My Beautiful Boy – un drame guidé par l’espoir

J’ai découvert My Beautiful Boy, de Felix Van Groeningen (Alabama Monroe) à sa sortie aux États-Unis en octobre dernier. Je ne mesurais pas l’enjeu que représentait ce film dans ce pays où les morts par overdose ne cessent d’augmenter depuis une petite dizaine d’années. Outre-Atlantique, la drogue est même devenue un problème de santé publique puisque en 2017, l’espérance de vie des américains a diminué. La cause de ces morts par overdose est principalement liée à la prise de nouvelles beautiful-boy-1.20190201000000drogues dites opioïdes synthétiques comme le fentanyl (estimé être dix fois plus fort que l’héroïne ou la codéine) dont les jeunes méconnaissent les risques. Ces opiacés sont bien connus des professionnels de santé puisqu’ils peuvent être administrés à des patients pour limiter leur souffrance physique ou leur anxiété. Dans le cas du fentanyl, les plus récentes études estiment à deux millions le nombre d’américains qui en sont dépendants et le nombre de morts par fentanyl a été multiplié par 7 entre 2014 et 2016. C’est d’ailleurs lui qui a été mis en cause dans le décès du chanteur Prince en 2016.

Dans My Beautiful Boy, David Sheff, est un père de famille qui tente de sauver son fils aîné, Nic Sheff, un jeune toxicomane. Ce film s’inspire de faits réels. Il est la conjonction de deux autobiographies : Beautiful Boy : a father’s journey through his son’s addiction, de David Sheff & Tweak : growing up on Methamphetamines, de Nicolas Sheff. C’est ce qui fait son originalité puisque nous partageons à la fois le regard du père, conscient du problème de son fils, et le regard du fils qui fuit le problème parce qu’il croit avoir choisi la drogue.

My Beautiful Boy pourrait se résumer à un drame s’il n’était pas guidé par l’espoir. Ce sont autant les souvenirs, les rires, les erreurs, les récompenses, les déceptions ou les rêves, qui dessinent les étapes de ce film. Un film qui ne cède pas à la complaisance ou à l’épanchement. Au contraire, il est parfois d’une extrême dureté pour mieux nous rappeler sa part de réalité. Felix Van Groeningen ne cherche pas non plus à nous donner de solution mais nous interroge simplement sur notre capacité à réagir dans l’adversité. Le duo Timothée Chalamet/Steve Carell est d’une pudeur saisissante et d’une intensité rare. L’émotion remplace nos certitudes. Nous devenons aussi impuissants que les personnages, ne pouvant parier ni sur le dénouement du film, ni sur notre état à la sortie de la salle.

Sortie : mercredi 6 février 2019

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