Le veganisme : et vous, votre avis ?

Aujourd’hui nous vivons dans une société où il est de plus en plus difficile de trouver « sa » personnalité, de trouver « Le » truc qui nous différencie des autres ! Pour sortir du lot, certains se démarquent par leurs tatouages, la mode qu’ils suivent ou leur style de vie. D’autres se tournent vers un autre régime alimentaire : le véganisme.

Le véganisme, aussi appelé « végétalisme », fait partie des sujets les plus abordés du 21ème siècle. Mais plus qu’une identité sociale, est-ce réellement un choix déterminé à changer les choses ?

Ayant récemment eu l’occasion de voyager à Londres, je me suis demandé ce que la jeunesse anglaise pouvait penser du véganisme, dans cette ville qui a rapidement embrassé ce mode alimentaire en proposant une alimentation vegan dans ses restaurants ou supermarchés.

Voilà ce qu’ils m’ont répondu :

• « Je pense que tout le monde a le choix de choisir son alimentation, mais je peux comprendre ceux qui décident d’arrêter la viande. Je pense que c’est le meilleur chemin à suivre, mais certaines personnes aiment tout simplement le goût de la viande.« 

• « Tout le monde ne sait pas ce qu’il se passe dans les fermes et croyez-moi c’est plus facile de vivre dans l’ignorance que d’avoir conscience de cette horreur.« 

• « Pour ma part, je pense que tuer c’est aller à l’encontre de l’humanité, nous ne sommes pas nés carnivores et encore moins tueurs. Tu peux manger de la viande et avoir la conscience tranquille du moment que tu sais qu’ils ont eu une bonne vie. »

• « Après, je pense que pour devenir végan tu n’as pas besoin de l’accord de qui que ce soit, c’est ta propre décision. Mais tu n’as pas non plus besoin de le crier sur tous les toits, les réseaux sociaux ou d’essayer de créer une manifestation. C’est ta décision, c’est personnel et du moment que tu es heureux et que tu te sens bien dans ta peau c’est le plus important.« 

• « Malgré tout je pense que malheureusement les gens ne vont pas arrêter définitivement de manger de la viande. » – Jeune couple dans la vingtaine –

• « Je ne le suis pas mais si mon mode de vie me le permettait je le serais, je ne peux pas imposer ce choix à ma famille.  » – femme dans la trentaine-

D’autres encore ont eu de mauvaises expériences avec le végétarisme : maux de ventre ou malaises ayant mis leur vie en péril… ne pouvant faire autrement, ils ont dû suivre une alimentation normale.

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Voyons ce que les gens en pensent dans notre pays :

  • « Moi je suis pour, et je suis d’accord avec Léon Tolstoï (végétarien et écrivain russe majeur, auteur d’Anna Karénine et de Guerre et Paix) qui disait «Tant qu’il y aura des abattoirs, il y aura des champs de batailles. » ou encore « Le végétarisme vaut comme critère de base avec lequel nous pouvons reconnaître si l’homme aspire sérieusement à une perfection morale. La nourriture carnée est un résidu primitif ; le passage à une alimentation végétarienne est la première manifestation de l’instruction. ».

Nous consommons la viande parce que l’animal est déjà tué, si nous devions le faire nous-mêmes il y aurait plus de végans et végétariens. Tout ça parce que nous ne savons pas comment ça se passe pour les animaux.

Au 19eme siècle la consommation était encore moindre comparé à aujourd’hui et pourtant la question se posait déjà : Léon Tolstoï avait décidé de faire une expérience sociologique, pour montrer aux gens ce que représente réellement la consommation de viande. Lors de ses soirées, au moment du repas, il attachait une poule par sa patte à la chaise de ses invités.  De ce fait, lorsque l’invité réclamait la viande, Tolstoï disait « tue-la et prépare-la toi-même» et jamais personne ne le fit. Et ce fut un parfait exemple de l’importance de l’ignorance dans laquelle les gens vivent. » – Femme dans la quarantaine

