Globalisation et gestion des crises : l'Australie, cas d'école ?

Crise sanitaire oblige, la catastrophe climatique qu’a subi le continent il y a encore quelques mois semble loin derrière nous. Pourtant, la question australienne reste toujours d’actualité. 

Depuis septembre 2019, des incendies ravagent le continent australien, dévastant faune et flore. Leur gestion pose bon nombre de questions puisque à l’heure de la globalisation et du dérèglement climatique mondial on ne peut pas voir ici de catastrophe isolée dont la résolution ne devrait incomber qu’aux seules autorités locales. Tant dans leurs causes que dans leurs conséquence ces incendies interrogent les liens qui unissent les pays au XXIème siècle.

Le prix de choix internationaux décennaux

Si tout un continent brûle depuis plusieurs mois, ce n’est pas là le fait de la seule situation géographique particulière de l’Australie qui, effectivement, est soumise à un climat majoritairement désertique ou semi-aride. Le réchauffement global se fait particulièrement ressentir sur le continent. 2019 était déjà l’année la plus chaude jamais enregistrée par le pays. Elle a aussi été l’année la plus sèche. D’autre part, les incendies ne sont certes pas une nouveauté pour l’Australie mais ils surviennent de plus en plus tôt, ce qui témoigne d’un dérèglement certain.

 

©BOM – Bureau of Meteorology

 

Notre-Dame/Leur Drame : deux poids, deux mesures ?

Là où le bât blesse le plus c’est que l’aide internationale tarde à arriver. Surtout, par rapport à la rapidité de la réaction qui avait suivi l’incendie de Notre-Dame de Paris, la frilosité des Etats pose question. Les Etats-Unis et le Canada ont attendu le mois de décembre pour entrer en action et la France elle, début janvier. Quand on sait que la cathédrale française avait reçu plus de 500 000 dollars en moins de 48h, on se demande si les enjeux de ces incendies ont bien été assimilés par tous. Car au-delà d’un drame national pour des Australiens qui font le deuil d’une partie de leur patrimoine naturel, c’est un drame écologique international : presque 500 000 millions d’animaux sont morts ou ont vu leur habitat détruit. 30% de la population de koala aurait ainsi disparu depuis septembre.

Solidarité, convivialisme… les nouveaux modèles de la gestion de crise

Pour pallier une réaction absente ou lente, des mécanismes nouveaux se mettent en place, ou plutôt des mécanismes anciens refont surface. Ainsi, la solidarité et le convivialisme, très prisés par un certains nombres de collapsologues et anthropologues, comme Pablo Servigne ou d’anthropologues Alain Caillé se propose de remettre le partage et l’entre-aide au cœur des rapports humains. Ces processus peuvent notamment servir à court-circuiter un Etat. Dans le cas des incendies d’Australie, les réseaux sociaux ont joué ce rôle de passerelle de l’entre-aide puisque de nombreux appels aux dons y ont été lancés, sous des formes diverses et variées. La préoccupation sociale et environnementale s’est appuyée sur des mécanismes anciens de sociabilité pour trouver une réponse positive face à des gouvernements critiqués pour leur indécision et leur inefficacité.

Image à la Une :  ©David Grey/Reuters

 

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