De la tendresse humaine

« Ils savaient maintenant que s’il est une chose qu’on puisse désirer toujours et obtenir quelquefois, c’est la tendresse humaine. » – Albert Camus, « La Peste » (1947) Depuis deux semaines déjà, le monde est devenu fou. Plutôt : le monde a oublié au pied du lit son masque de civisme, essentiel pourtant à dissimuler la fragilité de sa nature. Et l’on assiste médusés à un … Continuer de lire De la tendresse humaine

Indignez-vous

“Le monde d’aujourd’hui est un monde nu, affamé, dilapidé, comparé au monde qui existait avant 1914, et encore plus si on le compare à l’avenir qu’imaginaient les gens de cette époque.” (Georges Orwell) Depuis des années, le monde flambe. Aujourd’hui plus que demain. Grouillant sur la place publique, l’humanité porte sur cette tâche inquiétante, un regard opaque. Heureusement, l’Iphone permet de flouter les arrières plan. … Continuer de lire Indignez-vous

Sébastien Spitzer – “Un écrivain a au moins mille cordes à ses doigts”

« Freddy, son brave Freddy. Il a beau venir d’un autre ventre que le sien, Charlotte sent tout de lui. Elle devinait sa tristesse quand un homme débarquait. Sa fierté de rapporter des pilules parce qu’elle était en manque. Son dépit lorsqu’il rentrait bredouille et qu’elle manquait de lait. Elle aurait tant voulu lui offrir une jeunesse. De la gaieté. De quoi vivre plus léger. … Continuer de lire Sébastien Spitzer – “Un écrivain a au moins mille cordes à ses doigts”

Le Candy Circus ou les abominables marchands de rêve

On aura encore longtemps en tête le vent de liberté soufflé par le Candy Circus. Des couleurs oniriques projetées aux quatre coins de la scène, des corps virevoltants aux sons de musiques enfiévrées ; des discours, aussi, parfois drôles, parfois poétiques. Parfois terribles. On entendra encore longtemps flotter dans l’air quelques rires, joyeux ou cruel, percer l’obscurité. 1892.Dans une ville bien bien sage de l’Italie, un … Continuer de lire Le Candy Circus ou les abominables marchands de rêve

Catherine Hélène Sintès, une mère effacée

Cette nouvelle a gagné le deuxième prix de la nouvelle biographique Françoise Chandernagor en 2017 Les seules dates que l’on connaissait d’elle était hier. Hier ou aujourd’hui. Quelque chose de flou, d’incertain, de discret surtout, à l’image de son existence. Les dates de sa mort qui, au fond, n’était pas tellement sa mort à elle. Seulement celle d’un personnage à qui l’auteur avait emprunté son … Continuer de lire Catherine Hélène Sintès, une mère effacée

Jérôme Attal – « Tous les romans sont des lettres d’amour »

« On ne prémédite pas de tomber dingue d’une personne. On n’a pas envie de se rendre malade. Au début, une image, une parole prononcée, un regard, nous reviennent pas éclats. Et puis soudain, on s’aperçoit qu’on ne pense plus qu’à elle, qu’un sentiment qui nous dépasse a infusé de manière aussi sombre et inévitable que le fond d’une théière attaquée par le tanin et qui … Continuer de lire Jérôme Attal – « Tous les romans sont des lettres d’amour »

La Tempête

Sous le ciel gris de Paris, quartier de la Goutte d’Or, des enfants jouent à la guerre entre les voitures mal garées. L’un imagine une épée grandiose en brandissant une vieille brindille, un autre dresse deux doigts en fusil et le pointe vers le ciel. « Pan ! Pan ! » hurle-t-il en lorgnant du coin de l’œil le pistolet en plastique arboré par son camarade. A des kilomètres … Continuer de lire La Tempête