  • «  Le véganisme c’est bien mais ça peut conduire aux mêmes excès que l’élevage intensif des animaux pour se nourrir ou l’industrie des vêtements. Prenons l’exemple du soja ou des champs de palmiers qui remplacent les forêts indonésiennes. Etre végétarien suffirait, le véganisme est extrême. Pourquoi ne pas être simplement végétarien ? » – Homme dans la cinquantaine –

vegan

Pour en savoir un peu plus sur ce mode alimentaire, j’ai décidé d’en parler avec quelqu’un qui le pratique. Tout le monde peut-il le devenir aussi simplement ?

Moi : Pourquoi es-tu devenue végétalienne ? Quel a été le déclic ? Est-ce par choix ou ta famille le pratique aussi ?

« Je suis devenue végétalienne pour plein de raisons différentes, premièrement pour l’environnement et la planète : produire de la viande demande de la terre, de l’eau et de l’énergie. Aujourd’hui, les 2/3 des terres agricoles sont consacrés à l’élevage ou à la production d’aliments pour le bétail alors que 800 millions d’humains souffrent encore de la malnutrition.

En remplaçant les terres agricoles consacrées à l’élevage par des terres destinées à l’alimentation humaine nous pourrions nourrir plus d’hommes. De plus, l’animal a besoin d’eau, un plat végétalien consomme lui, près de 70 % d’eau de moins qu’un plat « carnivore ».  Aussi, pour le respect de l’animal, aujourd’hui, l’homme n’a pas besoin d’animal pour se nourrir il le fait par goût.

Je n’ai jamais vraiment eu de déclic, j’ai toujours été intéressée par ce mode de vie et me renseignais beaucoup. Mais jamais l’idée de devenir végétalienne ne m’avait traversé l’esprit. Je suis la seule végétalienne de ma famille, mes parents mangent de la viande mais ils respectent mon mode de vie. »

Comment as-tu fait pour changer tes habitudes ?

« Changer nos habitudes est quelque chose de plus facile que ce que l’on pense, à force de regarder des documentaires alimentaires, les œufs et le lait me dégoûtaient alors j’ai réduit petit à petit ma consommation sans même m’en rendre compte jusqu’à totalement l’arrêter. Pour la viande ça a été différent, je n’ai jamais aimé la viande. Depuis toute petite je mangeais très peu de viande et seulement parce que mes parents m’y forçaient. »

Est-ce que c’est facile de se faire des menus végan lorsque tes parents ne suivent pas le même régime ?

« Oui et non, suivant un régime sans gluten depuis plusieurs années, je ne mangeais déjà plus les mêmes plats que ma famille. Ma famille respecte ma décision et lorsque qu’ils cuisinent un repas que je pourrais manger, ils jouent le jeu en remplaçant un beurre traditionnel par un beurre végétal par exemple. Je pense que tant que la famille respecte notre choix il est simple de faire un menu végan. »

Par quoi remplaces-tu les protéines ?

« Je remplace les protéines animales par des protéines végétales tels que la spiruline (une algue), le soja, les haricots, les lentilles, le quinoa, le beurre d’arachide, les pois chiches, les graines de chia ou bien l’avoine. Il faut tout de même faire attention à avoir assez de protéines chaque jour et faire des prises de sang régulièrement pour vérifier que notre corps ne manque de rien. Si le régime végétalien est bien suivi et que l’on prend en complément alimentaire de la vitamine B12 (la seule vitamine que le régime végétalien ne permet pas d’avoir), il n’y a aucune raison d’avoir des carences, il faut malgré tout être très vigilant. »

Est-ce que ce n’est pas trop contraignant lorsque tu sors avec tes amis pour aller manger ? Te sens-tu à l’écart ou différente des autres ?

