Beaucoup de bruit pour rien… ou pas ?

« When you play the game of thrones, you win or you die. There is no middle ground. »

La bataille décisive aura lieu cette nuit.

Entre ce samedi 18 mai et dimanche 19 mai, la guerre la plus sanglante de l’année n’épargnera aucun journaliste jeune.

C’est un endroit coupé du monde, ou plutôt de l’Autre Monde ; celui où le commun des mortels vaque tranquillement à ses occupations. Ce samedi soir, ils s’empiffraient joyeusement de pizzas et de sodas devant le dernier épisode de leur série préférée, ignorants du drame qui se jouait au cœur de l’univers Louis Lumière.

Mais qui pourrait se douter qu’un tel monde existe ? Il est à la fois votre plus grand rêve et votre plus grand cauchemar. Un soupçon d’excitation et une vague d’angoisse. Une lutte de pouvoir intarissable qui frôle l’indécence. Un déchaînement de violence, de sexualité morbides, de vengeances froides. Pendant quinze heures, trois cent journalistes jeunes vont se déchaîner. Leur but ? Atteindre le trône. Le trône tant convoité également connu sous le nom plus populaire de « prix expresso ».

Aile West. Du côté de Westeros, les hostilités ont déjà commencé. La tribu du Journal en Direct, affectueusement appelée « JED », veille avec un œil impertinent sur toutes ces régions qui s’affrontent, dessinant leurs plans de guerre entre deux jingles et verres de café. La famille des bretons a hissé l’étendard à l’entrée même de leur partie du monde. Haut et grand, il flotte sous les yeux de tous les guerriers, regard narquois sur toutes ces foules méprisant leur indépendance. De leur côté, deux familles ont déjà montés les tentes de protection. La Plume du Peintre et le Petit Charles ont leur grotte grande ouverte et sont prêts à s’y lancer dès la première expression belliqueuse. Un peu trouillards, me direz-vous. La reine de la région Noctambule est elle aussi bien entourée. « Elle est la seule à pouvoir se réfugier dans son château! » se lamentent ses sujets. Effrayés et abattus, ces derniers traînent lentement le long des donjons, conscients de leur sort et guettant misérablement une défaite prochaine. Qu’ils se rassurent : la tribu Ecrit Turgo a de son côté enfilé sa veste blanche : connue pour ses vertus médicinales, elle soignera les plaies des plus touchés, oubliant tout antagonisme pour sauver les vies de ces pauvres âmes. Ils ne pourront malheureusement pas réparer les blessures du mobilier des FMR qui, sans grande inquiétude, laissent leurs bibelots les plus fragiles exposés à la portée de tous. Les sirènes de la Mouette Bâillonnée aussi ont du souci à se faire. Leurs nageoires se sont égratignées entre deux lancers de sujet. A l’heure de la plus grande bataille, il est à craindre qu’elles ne puissent pas s’échapper. C’est sans compter sur la terrible famille F 451 qui, en plus d’avoir le nom le plus étrange de cet univers, ont déclenché un contre-happening contre la famille Combat d’Essos.

© Léopold Meyer

Essos justement n’est pas plus en sécurité. Un terrible meurtre a déjà eu lieu au coeur du manoir de la famille Combat qui peine à trouver le coupable. Face à ce désastre, leurs voisins, les Hexag’online, étranges créatures au corps d’abeille et à la tête d’homme et de femme, ont érigé des rambardes. Leurs munitions jaunes sont d’ores et déjà installées et prêtes à s’envoler. Les Gazette ont eux déployé leur force navale. Bras croisés, dents acérés, ils fixent l’aube de la bataille pour pouvoir intervenir. Plus léger, les Condorcéens affichent des couleurs pimpantes et des visages anachroniques, certains d’une victoire ; c’est qu’elle est la seule famille à pouvoir revendiquer plusieurs vies. Et au sein de ce drame, deux familles persistent à demander la paix, lançant des appels à l’amour et à l’apaisement des cœurs les plus durs. Les Echos du Lac distribuent des embrassades à tour de bras ; les Daylimosin préfèrent proposer des peluches bariolées. Quant aux Nous Vos Papiers, ils soignent à leur façon les esprits les plus lourds. C’est à leur porte que les guerriers de Louis Lumière viennent noyer leur souffrance dans les boissons les plus fortes.

Ah ! Tristes et pauvres êtres, passionnés jusqu’à la mort, acharnés pour leur liberté au risque de perdre la vie. Ils sillonnent le monde Louis Lumière, abîmés, déformés, infirmes. Leurs luttes de chaque heure pour attraper les sujets les plus vitaux de leur existence ont tracé des cicatrices incurables sur leurs visages déjà lourds de mousse à raser et de substances diverses. La tension est telle qu’une simple feuille de papier les pousse dans les bras de la folie. Il faut les voir, ces guerriers inarrêtables, griffer, frapper, éventrer, démembrer, toutes les fois qu’il s’agit de recevoir ce mystérieux nouveau sujet. On ne compte plus les cadavres qui tapissent ce monde en guerre. Une guerre qui compte de nombreux intrus tous plus dangereux les uns que les autres. Des êtres surnaturels qui ont dépassé depuis longtemps la barre des vingt-cinq ans se sont faufilés dans les rangs des combattants. Ils tentent de voler la gloire des plus jeunes, incapables de reconnaître que leur temps est fini et qu’ils n’ont plus l’âge de s’asseoir sur le trône.

Encore quinze heures avant la fin de la guerre. Heure fatidique et mortelle où seule une rédaction sera appelée à régner sur le trône d’Expresso. Les autres, pauvres familles vidées de tout espoir et de tout avenir, finiront dans les limbes de l’oubli. Certains rejoindront le côté obscur, de l’autre côté du mur de glace. Celui où les âmes damnées dressent cette créature effroyable, plus laide que tous les monstres issus des mondes fantastiques, plus grande que toutes les bêtes sculptées par nos ancêtres. Imagine d’essayer de se l’imaginer : elle dépasse toute raison. Cette créature qui fait trembler l’échine de plus d’un, c’est la Censure. Journalistes jeunes, prenez garde. Une défaite risquerait de vous emporter tout droit dans ses rangs…

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