Portrait presque impartial de Jair Bolsonaro, favori des élections présidentielles brésiliennes 

Dimanche dernier, les Brésiliens étaient invités à élire leur futur président. 46% des voix pour le candidat arrivé en tête lors du premier tour. 46%, c’est énorme. Et ça l’est encore plus quand on apprend que le favori n’est personne d’autre que Jair Bolsonaro.

Mais qui est Jair Bolsonaro ? Les médias parlent de lui comme d’un « nostalgique de la dictature, un Donald Trump brésilien » s’étant construit peu à peu l’image d’un personnage sulfureux à Rio, berceau de sa carrière politique.

Militaire, conseiller municipal en 1988, député fédéral d’extrême droite depuis 1991, sa ligne directrice reste assez floue. Et ses idées ? Peu orthodoxes. Pour lui, la plus grosse erreur de la dictature a été de « torturer et non de tuer ». En 2014, il a fait scandale en lançant à Maria Do Rosarie, une parlementaire de gauche, « qu’elle ne méritait pas qu’on la viole car elle était trop laide ». Il multiplie les déclarations racistes et homophobes : que son fils soit homosexuel ? Jamais. Il préfère « qu’il meure dans un accident », déclare t-il dans un entretien pour le magazine Playboy.

Radical.

Supporters of Jair Bolsonaro, far-right lawmaker and presidential candidate of the Social Liberal Party (PSL), react, in Brasilia
Des partisans de Jair Bolsonaro le 7 octobre 2018 à l’annonce des résultats. ©ADRIANO MACHADO

Et pourtant, impossible de nier sa popularité au sein d’une partie de l’électorat. A 63 ans, il devance de plus de dix-sept points le candidat du Parti des travailleurs, Fernando Haddad, qui bénéficiait pourtant de l’engouement autour de son prédécesseur, Lula Da Silva. Dans une période de grave crise économique et sociale (taux de chômage évalué à 13% en 2017), son programme semble satisfaire les chrétiens et les militants pro-armes. Jair Bolsonaro souhaite effectivement faciliter l’accès au port d’arme et abaisser la majorité pénale à 16 ans. Il promet également une réduction de la dette de 20% au moyen de privatisations et un système parallèle de retraite par capitalisation. Cependant, il n’évoque à aucun moment la déforestation ou le réchauffement climatique. En somme, priorité à la sécurité publique, retour à l’ordre, économie bien plus qu’écologie… Les impératifs du Brésilien nous rappellent étrangement la politique d’un pays situé un peu plus haut sur le continent.  

Aujourd’hui personnage polémique connaissant une ascension fulgurante, Jair Bolsonaro sera peut être président du plus grand pays d’Amérique latine demain.

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Jair Bolsonaro à gauche (Extrême droite) et Fernando Haddad à droite. (Parti des Travailleurs) ©AFP Archives

Affaire à suivre dans les urnes brésiliennes le 28 octobre prochain.

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