Les morts d’Acca Larentia : impunité, provocation et violences policières en Italie

A l’heure où l’on ressuscite, dans un procès joué d’avance, la figure de Clément Méric comme allégorie de l’engagement de la jeunesse, on peut regarder de l’autre côté des Alpes où l’on commémore l’assassinat, le 7 janvier 1978, de trois jeunes militants nationalistes et de leur camarades, tués par l’extrême-gauche ou par la justice arbitraire et violente de la république italienne des années de plomb. Une époque où l’Etat est contraint de compter les coups que se lancent les antifascistes et leurs ennemis du moment, les jeunes militants néofascistes qui gravitent autour de mouvements tels que le Front de la Jeunesse, ou le Mouvement Social Italien.

C’est justement à la sortie d’une réunion du MSI, le 7 janvier 1978 que trois militants du Front de la Jeunesse sont pourchassés par un commando d’antifascistes équipés d’armes à feu. Les mitrailettes crépitent et un étudiant en médecine de vingt ans, Franco Bigonzetti, s’effondre, tué sur le coup. Francesco Ciavatta, dix-huit ans, également blessé, parvient à s’enfuir un moment, mais il est rapidement rattrapé et une dernière rafale, dans le dos, le cloue au sol. Il meurt peu avant que l’ambulance n’atteigne l’hôpital. Blessé au bras, Vincenzo Segneri réussit à se réfugier, avec ses camarades, dans le local protégé du MSI. Ce n’est pourtant pas la fin du drame. 

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Une manifestation spontanée en hommage aux victimes a lieu, à l’endroit même du drame. La presse et la police arrivent en catastrophe pour suivre l’événement. Mais alors qu’un journaliste a l’idée d’éteindre sa cigarette sur une flaque de sang devant les manifestants, un mouvement de foule indigné menace l’équipe à laquelle il appartient. Dépassé par l’événement, un capitaine de carabiniers tire une balle dans la tête de Stéphano Recchioni, un étudiant et un guitariste de dix-neuf ans.

Le crime ne donne lieu à aucune poursuite. C’est pour protester contre cet état de fait qu’un an plus tard, une commémoration a lieu. La manifestation, interdite, est suivie de près par la police. Après avoir quitté le cortège, sur le chemin de son domicile, Alberto Giaquintho est approché par une voiture de police. Il reçoit une balle dans la nuque et est laissé agoniser vingt minutes sur le trottoir. Pressés de se couvrir, les policiers iront perquisitionner illégalement son appartement dans l’espoir d’y découvrir une arme ou un quelconque élément prouvant la violence qu’ils imputent à leur victime.

Enfin,  un ouvrier se donne la mort quelque mois après le premier meurtre. Il était le père d’un des jeunes morts du 7 janvier. C’est la cinquième victime de ce drame d’Acca Larentia. Il faut attendre 2008 pour qu’un hommage officiel ait lieu, incluant les cinq morts dans une longue marche aux flambeaux, à la mémoire de tous ceux qui ont péri pendant les années de plomb. Et tous les ans, les trois premiers martyrs d’Acca Larentia reçoivent un hommage spécial de la part du mouvement Casa Pound, auquel vous pouvez en partie assister sur ce bref montage (à partir d’une minute quarante) :

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Per tutti i camerati caduti : Esseri !

 

Image de couverture : © Antonio Cacace

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