Disney, l’oncle Picsou du box-office

« Je suis Picsou et si tu fais quelque chose qui me déplaît, j’achète toute la ville et je te renvoie »

Vous connaissez sûrement Oncle Picsou, le vieux canard extrêmement riche et radin créé par les studios Walt Disney en 1947. Lui, comme les autres personnages Disney, ont bercé votre enfance ? Eh bien la firme est un peu comme ce bon vieux canard : très vieille, très riche et monopolistique.

Disney, c’est six des plus gros films de tous les temps grâce au rachat des franchises Marvel et Lucasfilm (Star Wars). C’est aussi près de 49 milliards de dollars grâce aux produits dérivés en 2014, soit 8% du chiffre d’affaires total. Très bientôt, ce sera une toute nouvelle plateforme de streaming légal, prête à entrer en concurrence avec Netflix. Et, vous ne le savez peut-être pas, mais c’est même une société d’aviation, Earth Star. En somme, Disney est partout, tout le temps, et tout comme Picsou il cherche à dominer toutes les affaires et à accumuler le plus d’argent possible.

Quel est le problème ? Difficile de critiquer le gourou de notre enfance, celui qui nous a offert Mickey, Donald et des versions emblématiques de Blanche Neige, le Livre de la jungle, Aladin, les Aristochats et bien d’autres. Gardons tout de même à l’esprit que ces versions sont des réadaptations, le plus souvent de contes.

Parce que c’est beaucoup ça, Disney. Un univers qui, jamais adulte, continue de nous enchanter. Un monde qui n’est plus réservé aux enfants. Combien d’entre nous seraient ravis d’obtenir des places offertes à Disneyland, encore aujourd’hui ? Cet imaginaire est ce qui fait sa force. L’enchantement que produit l’univers Disney vous fait, nous fait oublier que la magie n’est pas permise par de petits elfes ailés, mais par une multinationale.

Et alors, que reste-t-il de l’art quand les œuvres cinématographiques sont vues comme de simples sources de revenu ? Disney applique une véritable recette magique qui fonctionne à tous les coups, dont certains commencent malgré tout à se lasser. Ils finissent par y laisser une partie de leur créativité et, en occupant cette place culminante dans le box-office, ils gardent égoïstement le monopole du film d’animation. Cela empêche les films peut-être plus originaux avec des moyens moins élevés de se faire une place. Disney avale et recrache ses concurrents, comme ce fut le cas de Pixar, Marvel et d’autres. Dans cette optique bien représentative du modèle bien représentatif du modèle américain et capitaliste.

Disney s’approprie notre enfance et en fait une industrie colossale, un marché. La firme façonne l’imaginaire collectif, le manipule et le rentabilise au point d’en faire une marque. Cela ressemble à quelque chose que pourrait faire Picsou, non ? Finissons sur une citation de Michael Ester, ancien président directeur de Walt Disney :

« Nous n’avons pas l’obligation de faire de l’art »

Article écrit par Fanny Lardillier, Pierre Courtoit–Boutet, Marion Muller

Dessin : Nina Pelé 

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