui, c’est le Jour de la Terre. Jour de la Terre, qu’est-ce que ça veut dire ? Créée en 1970, cette journée a pour but de mettre en avant les problématiques environnementales, de sensibiliser les populations au respect de la Nature et de promouvoir de nouveaux modes de vie.

De nouveaux modes de vie, dit comme ça, cela semble très vague. Pourtant, la réalité est assez simple.

La Terre est un espace fini, par définition. L’Homme n’ayant pas trouvé d’autres planètes habitables qu’il pourrait rejoindre, c’est donc le seul espace où il lui est permis de vivre. Or, on a très souvent tendance à oublier cette constante, pourtant si simple. On vit comme si tout était illimité, comme si tout se renouvelait constamment. Le pétrole a mis des millions d’années à se former, et on use le stock très rapidement, en quelques dizaines d’années. On fonde tout notre système là-dessus, sans trop se préoccuper de ce qu’on fera une fois qu’il n’y en aura plus. Du coup, en attendant, on en cherche de plus en plus loin, en mettant de plus en plus de moyens (financiers et techniques), et en détruisant toujours plus l’environnement.

Mais on s’est rendu compte, quand même, que ce pétrole n’est pas inépuisable, et on commence à s’inquiéter, on a peur qu’il nous coûte de plus en plus cher. On a peur de ne plus pouvoir tout contrôler, alors on invente un magnifique concept, le développement durable. “Magnifique”, façon de parler. En réalité, ce concept ne remet aucunement en cause notre modèle de consommation actuel, nos modes de vie. Il ne questionne rien de tout ça. Il nous fait croire qu’en installant 4 éoliennes, en mettant des panneaux solaires partout, on résoudra tous les problèmes d’un coup, tout ira bien. Or, il oublie de faire remarquer que, seuls, ces efforts ne servent à rien. Installer des panneaux solaires, oui, très bien. Installer des éoliennes, sur la Terre, sur la mer, super ! Mais les éoliennes, les panneaux solaires, de quoi sont-ils faits ? De matières premières, non ? Et ces matières premières, elles aussi, sont finies. Ils ne polluent pas ? Si, ils polluent, à leur production. Moins qu’une centrale à charbon, indéniablement, mais ils polluent quand même. Le problème, donc, est simplement atténué, jamais résolu.

Et là est tout le problème : croire que nous, Humains, race “supérieure”, pourrions contrôler la Nature à notre guise et, par notre intelligence et notre innovation, nous en sortir toujours sans jamais remettre en cause nos systèmes de pensée et de croyances. La capacité d’innovation des êtres humains peut se révéler utile à bien des égards mais, seule, elle n’inversera jamais la tendance actuelle qui est en train de mener à la destruction, si ce n’est de la Planète, au moins de notre espèce et de nombreuses autres en même temps. D’où nous vient cette croyance que nous pouvons toujours faire face à la Nature par notre “intelligence supérieure” ?

Le modèle de la croissance infinie y est sans doute pour beaucoup. Le gouvernement actuel en est l’exemple parfait. Sans pour autant prendre ces gouvernants pour le diable et dire qu’ils sont inconscients, on ne peut le nier : ils font partie d’un système de pensée qui met au premier plan des valeurs telles que la croissance économique, la réduction de la dette, la compétitivité, l’efficacité, la productivité. Pour résumer, un système de pensée dans lequel on cherche à avoir “toujours plus”. C’est le modèle typique du libéralisme, mais pas seulement. Le keynésianisme promeut également l’incitation à la consommation pour stimuler la croissance. Les présupposés de départ sont différents, le résultat est le même : une surconsommation constante, une incitation à vouloir toujours plus de biens et de services, que ce soit par la redistribution d’argent et/ou par d’autres mécanismes comme la publicité. On pourrait même aller jusqu’à dire que le communisme n’est certainement pas, lui non plus, un système respectueux de la planète (l’URSS en est un bon exemple), puisque la base de son économie se base sur la production (bien qu’il puisse être un peu moins dangereux pour l’environnement que les deux autres mentionnés précédemment). 

