Julian Snöden : une pierre à l’édifice musical

C’est l’histoire d’un jeune parisien, la vingtaine, cicatrice sur le menton, bonnet enfoncé sur le front, discret à ses heures, bête de scène quand il le faut. Dès son enfance, il est plongé dans le monde de la musique, avec un père guitariste. Les instruments à cordes ? ce ne sera toutefois pas pour lui. Il préfère les percussions. Émettre du son à la force de ses mains. Frapper, secouer, faire du bruit, du bon* bruit, à l’aide des caisses et des cymbales de sa batterie.

Sorti du bac S, il quitte la capitale pour intégrer l’école HEI (Hautes Etudes d’Ingénieurs) avec une spécialité architecture à Lille. Aujourd’hui, il a rangé ses baguettes pour la MAO (Musique Assistée par Ordinateur) et fait partie d’une asso qui organise des concerts dans la ville étudiante. Il revient avec nous, et pour vous, sur son art.

A partir de quel âge as-tu commencé à faire de la musique ? 

J’ai commencé la batterie à 6 ans et j’en ai fait environ pendant dix ans. En ce qui concerne mes premiers pas avec la prod, cela remonte à mes 13-14 ans, mais à l’époque il ne s’agissait que de « tâtonnements » avec le logiciel. Mes premières vraies compositions doivent remonter à mes 16 ans, il y a maintenant 4 ans.

Quelles sont tes sources d’inspiration ? As-tu un modèle ? 

Évidemment beaucoup d’artistes éveillent et orientent ma créativité en musique. Je pourrais citer entre autres le grand Hans Zimmer, l’incontournable Stephan Bodzin, Nils Frahm ou encore Headless Horsman. Mais paradoxalement, ce ne sont pas uniquement les musiciens qui m’aident à créer. Bien d’autres styles artistiques ont leur importance dans ma façon de composer.

Aujourd’hui tu sors Rewind, c’est ton premier album ?

C’est effectivement mon premier vrai album/EP que je sors depuis mes débuts avec la production. Avant, je sortais des petites maquettes de sons mais je n’avais jamais lancé un projet comme celui-ci.

Comment tu pourrais décrire la couverture de ton album ? Comment on choisit les images qui illustrent sa musique ? 

L’art visuel est à mon sens une source d’inspiration aussi importante dans la production de morceaux que celui passant par l’oreille. L’auditeur doit pouvoir visualiser son interprétation du morceau et développer l’histoire qu’il renferme. Avec les illustrations qui accompagnent mes sons, je l’aiguille simplement sur mon interprétation, celle qui a fait naître le morceau.

Dans le cas de l’album « Rewind », il s’agit comme son nom l’indique d’un « rembobinage » sur l’année 2017-2018 qui a été marquée par de nombreux événements personnels. Chaque morceau porte alors la date d’un de ces événements. La pochette, tout comme la vidéo d’introduction de l’album (grand respect à Kevin Frillet pour son travail), ont mûrement été sélectionnés avant la sortie de l’album. Elles présentent parfaitement le cadre émotionnel dans lequel j’ai composé. Elles annoncent alors l’histoire de cette année que je laisserai le soin à l’auditeur de décrypter.

Pourquoi faire de la musique assistée par ordinateur ? Qu’est-ce qui te plaît particulièrement dans ce style musical ? 

Aujourd’hui en musique électronique, il existe une quasi infinité de genres musicaux bien spécifiques suivant les sonorités, du bpm (tempo) à la forme globale du morceau. C’est donc assez compliqué de se classer dans un de ces multiples genres. Étrangement mes sons diffèrent assez violemment les uns des autres. Suivant mes émotions du moment, je peux aussi bien faire de la techno sombre et très violente qu’un morceau mélancolique entièrement joué au piano. Pour l’EP « Rewind », je pourrais relativement le placer dans le genre « Melodic Techno », un genre assez calme pour être apprécié par la majorité.

Avec quoi fais-tu ta musique ? Toi qui aimes mélanger les arts, est-ce que tu procèdes de la même manière pour tes maquettes en musique qu’en architecture ? 

 Je réalise mes morceaux avec un logiciel de musique assez connu des producteurs de musique : Fl Studio. Les grands conservateurs sont sûrement en train de s’arracher les cheveux à la lecture de ce passage car il s’agit d’un logiciel souvent utilisé pour créer de la musique dite « commerciale ». Très mal vu dans le monde souterrain de la techno donc. Cependant, n’en déplaise aux petits esprits, j’ai grandi avec ce logiciel et le connais donc plutôt bien, ce qui m’offre aujourd’hui un plus grand nombre de possibilités.

En effet dans ma spécialisation, je suis amené à fabriquer quelques maquettes qui, comme mes prods, suivent un chemin de conception assez singulier. L’idée naît et un prototype approximatif voit le jour. C’est ensuite une longue phase de retouches, de réévaluation, jusqu’à l’obtention du produit fini.

Quelles sont les difficultés souvent rencontrées ? 

J’ai ce défaut/qualité qu’on nomme « perfectionnisme ». Malheureusement, il me rend souvent les choses très compliquées pour ma musique : j’écoute, je réécoute, j’efface, je modifie… Une perte de temps très importante qui m’empêche le plus souvent de sortir toutes mes créations.

Jusqu’où tu aimerais aller ? Est-ce que tu veux en faire ta profession ? 

Naïvement j’aurais envie de répondre un grand « OUI » à cette question, de quitter mon école pour consacrer ma vie à la musique. Mais plus raisonnablement, je la garde au stade de hobby et je me concentre sur mes études jusqu’à une éventuelle opportunité, qui sait ?

Tu as récemment intégré l’asso BPM dans laquelle tu es confronté aux professionnels. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur cette nouvelle activité ?

 L’asso BPM (qui se transforme de plus en plus en collectif), c’est une famille de 12 accros au monde de la nuit avec lesquels on organise des petits événements technos dans la commune lilloise. Elle permet à chacun d’entre nous d’élargir ses connaissances musicales et surtout de faire kiffer une communauté de teuffeurs en pleine expansion.

Que préfères-tu : chercher des talents, organiser des soirées ou mixer ?

Étant plus compositeur que DJ, ce n’est pas être derrière les platines qui me booste le plus. Comme tout bon digger (de l’anglais to dig, creuser), j’adore découvrir de nouvelles pépites et les partager avec mes potes puis avec la communauté techno. L’organisation, c’est plus la finalité d’un bon travail de recherche !

 Que penses-tu des nouveaux sons sortis ces derniers temps ? `

La techno est un monde ultra ouvert où tout le monde peut s’exprimer facilement. Cela explique notamment l’explosion du nombre d’artistes depuis quelques années et donc la difficulté d’accès à toutes les nouveautés dans ce genre musical. Il y a du bon et du moins bon mais tout ça reste relatif. Pour ce qui est de la « musique connue de tous », je trouve que le travail de Lomepal sur ces derniers albums est très novateur par le questionnement rap/variété qu’il soulève.

Où est-ce qu’on peut retrouver tes sons ? 

Pour écouter mes morceaux, rien de plus simple. Il suffit de se rendre sur la plateforme Soundcloud (qui permet aux plus discrets de partager gratuitement leur musique) et de taper « Julian Snöden ». L’album, et notamment la vidéo d’intro, sont aussi disponibles sur YouTube sous le même pseudonyme.

Bonne écoute à toutes et à tous…

 

 

 

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s