Ce mercredi, c’est DOGMAN

« Trop bon, trop con ! »

Vous connaissez sans doute cette formule utilisée quand on se sent impuissant et bêtement pris au piège d’une situation de merde qui nous rend totalement dépendant de quelqu’un d’autre. C’est aussi un jugement un peu facile, quand on voit un proche s’oublier, perdre la raison… on se dit, on se redit, on se le répète : « Bon Dieu, qu’il est con ! »

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Dogman de Matteo Garrone © Greta De Lazzaris

C’est ce qui arrive à Marcello (joué par Marcello Fonte), toiletteur pour chien dans une ville piteuse d’Italie. Si tout le monde apprécie sa compagnie et son caractère enthousiaste, généreux, bien qu’un poil naïf, rapidement, il devient la bête noire de ses voisins. Lorsqu’il suit son ami accro à la cocaïne Simoncino (l’indomptable Edoardo Pesce) dans ses magouilles de racket et vol, c’est d’un an de prison qu’il écope. Une fois sorti, Marcello devient la victime de la violence sous toutes ses formes. Il lui faut alors ou s’adapter, ou fuir, ou changer le cours des choses.

Avec ce neuvième long métrage, le réalisateur italien Matteo Garrone met tout le monde

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Le film a valu le prix d’interprétation masculine à Marcello Fonte lors du festival de Cannes

d’accord. Dès les premières secondes du film, il réussit à embarquer le spectateur et ne le lâchera plus, comme un chien accroché à son os. Le choix des plans serrés offrent ensuite peu de place pour s’échapper. Le spectateur doit voir ce qu’on lui montre : une brutalité à peine masquée, qui porte pourtant en elle la renaissance de l’homme. D’un homme : Marcello. Ce film c’est celui de ce personnage brillamment interprété par Marcello Fonte, à qui le prix d’interprétation masculine a été remis à Cannes en mai dernier. Le spectateur suit donc l’itinéraire d’un homme dont le regard des autres est une de ses préoccupations majeures. Le soin qu’il porte à ses chiens, l’apparence qu’il leur donne, n’a d’égal que son application à ne décevoir personne, et surtout pas sa fille. Mais c’est à force de vouloir être regardé que Marcello perd la face. En l’absence des autres, il n’est plus. Auprès de Simoncino, il se redécouvre, s’imagine autrement, accède à un autre statut, peut espérer autre chose. L’autre, l’autre, l’autre. Finalement, il devient à la fois la victime et son bourreau, malgré les circonstances, et presque malgré lui, parce qu’en définitive, on est toujours ce que l’on décide d’être. Les yeux de Marcello Fonte sont si grands qu’il peut tout dire sans un mot. Ses chiens, inspirant la fidélité et la compassion, remplissent le silence qu’il ne sait que traîner, comme il traîne ses soucis, ses espérances, sa vie. Sa vie n’est plus une errance pour sauver les apparences. DOGMAN, c’est un film dur, certes, et surtout vivant, ce genre de beau film qu’il faut regarder, qui ne laisse pas insensible.

Alors vous repenserez à la formule introductive et vous vous demanderez : « C’est quoi un con ? » «  Qu’est-ce qui me rend con dans la vie ? » Et puis vous vous souviendrez d’un adage précieux pour tous ceux qui croient au changement : « Y a qu’les cons qui changent pas d’avis. » Alors à mon avis, courrez voir ce film !

 

Image de couverture : © DR

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