Antoine Sureaud – « Génération.s est un mouvement européiste. »

Pierre Courtois—Boutet : Bonjour Antoine. Tu es Secrétaire Général pour Génération.s de la fédération de la Vienne. Est-ce que tu pourrais te présenter un peu plus ? Ton parcours avant Génération.s par exemple et ce que tu fais actuellement ?

Antoine Sureaud : Bonjour Pierre. Donc oui, Antoine Sureaud de Génération.s. Alors, mon parcours avant, principalement quelques années passées au MJS en tant que militant. Donc le MJS, le Mouvement des Jeunes Socialistes. En même temps, également au PS, au Parti Socialiste, pendant quelques années. Et puis Secrétaire Général de Génération.s depuis quelques temps et surtout j’ai quitté le PS et le MJS dès le départ de Benoit Hamon du Parti Socialiste le 1er Juillet.

PCB : Pourquoi Génération.s et pas un autre mouvement politique, comme le PS, la France Insoumise, ou le Parti Communiste Français ? Pourquoi avoir quitter le PS et le MJS d’ailleurs ?

AS : Vaste question. Je n’étais pas en accord à commencer avec la ligne politique tu PS et du MJS. C’est-à-dire que les années de François Hollande à partir de 2015, la méthode politique et les lois, et les différentes réformes mises en place par Hollande, candidat du Parti Socialiste en 2012 et Président de la République Socialiste ne me convenaient pas. Il faut savoir que la déchéance de nationalité, la loi Travail, les tensions de l’état d’urgence, toutes ces lois-là ne me convenaient pas et je n’étais donc plus en accord avec la ligne politique du Parti Socialiste. Maintenant, pourquoi Génération.s, parce que j’ai toujours été frondeur au sein du Parti Socialiste, depuis 2015, depuis que Benoit Hamon et Arnaud Montebourg ont quitté le gouvernement. Et il se trouve que Benoit Hamon étant un candidat qui avait un programme qui me plaisait, le revenu universel… Un véritable programme social finalement. Un programme que j’ai défendu pendant la campagne présidentielle. J’ai pensé et je pense que ce mouvement politique, donc Génération.s doit avoir pour objectif de continuer le programme de Benoit Hamon pendant la campagne, mais surtout devenir ce que le Parti Socialiste n’est plus ou n’a jamais été : un véritable mouvement socialiste, de gauche et impliqué pour tout le monde et pour notamment les plus démunis.

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Logo du mouvement Génération.s © DR

PCB : Est-ce que tu peux nous préciser quel est ton rôle en tant que Secrétaire Général de Génération.s de la Vienne ?

AS : En tant que membre et en tant que Secrétaire Général de la Vienne de Génération.s, mon travail politique est surtout lié au développement du mouvement localement, porter ses idées. C’est important de rappeler de notre mouvement, essayer également de convaincre, c’est ça le rôle politique, c’est avant tout convaincre les gens que le programme est celui qu’il faudrait mettre en place pour notre pays. Et puis, également, de mettre en place des actions, plus ou moins importantes ou larges afin de travailler également encore une fois au développement du mouvement. Et puis également la défense des plus démunis, encore une fois. Génération.s s’est impliqué dans la lutte. Les différentes luttes menées, par les inter-syndicales et les populations et les partis politiques contre le gouvernement Macron. Je pense à la réforme de la SNCF également à la lutte dans les hôpitaux et dans les systèmes hospitaliers comme les EHPAD également et puis toutes autres réformes qui ne conviennent pas pour le pays mises en place par Macron. Je pense notamment à la nouvelle réforme, la réforme des retraites et la réformes de la Constitution.

PCB : Benoit Hamon, dont tu as rejoint le mouvement, donc tu le soutiens. Est-ce que tu le soutiens vraiment depuis toujours ou est-ce que c’est arrivé au fur et à mesure, par exemple les élections présidentielles, après la primaire de la gauche, pendant les législatives… A quel moment c’est arrivé ce soutien envers Benoit Hamon ?

