Jeunes musiciens à l’heure du confinement : Ysé

En ces temps pour le moins étranges, face à la multiplication sur les réseaux sociaux d’initiatives portées par des musiciens – Boléro recomposé à domicile par l’Orchestre national de France, reprises quotidiennes, par certains internautes, de musiques populaires– l’idée m’est venue de poser quelques questions, en lien ou non avec le confinement, à une talentueuse jeune musicienne : Ysé.

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@annieanniemusique

Peux tu te présenter ?

Je m’appelle Ysé, j’ai 17 ans. Je suis en terminale littéraire au lycée Balzac, à Paris. J’ai commencé la musique très tôt, poussée par mon père,  en essayant d’abord le violon : ça m’a beaucoup déplu. Je me suis tournée vers le chant assez rapidement : au départ, je chantais sur des karaokés, mais j’ai voulu ensuite pouvoir m’accompagner seule. J’ai donc pris des leçons de piano classique, puis d’accompagnement. Depuis, je fais de l’accompagnement au piano, et je compose. J’ai un grand goût pour la littérature et l’écriture, et cette façon de faire de la musique me permet de combiner ces deux passions. Mon nom de scène est Annie ; je l’ai choisi pour plusieurs raisons. D’une part, c’est le nom de la première comédie musicale dans laquelle j’ai joué ; d’autre part cela fait référence à la chanson Smooth Criminal©, de Michael Jackson, qui est l’artiste qui m’a fait aimer la musique. Et on m’a toujours dit que j’étais un peu vieillotte, alors je trouve que ce nom me correspond bien.

Tu chantes et joues du piano. Peux-tu nous parler un peu de ton parcours musical et de tes projets ?

J’ai commencé après un épisode de grande souffrance amoureuse. J’ai voulu écrire un EP ; j’ai écrit la première chanson il y a un an et demi. J’ai écrit cinq chansons qui parlent des différentes étapes de la rupture amoureuse, et je les ai mises en musique. Comme je ne peux faire que du piano-voix, j’avais demandé de l’aide à des amis musiciens. J’espère pouvoir enregistrer cet EP un jour : les studios sont très chers, et je n’ai pas le matériel technique chez moi. J’ai aussi décidé de lancer un petit truc sur instagram, des reprises piano-voix sur un compte qui s’appelle @annieanniemusique. Au début, j’ai eu du mal à montrer ce que je faisais, du mal à être satisfaite de moi-même, et ce compte m’a beaucoup  aidée. Il m’a permis de rencontrer des gens ; j’ai même pu participer à un petit concert.

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Capture d’écran via @annieanniemusique

 

Tu as participé à d’autres événements de ce genre ?

Je suis inscrite à l’école ATLA, dans le dix huitième arrondissement de Paris. Je participe aux ateliers de groupes depuis cette année – nous devions d’ailleurs faire un concert en avril. J’ai fait d’autres petits concerts, notamment un avec un ami rappeur, Chiloo. J’ai fait aussi un concert dans le cadre d’une opération de levée de fonds, avec la Maison de la solidarité (NDLR : établissement public spécialisé dans le domaine social).  Plus jeune, j’ai participé à quelques comédies musicales, et lors de la dernière année, j’ai obtenu le premier rôle, ce qui fait que j’ai pu chanter un peu plus. C’est ma première expérience sur scène. La scène est un endroit où le regard d’autrui ne me pèse pas, où je me sens à ma place ; j’espère que je pourrai continuer.

La situation de confinement, que nous vivons actuellement, modifie-t-elle ton rapport à la musique ?

Mon rapport à la création est modifié d’abord pour des raisons pratiques – je suis un peu le cliché de la parisienne, je suis en confinement dans une résidence secondaire, et en ce moment, je n’ai pas d’instrument de musique. Au début du confinement, j’étais ailleurs, et j’avais accès à un piano : le confinement avait décuplé le temps que je passais dessus. Mais de façon plus générale, il est bien plus facile pour moi d’écrire que de composer. J’ai du mal à trouver une mélodie qui me plaise vraiment ; je peux attendre trois mois pour mettre une chanson en musique, jusqu’à ce que je me sente satisfaite de ce que j’ai fait. C’est sans doute le chemin inverse de celui qu’empruntent beaucoup d’artistes. Sinon, je profite du confinement pour découvrir beaucoup de musiques. J’aime bien les « challenges musicaux » qui fleurissent sur instagram en ce moment !

En 2016, Bob Dylan a obtenu le Prix Nobel de littérature. Ce choix a à l’époque provoqué de nombreuses réactions de la part de certaines personnes, scandalisées par le fait qu’un prix littéraire revienne à un musicien. Qu’en penses tu ?

J’ai l’impression que généralement, dans la musique anglophone, les artistes se concentrent surtout sur la recherche rythmique, quitte à délaisser un peu les textes. Les textes de Bob Dylan sont pour moi empreints d’une vraie poésie, il a une approche littéraire de ses textes ;  pour moi, il a été récompensé en tant que poète.

Quelques sons à nous conseiller ?

La métaphore, par Dutronc, qui sonne comme de la poésie pour moi. J’aime aussi beaucoup le rock, grâce mon père, alors je dirais Kozmic Blues, de Janis Joplin, et In the flesh, de Pink Floyd. Je dirais aussi Ora Miden, une chanson grecque, chantée par Dimitris Zervoudakis.

 

Pour suivre Ysé, c’est par ici !

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