La servante écarlate, ou la nouvelle série féministe

Alors que le dernier épisode a été diffusé sur canal + le mois dernier, nous laissant clairement sur notre faim, revenons sur cette série qui, tout comme le livre écrit en 1986, a marqué les esprits.

Dans la République de Gilead, une société futuriste où la pollution a rendu fertiles les femmes, et où elles ont aussi perdu tous les droits qu’elles avaient comme nous acquis, les rendant entièrement soumises aux hommes, nous allons suivre June ou plutôt Offred une « servante », c’est-à-dire une des rares femmes fertiles mise à disposition d’un couple puissant et riche auquel elle doit offrir un enfant.

    Ce gouvernement totalitaire, où les hommes dirigent, où tout est régi par un code vestimentaire et où l’on nie jusqu’à l’identité des personnes (les servantes se font appeler par le nom de leurs maîtres), où la religion justifie tout, que ce soit le viol répété des servantes, les colonies (sortes de camp de concentration, où la pendaison publique a lieu dans les rues de ce qui était autrefois les États-Unis) a de quoi nous avertir. Cette dystopie, plus encore qu’un livre ou une série est devenue une mise en garde. Les flashbacks répétés dans la saison 1 où l’on suit June, une femme comme les autres qui vit plus ou moins librement avec sa fille, sa meilleure amie lesbienne (ce qui est interdit à Gilead) et son mari, et qui voit la société changer, nous renvoie a notre ère, où l’on laisse trop souvent les choses se passer, notamment avec l’élection de Donald Trump et ses idées qui constituent un véritable retour en arrière dans les droits des femmes. Augmentation des coûts de la contraception, de l’avortement, des dépistages de cancer… tout cela a amené des femmes à défiler aux États-Unis avec la tenue de la servante écarlate et la citation célèbre de la série « Nolite te bastardes carborundorum » c’est-à-dire «Ne laisse pas les bâtards t’écraser».

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« Nolite te bastardes carborundorum » c’est-à-dire «Ne laisse pas les bâtards t’écraser».  DR

   Car en plus de nous présenter une dictature terrifiante reprenant des éléments réels qui se sont déroulés dans des précédents régimes totalitaires, on assiste aussi à la rébellion de certaines femmes qui refusent de céder à la tyrannie, et encore moins de s’y habituer comme certains ou certaines. June fait partie de celles qui cherchent un moyen de s’en sortir dans une société où les « yeux » (sorte d’espions) surveillent, où les parents  dénoncent leurs enfants, où chacune des activités des servantes est contrôlée, organisée. June ne se laisse pas faire et tente de nombreuses fois de s’enfuir, de profiter du peu de libertés qu’elle a pour retrouver l’amour, un sentiment qui semble désormais interdit tout comme la tendresse qu’elle cherche même dans le cœur des personnages les plus durs ,telle que tante Lydia ou Serena, la future « mère » de son bébé.

la-servante-ecarlate-9782221203323_0Les personnages sont ainsi pleins de nuances, complexes dans leurs façons de penser et d’agir. Risquer sa vie pour se rebeller contre une dictature plus forte qu’eux, ou accepter son sort et laisser un avenir terrifiant au peu d’enfants qui restent, où les filles seront privées de lecture et d’écriture et ne connaîtront jamais la liberté. Le choix est dur, et tous semblent vouloir fuir vers le Canada, terre natale de l’auteure du livre Margaret Atwood, où les choses sont restées identiques sans pour autant que le gouvernement canadien intervienne directement dans la république de Gilead (bien qu’il accueille tous ceux qui parviennent à s’enfuir). Ainsi entre corruption et tyrannie, June va essayer de retrouver sa famille qu’on lui a arrachée.

   Cette série, souvent éprouvante, nous indigne, nous révolte et nous frustre, et surtout nous incite à réagir face à tout ce qui pourrait amener à cette société. Ne pas se laisser poser une étiquette, disposer de son corps, et choisir comment on veut vivre notre vie, voilà ce que la série nous rappelle de ne pas laisser changer.

Bande annonce de la saison 1 :

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