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Quoi qu’il en soit, le fait est qu’aujourd’hui nous nous situons dans un système de croissance, où ce dogme est constitué en priorité. Croître, quoi qu’il arrive. On évolue tous dans des environnements qui créent de nouvelles nécessités, sorties de nulle part. Avoir le nouvel iPhone, la nouvelle console, être inscrit sur tel ou tel réseau social, être au courant des nouvelles tendances, s’habiller de telle ou telle façon, être sportif, avoir une télévision, un ordinateur, être connecté à Internet, manger tel ou tel aliment, etc., la liste pourrait être très longue. Ces nouvelles nécessités sont, bien souvent, créées dans le but de permettre aux entreprises de gagner de l’argent, ce n’est pas une surprise. Là où se situe le problème, c’est que, bien souvent (ce n’est pas une vérité générale), ces nécessités causent des dommages irréversibles à l’environnement. Le modèle de croissance a besoin de cela. C’est pourquoi, croire qu’on peut continuer dans le même modèle économique tout en préservant l’environnement relève non pas de l’improbable, mais de l’impossible.
Bien sûr, des aménagements seraient possibles, on pourrait faire mieux puisque actuellement, on ne pourrait pas faire vraiment pire. Mais dire qu’on va réussir à sauver la Planète en continuant comme on l’a fait ces 150 dernières années, c’est un mensonge auquel beaucoup croient y compris des décideurs politiques.

On sait tout ça, mais on ne change pas encore. Sans doute parce que cela demanderait un effort mental (et physique, peut-être ?) considérable. Il s’agirait là de changer totalement nos modes de consommation, et, par conséquent, nos modes de vie. Il s’agirait de ne plus allumer notre téléphone ou notre ordinateur dès le réveil, de ne plus consommer des tonnes d’électricité en laissant la télé allumée à longueur de journée, de faire les courses de manière plus responsable, de prendre le temps de cuisiner des aliments frais, d’inciter plus de personnes à faire ce métier si noble qu’est celui d’agriculteur, de réfléchir deux secondes avant de jeter n’importe quoi à la poubelle, de vérifier la provenance de ce qu’on achète, de se priver de certains petits conforts inutiles à notre bonheur. C’est pour ça que c’est si dur, et qu’on n’accepte pas encore que ce soit le seul moyen pour changer radicalement de direction. On peut essayer de faire des petits virages qui rallongent la durée de notre voyage sur Terre, mais c’est un demi-tour qu’on devrait faire, or on le fait pas, du moins pas encore. On tourne au dernier moment, quand on se rend compte qu’on fonce droit dans le mur, puis on repart foncer contre un autre mur l’instant d’après. Sortir de la zone de confort, cela fait peur à tout le monde. Or, le système actuel fait tout pour renforcer les murs de cette zone, de sorte que l’on n’ait même plus le réflexe d’en sortir.

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Pourtant, tout est une question d’habitudes, et c’est pour cela que rien n’est perdu. On peut déjà essayer de changer les nôtres, ainsi que celles de ceux qui nous entourent. Mais c’est dur, arrivés à un certain âge, de changer ces habitudes. Quand on est jeunes, on peut encore y arriver. Plus on vieillit, plus ça devient difficile, en tout cas pour la majorité des individus de cette planète. C’est pour cela qu’il faudrait commencer par les enfants. Enseigner, par cette institution si importante qu’est l’école, comment vivre convenablement tout en respectant la planète, conscientiser dès leur plus jeune âge les décideurs du futur. L’écologie devrait être une matière à l’école, pas une journée de temps en temps qui est l’occasion pour tout le monde de partager une vidéo choquante sur son mur Facebook. Il est temps de s’y mettre, donc. Par de petites initiatives, par des projets locaux, en essayant de sensibiliser, sans culpabiliser, chacun à son échelle. La compréhension de pourquoi l’on est tous rentrés dans ce modèle est la première étape pour ne pas blâmer ceux qui le suivent à la lettre, et pour ne pas se placer sur un piédestal quand on y déroge un peu.

L’humilité, l’apprentissage, voilà par où il faut commencer. Le reste viendra seul par la suite, le plus vite possible on l’espère.

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