Et si le tatouage sublimait nos formes ?

Pour la quatrième fois depuis 2016, l’International Lille Tattoo Convention recevait du 25 au 27 janvier, des artistes venus des quatre coins du monde. Cette année, ils étaient 352 pour environ 18 000 visiteurs. Chacun proposait des styles et motifs différents mais ont-ils su correspondre aux multiples attentes ? Si le tatouage est aujourd’hui un phénomène de mode, il semblerait qu’il soit également devenu un moyen de se défaire de ses complexes.

Des stands par centaines. Du « Old school » au néo-traditionnel, passant par le « Black work ». Des drapeaux aux couleurs des pays représentés : Italie, Amérique, France, Russie. De véritables stars du monde du tatouage comme Roberto Perrone ou Jonathan Perle, aux côtés des précurseurs tels que Jel Palumbo et Avishai Tene. Tout est pensé de manière à ce que le visiteur soit comblé. Dis-moi qui tu es et je dessinerai ce qui te correspond. Ou plus difficile mais tout aussi vrai : montre-moi ton tatouage, et je comprendrai qui tu es. 

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Véritable révolution culturelle, le tatouage est apparu aux Etats-Unis dans les années 70 en plein coeur du mouvement hippie sur fond de libération sexuelle. A l’époque, il possède une connotation virile, voire quelque peu agressive. Mais peu à peu, il traverse les frontières pour s’imposer en Europe et dans les divers milieux sociaux. C’est dans les années 2000 que la visée change. Il ne s’agit plus seulement de se rebeller contre la société mais de s’approprier son corps, de le signer et de l’embellir.

 

Chacun à sa façon. 

Une fois de plus, la Tattoo Convention a fait de Lille grand Palais un microcosme de la société. En l’espace de trois jours, elle a vu défiler des personnes de tout âge, aux goûts et physiques divers et variés. Aucune d’entre elles n’a pris le micro pour exprimer ses plus grandes souffrances ou quelconque mal être. Toutes dégageaient d’ailleurs une certaine assurance et un style bien prononcé. Pourtant, si on prenait le temps de les observer, on pouvait parfois lire sur elles ce qu’elles tendent à dépasser. 

« Je n’aime pas mes bras. » « Moi ce sont mes cuisses. » « Je ne suis pas comme tout le monde et je me fiche de celui qui ne l’accepte pas. » « Je suis trop grosse. » « Et moi trop maigre. » « Je ne colle pas aux mensurations que tu voudrais m’imposer. » 

« Au regard des autres, le meilleur costume qui vous sied est celui qu’ils vous taillent. » Serge Zeller.

Pour la grande majorité des tatoués, encrer sa peau quitte à la recouvrir entièrement de motifs, est une façon de s’assumer et d’accepter un corps considéré jusque là comme un ennemi. Cependant dès lors que l’aiguille se pose, il ne s’agit plus d’anatomie mais d’art. La chair devient alors une scène de théâtre sur laquelle s’écrit une histoire, très souvent intime et relative aux tourments de son scénariste. Pour Lisa, étudiante de 21 ans, son tatouage est la preuve que le rapport de force peut s’inverser. Si notre corps nous est imposé, il ne dépend que de nous de reprendre le contrôle « en le modifiant de façon permanente, en le maquillant, le camouflant ou en le rendant mystérieux et sexy. »

 

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