Camus du mois : L’Etranger

 

L’une des œuvres les plus connues d’Albert Camus est sans conteste L’Etranger.

L’histoire est celle de Meursault, habitant à Alger en Algérie française. Dès le début, le narrateur et personnage principal nous annonce la mort de sa mère et les péripéties pour se rendre aux obsèques. Ensuite, il nous raconte comment il a rencontré un semblant de relation sentimentale mais aussi sa rencontre avec Raymond, qui deviendra un des personnages clés de son destin. En effet, ce dernier, ayant une relation chaotique avec une certaine femme, se retrouve poursuivi par l’Arabe, frère de cette dernière. Il sera donc en constante angoisse à l’idée de se retrouver face à lui. Meursault, dans un sursaut d’amitié et d’héroïsme dont on n’aurait pas soupçonné l’existence, va se retrouver à assassiner l’Arabe. Il se trouve donc pendant toute la seconde partie de l’œuvre en prison, avant d’être condamné à mort.

Voici une des manières les plus brèves de résumer l’œuvre camusienne. Mais elle est évidemment beaucoup plus complexe que cela, avec des conflits internes bien propres au héros camusien. En effet, nous allons assister durant toute la durée de l’œuvre à une chose dérangeante : Meursault va raconter les évènements le plus froidement possible, en dépeignant le plus sobrement possible ce qu’il a ressenti, quitte à justifier son absence totale de raisonnement par moment. Nous avons donc affaire à une personne qui va exprimer le fait qu’il ne ressente pas assez de sentiment fort pour Marie pour l’épouser. De même, il hésite à se positionner quand son ami a besoin d’aide vis-à-vis de l’Arabe qui le poursuit.

Ainsi, Camus nous fait voir un personnage incapable de s’impliquer complètement dans une quelconque relation, pas même vis-à-vis de sa propre vie. Il ne va être que dans l’à peu-près et ne prendra de décision que lorsqu’il y sera forcé. Il ne s’impliquera pas plus dans son procès alors qu’il a conscience d’être obnubilé par ce dernier, car sa vie en dépend.

Ce livre est dérangeant. Le personnage en est horripilent. Et pourtant, on s’y attache. Pourquoi nous énerve-t-il autant ? Pourquoi nous dérange-t-il autant ? Pourquoi ne sommes-nous pas à l’aise avec lui ? Il n’y a aucune réponse précise à ces questions. Elles ne sont que subjectives. Mais elles se doivent d’être posées.

Quoi qu’il en soit, ce livre de Camus est et restera fondateur de la question de l’intellect, de notre capacité à ne pas être nous, à ne pas nous engager, à ne pas vouloir s’imposer. Ce qui en fait un livre plus qu’intéressant et nécessaire à la lecture.

Et ça, c’est un Sartrien qui vous le dit.

Image de couverture : Frédéric Rebena

 

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