« Encore une fois oui et non, être végétalienne est un choix alors je ne le prends pas comme une contrainte. Oui c’est plus facile de manger la même chose que tout le monde mais avec un petit peu d’organisation et avec l’habitude c’est facile ! Par exemple, je mange avant de sortir ou alors j’amène un plat chez mes amis. Je ne me sens pas à l’écart non, mes amis respectent mon alimentation et sont habitués à me voir manger différemment. Mais oui, mon alimentation est bien différente de la plupart des adolescents de mon âge. »

As-tu senti un changement physique ?

« Je n’ai pas senti de réel changement physique au niveau de ma peau ou de mes cheveux mais au niveau de mon énergie et de ma digestion. Les œufs et le lait sont des aliments très lourds à digérer pour le corps. Certaines personnes n’ont aucun problème à manger des choses lourdes et grasses, mais pour ma part arrêter ces aliments m’a aidé à me sentir plus « légère », à mieux digérer et à ne pas être écœurée. Mais je pense que les bienfaits d’un régime végétalien sont propres à chacun, nombreux disent qu’en arrêtant les produits laitiers leur peau est devenue plus belle, nous sommes tous différents. »

Penses-tu qu’il faut un certain revenu pour suivre ce régime ?

« Absolument pas, le régime végétalien est à la portée de tous ! La viande est un aliment qui coûte cher, alors remplacer les protéines animales par des protéines végétales coûte moins cher. Il est vrai que les produits « transformés » ou encore « travaillés » afin de ressembler à nos produits habituels tels que le fromage végan, les saucisses végan ou les pizzas végan, coûtent plus cher.

Mais si l’on remplace simplement les « produits animaliers » par des fruits et légumes ou autre produits végétaux « bruts », on ne devrait pas dépenser plus d’argent que la normale. »

As-tu des idées à apporter pour améliorer le quotidien des végans ou végétariens ?

« Je n’ai pas réellement d’idée précise, simplement de le rendre plus populaire en expliquant pourquoi nous devrions être végan. Mais, il ne faut pas tomber dans l’extrémisme. De nombreuses personnes critiquent les végans en les jugeant d’extrémistes qui se battent pour leur cause.

Je pense honnêtement que de dire « tu manges un cadavre tu n’as pas honte » en permanence à des « carnivores » n’aide pas. Ce n’est pas en critiquant l’alimentation d’une personne qu’elle va la remettre en question et la changer.

Mon entourage respecte mes choix et je respecte les leurs. Nous sommes libres de nos choix, j’ai mangé pendant 16 ans de la viande, je ne peux pas critiquer ceux qui en mangent. Il faudrait expliquer ce mode de vie de manière rationnelle et éclairée sans forcer la main des gens. »

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Philosophe, Corine Pelluchon s’intéresse notamment à la vulnérabilité. © Corine Pelluchon

« Nos rapports aux animaux sont un miroir dans lequel nous voyons ce que nous sommes devenus au fil des siècles. Ce ne sont pas seulement les horreurs dont notre espèce se rend coupable en exploitant d’autres êtres sensibles qui apparaissent dans ce miroir, mais le visage blafard d’une humanité en train de perdre son âme. » Corine Pelluchon est une grande philosophe et professeure à l’université Paris-Est-Marne-La-Vallée, qui fut pour moi  l’élément déclencheur de ma prise de conscience sur ma consommation de viande. Elle eut un grand impact sur ma réflexion quotidienne, notamment lorsque je devais choisir ce que j’allais manger le midi.

Curieuse, j’ai moi aussi voulu tester le régime végétarien. D’une part, parce qu’une grande philosophe m’a fait réellement prendre conscience de l’importance de mon acte lorsque je mange de la viande et je pense que la cause animale nous concerne tous. D’autre part, pour les bienfaits que cela peut apporter sur la santé.

J’ai donc considérablement réduit ma consommation de viande pour devenir flexitarienne (qui limite sa consommation de viande, sans être exclusivement végétarien) et enfin végétarienne. Cependant, j’ai trouvé cela très difficile de correctement s’y tenir, non pas pour le goût, par manque, ou à cause de l’envie, mais plutôt pour le mode de vie que cela implique.

