Viols dans l’Eglise : Des Argentins muets et sourds demandent réparation auprès du Vatican

Viols, abus sexuels et mauvais traitements sur des mineurs muets et malentendants. Depuis 2016, l’Argentine est secouée par une affaire de grande ampleur mettant en cause deux prêtres et trois agents administratifs de l’institut Provolo, à Mendoza. Fin février, des victimes ont entamé une tournée internationale pour sensibiliser l’opinion publique et demander réparations.

« L’Église refuse d’indemniser » les Argentin.es victimes d’agressions sexuelles et de viols. Ces propos sont ceux de l’avocat de la défense, Lucas Lecour. Depuis le 17 février, certaines de ces victimes se sont exprimées devant les comités contre la torture et celui des droits des enfants de l’Organisation des Nations unies à Genève, en Suisse. D’ici le 22 février, les victimes souhaitent rencontrer le pape Argentin, Jorge Bergoglio – dit François – au Vatican, pour demander justice et réparations.

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Le siège de l’ONU, à Genève © DR

« L’Église refuse d‘indemniser alors que les victimes sont issues des classes les plus pauvres, et ont urgemment besoin de ces sommes pour leurs traitements, notamment psychologiques », s’insurge l’avocat des victimes, Luca Lecour.

Deux procès encore en attente

Pas moins de vingt victimes seraient concernées par ces atrocités. Ezequiel Villalonga, sourd-muet, est l’une d’entre elles et est déterminé à condamner internationalement Horacio Corbacho, 59 ans, Nicola Corradi, 83 ans, et Armando Gomez, 49 ans, entre autres. Une quinzaine d’accusés seraient encore en attente de l’ouverture de deux procès.

Le jeune homme, désormais âgé de 19 ans, veut dire au pape qu’ils ont « la force nécessaire pour continuer à nous battre pour obtenir justice ».

L’omerta du Vatican

Ezequiel Villalonga a subi ces atrocités entre ses 4 ans et ses 16 ans, alors interne à Provolo. Il raconte : « La vie là-dedans était terrible. On n’apprenait rien, on ne communiquait pas entre nous, on ne connaissait pas la langue des signes. On écrivait sans savoir ce que ça voulait dire, on demandait alors à d’autres camarades mais personne ne comprenait rien. » Une position de faiblesse exploitée par les prêtres et les agents administratifs.

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Dans ce pays catholique, les Argentins réclament la séparation entre l’Etat et l’Eglise © DR

Nicola Corradi n’est pas méconnu au sein du milieu ecclésiastique. Italiano-argentino, il exerce à l’institut Provolo de Vérone, au nord-ouest de l’Italie. En 1998, il a été transféré à l’antenne de Mendoza, à l’ouest de l’Argentine, après avoir été accusé de viols sur mineurs. Jusqu’en novembre 2016 – date de sa détention provisoire – il a été maintenu à la tête de l’institut argentin des Andes. A proximité d’enfants.

L’avocat des victimes accuse alors le Vatican d’omerta. En effet, dès 2014, de potentielles victimes italiennes de viol écrivent une lettre au Pape François. Sans réponse. L’avocat est critique : « Le Vatican n’a rien fait et a attendu les signalements devant la justice argentine en 2016 pour envoyer des enquêteurs. »

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