AS : Alors non, j’ai commencé en tant que soutien d’Arnaud Montebourg pour la primaire de la gauche. La primaire de la gauche : j’étais représentant d’Arnaud Montebourg dans la Vienne. Et voilà, la primaire a fait qu’Arnaud Montebourg n’a pas gagné, Benoit Hamon a gagné la primaire et j’ai été fidèle a celui qui gagnait. Je suis fidèle au choix de la démocratie et j’ai donc rejoins Benoit Hamon. Je me suis un peu plus intéressé à son programme qui finalement est plutôt, dans certaines idées, proche de celui d’Arnaud Montebourg. Et effectivement, maintenant, j’en suis le soutien, ce qui ne m’empêche pas d’avoir des idées, à développer dans le mouvement, qui vient de mon passé politique antérieur.

PCB : On voit qu’il y a une bataille un peu de l’opposition en ce moment, notamment entre Les Républicains, entre Rassemblement National maintenant, la France Insoumise, le Parti Socialiste quelques fois avec le nouveau dirigeant qui est Olivier Faure, pour être une opposition à Emmanuel Macron. Qu’en est-il de Génération.s, où est-ce que ça se situe ? ça se situe clairement à gauche, mais où est-ce que ça se situe au niveau de l’opposition ?

AS : Vaste question. Je pense que déjà, il faut rappeler ce qu’est être de l’opposition. Quelqu’un qui est de l’opposition, c’est quelqu’un qui s’oppose à la méthode politique et aux réformes politiques menées par le gouvernement en place. Donc bien évidemment Génération.s se pose comme membre actif de l’opposition, c’est-à-dire que nous menons des campagnes politiques qui vont contre le gouvernement, contre ses réformes, dans l’objectif de proposer une alternative à la méthode politique et aux différentes réformes proposées par le gouvernement. Un exemple très net, très clair : quand le gouvernement et Emmanuel Macron parlent de baisser les différentes aides sociales parce qu’elles coutent trop d’argent, nous, nous proposons à l’inverse d’aider à la réinsertion, sans toucher aux aides sociales des différentes populations qui sont touchées ou qui ont besoin de ces aides sociales pour subsister. C’est-à-dire que quand le gouvernement parle de supprimer ces aides sociales, nous, à l’inverse, être dans l’opposition, c’est proposer des alternatives. Quant à la place de Génération.s dans l’opposition : l’opposition n’est pas un concours de celui qui sera justement le plus dans l’opposition. Et puis Génération.s n’est pas dans la même opposition que la droite de Laurent Wauquiez ou le Rassemblement National. Par contre, effectivement, nous sommes dans l’opposition avec les autres acteurs de gauche et également les syndicats. C’est-à-dire que nous travaillons, pas forcément de consort mais en parallèle ou avec eux sur les différentes réformes dans lesquelles il faut s’opposer, que ce soit des syndicats comme la CGT ou la CFDT mais aussi dans une opposition avec la France Insoumise et en parallèle de la France Insoumise également. Mais également avec le Parti Socialiste, sur certaines réformes.

Benoît Hamon vise l'union des gauches avec son mouvement Génération·s.
Benoît Hamon, fondateur de Génération.s ©  Jean François Monier / AFP

PCB : Le prochain gros scrutin qui arrive effectivement, c’est les élections Européennes en 2019. Du coup, c’est quoi la ligne politique défendue par Benoit Hamon?  Parce qu’on a pu voir dans les différents médias que Benoit Hamon avait tendu la main vers les écologistes, notamment Yannick Jadot, qui a refusé de serrer cette main. Et apparemment, selon quelques sources, il se trouverait que Benoit Hamon se tourne actuellement vers un de ses anciens amis/collaborateurs,  Olivier Faure, actuel Premier Secrétaire du Parti Socialiste. C’est quoi la ligne de Génération.s au niveau Européens ?