Je me suis rendue compte qu’être végétarienne était compliqué, et ne pouvait être pratiqué correctement parfois qu’à un certain âge. Pour ma part, ma famille mange de la viande et imposer mon régime était compliqué.

Au début, dire non lorsque ma mère avait pris du temps pour préparer à manger était un réel défi. Lui demander de préparer un plat pour le reste de ma famille et un autre juste pour moi était inconcevable. Puis lors des sorties, je me suis aussi aperçue que lorsque les invités avaient préparé de la viande, il était presque impossible de dire non.

Voulant néanmoins tout faire pour m’y tenir, j’ai prévenu tous mes proches de mon régime alimentaire, qu’ils ont pour le moins tous compris. Ma famille s’est adaptée et j’ai réussi à atteindre le végétarisme pour quelques temps.

Aujourd’hui, je me considère comme flexitarienne car en ayant stoppé ma consommation de viande je n’avais pas bien remplacé l’apport de fer que mon corps me demandait, pas assez fait attention de recevoir les bonnes vitamines, etc… Il m’aurait fallut pour ça consulter une nutritionniste. J’ai donc pris la décision de faire les démarches nécessaires pour atteindre mon objectif  lorsque je serai indépendante. Ce sera mon combat, sans l’imposer à personne.

Jusqu’ici nous nous sommes exclusivement concentrés sur le régime alimentaire du véganisme. Cependant, ce mouvement va bien au-delà de l’alimentation puisqu’il se retrouve également dans le monde des cosmétiques, du prêt-à-porter … Le véganisme, c’est avant tout le choix de combattre les mauvais traitements aux animaux, à l’environnement et à la santé humaine. Mais alors, peut-on se dire végan si l’on en adopte que le régime alimentaire ? Pour ma part, je pense qu’avant même de devenir « complètement » végan, s’intéresser à toutes ces problématiques représente un grand pas en avant.

veganism

Pour finir, une autre réflexion pourrait aussi être à envisagée : Comment ne pas mettre à mal encore la diversité végétale ? Peut-être tout simplement en commençant par manger local et de saison. Reste à s’informer sur les autres solutions existantes.

D’autre part, le règne végétal n’aurait-t-il pas d’esprit ?  Les végans considèrent-ils que le végétal ne souffre pas au même titre que les animaux ? Se donnent-t-ils bonne conscience parce que les végétaux ne crient pas ou ne pleurent pas ? Le problème ne viendrait-t-il pas avant tout du surpeuplement de la planète ou du gaspillage de ses ressources ?

Enfin, avons-nous vraiment d’autres alternatives en tant qu’individu pour combattre les mauvais traitements aux animaux ?

De nombreuses questions restent sans réponse et c’est pourquoi j’écris cet article. Pour que l’on puisse réfléchir ensemble aux différentes possibilités que nous avons d’agir. Comme nous avons pu le voir, le véganisme n’est pas forcement la résolution de tous les problèmes car d’autres pourraient se créer si tout le monde le pratiquait. Mais je pense que pour l’instant il reste l’une des meilleures solutions que nous avons.

Une réflexion sur “Le veganisme : et vous, votre avis ?

  1. Le véganisme, autrement nommé « végétalisme intégral » s’étend bien au-delà du simple régime alimentaire, ce mode de vie exclut toute forme d’exploitation de l’espèce animale.
    Par conséquent, les véganes (ou antispécistes) sont engagés dans la protection animale dans sa globalité et essaient autant que possible de vivre sans faire souffrir les animaux, tant pour l’alimentation que l’habillement, que les loisirs.
    Ainsi, ils ne portent pas de laine, de fourrure, de cuir ; ils n’utilisent pas de produits pharmaceutiques ou cosmétiques testés sur les animaux, rejettent la corrida, ne vont pas au cirque ou au zoo.
    bon à savoir : la Journée mondiale du véganisme est fixée au 1er novembre de chaque année, jour de la Toussaint pour les croyants qui pratiquent le rite catholique.

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