L’accès à la culture : à quand l’égalité ?

Que faire aujourd’hui lorsque la culture semble être devenue un luxe ? Comment ne pas être aujourd’hui révolté que l’on oppose tellement structurellement, mécaniquement, économiquement et pire, socialement, les différents types de culture ?

A l’heure où il est assez simple d’être à proximité d’un cinéma, d’une bibliothèque, d’un musée ou d’un lieu de diffusion de spectacles, les salles sont vides. Que ce soit au théâtre, au cinéma ou ailleurs, la culture ne semble plus attirer grand nombre. Mais pourquoi donc ?

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Illustration de Nina Pelé

Il existe plusieurs explications à cette question. La première est temporelle : avec l’accélération de notre train de vie, notamment mis en place par la norme capitaliste, le fait de se poser, de prendre du bon temps ou de faire le déplacement dans un établissement culturel est devenu une perte de temps. En effet, si nous allons nous poser et prendre du bon temps, nous culpabiliserons sur le fait que nous pourrions prendre ce temps pour être productif. Il est donc aujourd’hui devenu difficile pour beaucoup de personnes d’admettre que regarder un film, lire un livre, regarder une pièce de théâtre ou aller au musée va leur servir dans l’instant présent, dans leur priorité du moment. Et comment leur en vouloir ? Nous sommes aujourd’hui conditionné.e.s à réfléchir de cette manière ! Plus que jamais, le temps, c’est de l’argent. Et perdre son temps, c’est donc perdre de l’argent. De plus, nous pouvons comprendre assez aisément que lorsque l’on fait un travail physique, notre priorité n’est clairement pas d’aller nous balader dans un musée, mais plutôt de nous poser, de nous reposer.

Une autre explication possible est évidemment la question financière. Comment aujourd’hui pouvons-nous décider d’aller au cinéma quand la place coûte moyennement 10€ dans les grands complexes ? Aujourd’hui, les lieux de diffusions culturelles sont devenus chers, donc moins accessible pour une certaine part de la population. Ces prix ont une explication : certaines structures sont en manque de fonds financiers et essayent donc de s’y retrouver autrement. Cependant, d’autres structures augmentent volontairement les prix, afin de pouvoir rentabiliser un maximum. Mais ceci est un tout autre sujet. Quoi qu’il en soit, les prix sont trop élevés pour que tout le monde puisse y accéder. Et donc, cela a amené inexorablement à mettre la culture dans des cases : les spectacles qui coûtent chers sont pour les gens riches, qui ont des moyens importants. Les pièces que l’on retrouve dans les petites salles, montées par des associations, sont moins chères, donc plus accessible pour une autre partie de la population. Et, en exploitant ces différences et en appuyant dessus, le risque est donc de faire croire aux personnes qui n’ont pas la possibilité d’accéder à des spectacles plus coûteux qu’elles n’ont pas non plus les capacités intellectuelles de voir et/ou de comprendre ces spectacles.

Une dernière possibilité est bien sûr la difficulté géographique. Malgré la volonté, durant une longue période, de mettre en place une décentralisation culturelle, celle-ci a échoué. En tout cas, cette décentralisation n’a pas fini son œuvre. En effet, si les gros centres culturels ont évolué (plusieurs villes sont aujourd’hui des centres névralgiques de la culture française comme Paris, Rennes, Nantes ou encore Avignon), il n’en reste pas moins que les villes plus modestes n’ont pas forcément de centres culturels à proximité. Et la population en milieu rural se doit donc de faire de nombreux kilomètres pour se rapprocher de ces centres.
Nous pouvons donc voir qu’il est nécessaire de se questionner franchement sur l’accès à la culture en France. Et nous devons nous questionner sur les différents acteur.rice.s qui peuvent apporter des réponses à ces besoins. En effet, nous sommes tou.te.s responsables de cette question. Il nous faut nous questionner sur nos moyens d’actions, car il n’est plus acceptable aujourd’hui que l’accès à la culture soit aussi fragmenté. La culture est un sujet populaire, au sens où elle apparent au peuple, ou plutôt, elle n’apparent à personne, donc à tout le monde. Nous devons donc ensemble agir pour qu’enfin, une démocratisation culturelle soit possible et que celle-ci soit pour tou.te.s !

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