AS : Alors déjà, je vais revenir sur ce fameux article dans Le Monde avant de parler des Européennes. Nous avons dénoncé cet article qui raconte énormément de choses fausses. Il y a bien eu un appel entre Benoit Hamon et Olivier Faure, mais comme deux personnes peuvent s’appeler pour différentes choses. Il faut savoir qu’il n’y a pas de discussions actuellement avec le Parti Socialiste au sujet des Européennes et il n’y aura pas pour le moment de rencontre prévue  entre Olivier Faure et Benoit Hamon. Encore une fois, cet article a dit beaucoup de choses fausses et malheureusement, ces choses arrivent très rapidement en ligne, par rapport à notre congrès à Grenoble, la semaine prochaine. Pour les Européennes, déjà Génération.s se revendique comme étant un mouvement européiste, fondamentalement ancré dans les enjeux européens et nous avons une alliance transnationale qui existe, une coalition de gauche. Notamment avec le mouvement de Yannis Varoufakis en Grèce, DiEM25, mais aussi avec les camarades du Portugal, d’Espagne, de Pologne et de différents horizons politiques de gauche. Nous sommes également en discussion aujourd’hui avec le Parti Communiste Français. Mais pour l’instant, la ligne politique, c’est vraiment porter un enjeu de gauche au Parlement Européen vers une Europe sociale et non pas une Europe centrale et  » austéritaire »comme elle l’est aujourd’hui. Et effectivement les élections Européennes constituent un enjeu extrêmement important, notamment comme étant les premières élections auxquelles nous allons participer et effectivement l’enjeu européen, c’est avant tout de modifier cette Europe qui aujourd’hui, est  » austéritaire. »  L’enjeu étant de mettre en place une Europe sociale, tournée vers les peuples, qui justement aura plus de chance d’être appréciée  par la population et qui ne sera pas nécessairement et obligatoirement sous le joug de l’Allemagne et de la Banque Centrale Européenne. Enfin, pour ce qui est des alliances, ce sont des discussions qui arrivent, des discussions qui doivent avoir lieu. La gauche n’a jamais gagné que lorsqu’elle était unie. Les discussions doivent avoir lieu. Je ne commenterai pas l’état actuel des négociations, ce n’est pas mon rôle, et puis de toute façon, ces discussions se passent en interne des partis et des mouvements politiques. Par contre, je pense qu’il est important de rappeler que ce n’est pas en y allant seul qu’un mouvement ou une organisation pourra réussir à faire un véritable score pour lutter contre la République en Marche et la droite.

PCB : Du coup pour cette dernière question Antoine, je vais vraiment m’adresser à toi. Est-ce que tu as des objectifs électoraux personnels ? Est-ce que tu comptes te présenter par exemple à une quelconque élection municipale, ou législative, ou encore régionale, départementale, européenne pourquoi pas. Dis-nous.

AS : Eh bien Pierre, au risque de te décevoir, je ne répondrai pas à cette question. Déjà premièrement parce qu’il est important de rappeler que la désignation des candidats se fait en interne des partis et que je ne suis pas, moi, en mesure de te dire : je serai candidat à tel ou tel élection. C’est les comités locaux qui devront dire quels seront les candidats de Génération.s, notamment aux municipales ou a toutes autres élections. Par contre, ce que je peux te dire, c’est qu’effectivement, les municipales, c’est un enjeu important, notamment dans la Vienne. Et qu’il va falloir être extrêmement vigilant et également discuter  et c’est important. Je ne nie pas qu’il existe, peut-être, des discussions avec différents partis de gauche ou autres formes politiques dans la Vienne. Et je conclurai en te disant ça : effectivement, les enjeux électoraux sont importants, mais chaque chose en son temps. D’abord les élections Européennes et si ça peut te rassurer, je ne serai pas candidat aux Européennes.

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