Les ONG, au cœur de la démocratie

Aujourd’hui, c’est la journée internationale des ONG. Cette journée pourrait sembler anecdotique, et pourtant ! Le nombre et l’importance des ONG est tel qu’il est essentiel de parler de ces structures un peu particulières. A la fois porteuses d’intérêts spécifiques, médiatrices entre les citoyens et les pouvoirs politiques et/ou financiers, lanceuses d’alerte ou encore monitrices du fonctionnement des institutions, les ONG jouent un rôle crucial dans notre système.
Pour beaucoup d’entre-elles, ce sont des organismes mondialement connus : on peut citer, parmi tant d’autres : Amnesty International, Greenpeace, Médecins sans frontières, Action contre la faim, WWF. Pourquoi alors les ONG sont-elles si importantes et puissantes ? Parce que dans le système que nous connaissons aujourd’hui,  elles sont considérées comme des contre-pouvoirs essentiels. Leur rôle est vu parfois comme salvateur par les citoyens.
Pour autant, il faut prêter attention à ne pas avoir une vision angélique des ONG. Elles ne sont pas totalement détachées des Etats et en dépendant parfois. Certaines en émanent, même. Elles élaborent souvent des programmes conjoints avec des institutions. De même, elles discutent beaucoup avec les lobbys pour essayer d’obtenir des arrangements avant de médiatiser une affaire. Et, comme avancé précédemment, elles ont des intérêts spécifiques. Si elles ne sont pas à but lucratif, elles ont néanmoins des employés, une structure massive à faire fonctionner. Elles ont besoin des fonds. Et elles doivent à la fois convaincre les citoyens de prêter attention aux enjeux qu’elles cherchent à mettre en avant, et leur demander de les soutenir financièrement. Citoyens qui peuvent parfois se trouver perdus face à l’immense « offre » en termes d’ONG. De même, on ne compte plus les scandales liés aux ONG (relatés plus amplement dans l’article de Charlotte Meyer), et la tendance d’un bon nombre d’entre-elles à se présenter comme des « sauveuses » dans des pays non-occidentaux est plus que critiquable.
Ainsi, s’il est vrai que les ONG mènent une bataille importante entre elles pour convaincre les individus qu’elles sont les plus importantes et qu’elles peuvent poser problème sur de nombreux sujets, elles demeurent d’utilité publique dans certains cas car elles permettent de mettre à jour des problématiques en les médiatisant. On ne compte même plus, malheureusement, les scandales humanitaires/écologiques/économiques mis en avant par des ONG. Elles influencent alors plus ou moins directement les décisions publiques et permettent de contre-balancer le pouvoir économique. Comme souvent quand il s’agit de pouvoir, les ONG ne sont pas des îlots de perfection. Au-delà de ce qu’elles présentent publiquement, elles comportent leurs zones d’ombre, qui sont importantes et qui ne doivent en aucun cas être minimisées. Pour autant, et ce d’autant plus dans la situation actuelle, elles peuvent servir dans certains cas à porter des causes qui auraient plus de difficultés à être visibilisées autrement. Peut-être mériteraient-elles, tout comme notre société, une refondation en profondeur dans leur structure (leurs hiérarchies étant souvent très peu féminisées et/ou racisées, entre autres) ou dans leurs principes pour qu’elles regagnent en crédibilité ?

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